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La Champagne-Ardenne et la Picardie vont fusionner

Par Eric Turpin et Antoine Barège, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu Picardie mardi 3 juin 2014 à 9:45

Clone of Fusion entre la Champagne-Ardenne et la Picardie - infographie idé
Clone of Fusion entre la Champagne-Ardenne et la Picardie - infographie idé © IDÉ

On s'attendait à une fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie d’un côté, et de la Champagne-Ardenne avec l’Alsace et la Lorraine. Finalement, c'est un mariage entre la Champagne-Ardenne et la Picardie, de l'autre. Le Président de la République, François Hollande, a tranché lundi soir. Le nombre de région passera de 22 à 14.

La Champagne-Ardenne et la Picardie vont fusionner. François Hollande, le président de la République a dévoilé hier soir la liste des futures régions. Leur nombre va passer de 22 à 14. Pas de mariage entre la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais finalement. Pas de mariage non plus entre la Champagne-Ardenne avec l’Alsace et la Lorraine.

Jusqu'à la dernière minute, et les ultimes arbitrages en début de soirée à l'Elysée, l'hypothèse la plus répandue donnait une fusion entre Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace. Alors pourquoi finalement avoir opté pour un rapprochement avec la Picardie ?

François Hollande indique vouloir des régions "capables de bâtir des stratégies territoriales", et surtout qui prennent "prend en compte les volontés de coopération" déjà engagées. Or les élus de Champagne-Ardenne, comme Jean Paul Bachy, le président de la Région, ou René-Paul Savary, le président du Conseil général de la Marne, l'ont plusieurs fois répété : la Lorraine d'accord mais pas l'Alsace, jugée trop éloignée et aux problématiques trop différentes.

En Alsace également d'ailleurs, les réserves étaient nombreuses. Alors qu'il existe déjà des connexions avec la Picardie: des villes comme Laon, Château-Thierry, Soissons sont naturellement tournés vers Reims. Le pôle de compétitivité agro-ressource également est commun aux 2 régions Le vignoble champenois s'étend jusqu'à l'Aisne. Autant d'éléments qui ont sans doute pesé au moment de trancher.

Une énorme surprise

En Picardie, pour beaucoup, la fusion avec le Nord-Pas-de-Calais était quasiment actée. Certains voulaient croire à un rapprochement entre la Picardie et la Normandie. Personne n'imaginait ce mariage avec la Champagne-Ardenne.

Le président socialiste de la Région, Claude Gewerc, expliquait lundi soir : "on ne m'a consulté, mais pas sur cette hypothèse" . Mis à part la production de Champagne dans l'Aisne et un peu de coopération, il n'y a pas beaucoup de point commun entre la Picardie et la Champagne-Ardenne. Difficile en effet de rassembler dans une même région Abbeville et Sedan, Beauvais et Chaumont.

Claude Gewerc, le président socialiste de la Région Picardie sur LCI

Mais pour la majorité socialiste au Conseil Régional, "la Picardie n'est pas démantelée et c'est le principal" , la Somme, l'Oise et l'Aisne restent ensemble. Et puis la Picardie avec ses 2 millions d'habitants pèse plus lourd que le voisin Champardennais et ses 1,3 millions de citoyens.

Une super-région qui récupérera petit à petit les compétentes des départements qui seront supprimés en 2020 : formation, emploi, transport, routes, lycées et collèges. Et tout ça, a précisé François Hollande, avec moins d'élus et probablement aussi moins de fonctionnaires.

En Champagne-Ardenne, Jean Paul Bachy, le président divers gauche de la Région, salue la cohérence de la fusion avec la Picardie. Il souligne qu'il existe déjà une coopération entre les deux régions. 

Jean Paul Bachy, le présdient de la Région Champagne-Ardenne avec David Aussillou

A quoi va ressembler la nouvelle région ?

La grande région Champagne-Ardenne Picardie couvre sept départements. Sa surface : un peu moins de 40 000 km2. Elle compte 3,3 millions d’habitants. Il y a 455 km de distance entre Abbeville, aux portes de la baie de Sommes, et Langres en Haute Marne. Une grande région, qui borde tout le nord et l'est de la région parisienne, et qui compte deux grandes villes de taille quasi équivalente avec Reims et Amiens.

Où sera d'ailleurs la capitale de cette nouvelle entité ? Châlons-en-Champagne ne se laissera sans doute pas dépouiller sans broncher de son statut actuel , mais pourrait pâtir de sa position excentrée sur ce vaste territoire.

L'Elysée veut des assemblées de taille raisonnables, avec moins d'élus. Et compte donner à ses grandes régions des responsabilités étendues : soutien aux entreprises, politiques de formation et d'emploi, transports régionaux, avec les bus les routes, les aéroports et les ports. C’est en effet l'une des originalités de cette réforme pour les habitants de Champagne-Ardenne: ils seront intégré à une région côtière grâce au littoral picard.

Les départements supprimés en 2020

La suppression des départements est loin de faire l'unanimité chez les élus. Le département de la Somme est contre. Il a adressée lundi une motion à François Hollande. La majorité de gauche, considère qu'il n'y a pas suffisamment d'informations, qu'il faut un débat.

Christian Manable, le président du Conseil général de la Somme s'interroge : comment seront financées les aides sociales, le RSA. Qui entretiendra les routes départementales (4 600km). Qui gérera les pompiers, les transports scolaires ? Et enfin, quel sort pour la capitale régionale Amiens, et l'identité Picarde ?

La droite n'est pas loin de penser la même chose. Elle réclame une clarification du Président de la république. François Hollande était contre la suppression des départements en 2012, puis en 2013 dans des discours. Il a changé d'avis. Pour certains élus de droite, la suppression du département a des airs de plan social pour se débarrasser de fonctionnaires. Ils rappellent que les conseillers généraux sont souvent cités parmi les élus préférés des Français; car choisis directement par les citoyens, et identifiés à un territoire.

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