Politique

Primaire à gauche : "Benoît Hamon est le seul qui apporte des idées nouvelles" selon Michel Vergnier

Par Fabienne Joigneault, France Bleu Limousin mardi 24 janvier 2017 à 9:32

Michel Vergnier soutient Benoît Hamon mais se rangera derrière le vainqueur quel qu'il soit.
Michel Vergnier soutient Benoît Hamon mais se rangera derrière le vainqueur quel qu'il soit. © Maxppp - Thomas Padilla

Le député-maire de Guéret, Michel Vergnier, est le seul parlementaire limousin à soutenir Benoît Hamon. Parce qu'il amène des idées novatrices, mais pas si irréalisables que ça, estime-t-il. Il était l'invité de France Bleu Limousin ce mardi.

Michel Vergnier se distingue dans le paysage politique local : il est le seul parlementaire à soutenir la candidature de Benoît Hamon, depuis le début de la primaire de la gauche. Le député-maire de Guéret était en direct sur France Bleu Limousin à 8h20 ce mardi, pour répondre aux questions d'Henrique Vieira-Campos.

D'abord, un point sur le cafouillage autour des chiffres : est-ce que ça peut fragiliser celui qui sortira vainqueur ?

Non, je ne crois pas, même si je regrette ce genre de chose, parce qu'il suffit de dire le plus rapidement possible quels sont les bons chiffres. Sinon, ça donne l'impression de vouloir tricher, ce que je ne crois pas, ou d'être trop approximatif sur l'organisation, ce que je crois plus.

Quoi qu'il en soit, personne ne les a contestés. Benoît Hamon est arrivé en tête. Qu'est-ce qui a plu ?

C'est le seul qui a apporté des idées nouvelles, et qui les a défendues jusqu'au bout. Ses opposants jugent irréaliste le revenu universel, mais si on avait pratiqué comme ça par le passé, on n'aurait pas eu de grandes réformes comme celle de la sécurité sociale ou de la CMU ! Chaque fois qu'on amène une idée dont le financement est un peu difficile, elle est forcément jugée mauvaise !

Justement, ça se finance comment ?

Alors d'abord quand on a démarré sur cette idée, qui se pratique ailleurs (Canada, Finlande), et même la région Nouvelle Aquitaine se prépare à faire une expérimentation, on est partis tout de suite sur la généralisation, ce qui était très compliqué, parce que ça donnait des chiffres de 300 milliards, 400 milliards... Et puis la décision qui a été prise par l'équipe de Benoît Hamon, c'est de réserver la mesure aux 15-25 ans pendant les 5 premières années. Là, ça coûte 50 milliards, c'est environ ce qui a été donné pour le CICE, qu'il faudra revoir parce qu'il n'a pas donné ce qu'on attendait. Donc le problème du financement ne se posera pas et ça sera une expérience dont on verra ce qu'elle apporte. Parce qu'il ne s'agit pas de pratiquer la politique du non-travail, c'est exactement le contraire

Manuel Valls parle de "défaite assurée" si Hamon est investi, alors que lui serait le candidat de la gauche "crédible"...

J'ai trouvé que c'était très élégant de la part de l'ancien premier ministre, très élégant aussi pour les 450.000 électeurs de Benoît Hamon, leur dire que c'étaient des imbéciles. Moi j'ai du respect pour Manuel Valls et d'ailleurs il m'a souvent appelé pour me consulter, savoir quelle était ma position sur certains sujets, ce que je voterais ou pas. Mais je trouve que dimanche soir, ça manquait un petit peu des sang-froid et s'il était le sauveur de la France, pourquoi ne l'a-t-il pas fait précédemment ?

Vont-ils pouvoir se réconcilier dimanche soir ?

Mais oui. Et d'ailleurs c'était une des conditions que j'avais mises pour venir dans l'équipe de campagne de Benoît Hamon : soutenir celui qui gagnerait. Avec des discussions sur le projet.

Comment celui qui l'emportera peut espérer exister face à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ?

Avant on désignait les candidats par un vote des militants qui était beaucoup plus faible. Là, il y aura plus d'un million, et peut-être plus au deuxième tour. C'est déjà bien plus. Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon n'ont pas voulu venir. Eux, leur légitimité, ils la tiennent de quelques sondages et de meetings avec quelques milliers de personnes. Et pas grand-chose d'autre. Quand il y a une dynamique qui est lancé, nous on fera tout pour qu'elle tienne.

Réécoutez et podcastez l'invité de 8h20 sur le site et l'application mobile France Bleu.