Politique

La collectivité unique de Corse butte sur le Sénat

Par Hélène Battini, Patrick Vinciguerra et Marion Galland, France Bleu RCFM vendredi 27 janvier 2017 à 9:16

Palais du Luxembourg
Palais du Luxembourg © Maxppp - maxppp

La chambre haute du parlement a rejeté ce jeudi le projet de loi ratifiant les ordonnances relatives à la création de la nouvelle collectivité unique de Corse au 1er janvier 2018.

143 voix pour, 161 contre, les sénateurs disent non à la collectivité unique. Ils ont rejeté jeudi soir les trois ordonnances visant à sa création au premier janvier 2018. Le groupe Les Républicains, comme annoncé, a voté contre, ainsi que les communistes et plusieurs non-inscrits. Les socialistes, les radicaux et les écologistes se sont eux prononcés en faveur de ce texte. Mais ça n'a donc pas été suffisant. "C'est un mauvais coup porté à la Corse", a déclaré Jean-Michel Baylet à l'issue du scrutin. Le Ministre de l'aménagement du territoire et des collectivités territoriales qui a également fustigé l'attitude des sénateurs Les Républicains :

« Nous venons d’assister à un mauvais moment de la vie parlementaire. Le représentant du groupe centriste venait dire à cette tribune nous sommes favorables, il n’en est rien…J’ai vu les Républicains, et vous Monsieur le sénateur Panunzi en particulier, comme numéro de faux-cul parlementaire, il est difficile de faire mieux ! Tout cela sous l’œil de Camille de Rocca Serra…Les Corses vous tiendrons rigueur de ce qu’il s’est passé et ils auront raison ! »

A la tribune, Jean-Jacques Panunzi, le sénateur LR de Corse du Sud, avait auparavant très vivement critiqué ces ordonnances, parlant d'une réforme « au rabais, à marche forcée ». Il a défendu une nouvelle fois la nécessité d'une loi spécifique.

L'autre sénateur de Corse, Joseph Castelli, a en revanche, au nom des radicaux de gauche, défendu ces ordonnances, tout comme les socialistes et les écologistes.

« Monsieur le ministre, avec ce projet de loi, d’une part vous permettez à la Corse de sortir de 40 ans d’incertitude…et d’autre part vous assurez la construction d’une véritable unité politique administrative et gestionnaire ».

Les réactions en Corse n'ont pas tardé

Jean-Guy Talamoni dénonce « des manœuvres souterraines consternantes de certains élus corses qui tiennent un double discours ».

Gilles Simeoni a déclaré que « ceux qui sont à l'origine de ce vote négatif auront à l'assumer devant les Corses ».

Réactions et interrogations, mais pas que du côté nationaliste. Pierre Chaubon. « Si certaines manœuvres sont contraires à ce qui a été dit ici c’est encore plus regrettable. On ne peut pas avoir un double langage, un ici et un ailleurs…Je pense qu’on ira au bout de cette affaire, la seule chose qui m’inquiète un peu c’est le timing ».

Satisfaction de la droite insulaire

Le groupe de droite à l'assemblée de Corse s'est dit satisfait. Les élus ont réaffirmé leur volonté de passer par une proposition de loi pour réaliser la collectivité unique. L'ensemble des parlementaires de droite de l'île se sont d'ailleurs réunis début janvier pour préparer un texte qui pourrait être, selon eux, l'ébauche du texte de loi pour une collectivité. Stéphanie Grimaldi :

« Nous sommes en train de travailler sur le fameux projet de loi spécifique à la Corse, et que nous souhaitons donner le plus tôt possible à notre candidat François Fillon... Faire en sorte que ce projet de loi puisse être étudié le plus tôt possible et qu’un report de l’élection territoriale ait lieu dans les six mois. La seule urgence c’est de ne pas décevoir les Corses ».

Reste à présent à l'assemblée nationale à se prononcer. Ce sera le 9 février, et c'est elle qui aura le dernier mot.