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Politique

La communauté urbaine de Lille a 50 ans : à quoi sert la MEL aujourd'hui ?

vendredi 26 janvier 2018 à 7:37 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

En ce mois de janvier 2018, c'est le cinquantième anniversaire de la création de la communauté urbaine de Lille, devenue ensuite Lille Métropole Communauté urbaine, et enfin MEL. Quelle est son histoire ? A quoi sert-elle ? Quelles sont ses limites ?

Le siège de la MEL, à Lille
Le siège de la MEL, à Lille © Maxppp - Sébastien Jarry

Lille, France

Il y a 50 ans, en janvier 1968 naissait la communauté urbaine de Lille. Aujourd'hui, elle est devenue la MEL, Métropole européenne de Lille, mais que sait-on vraiment de cette institution qui est partout dans notre quotidien ?

Rappel historique

Au départ, quatre communautés de communes, en fait un regroupement de villes pour partager des compétences, sont désignées par l'Etat, sans concertation, en 1966. La communauté urbaine de Lille, qui regroupe dès le départ près de 90 communes, naît officiellement le 1er janvier 1968. Présidée par le maire de Lille, Augustin Laurent, le fondateur, à qui succède rapidement celui qu'on surnomma le bâtisseur, Arthur Notebart. Le maire de Lomme règne 18 ans sur la communauté urbaine, c'est le père du métro, le premier métro automatique du monde en 1983.

Pierre Mauroy, ancien premier ministre et maire de Lille, prend sa place en 1989, 19 ans de mandat, c'est la naissance d'Euralille, l'arrivée du TGV. Il laissera ensuite son fauteuil à Martine Aubry. Aujourd'hui, l'institution s'appelle la MEL, Métropole européenne de Lille, et depuis 2014, pour la première fois, elle est présidée par un maire sans étiquette d'une petite commune de moins de 1000 habitants, Damien Castelain.

Des compétences de plus en plus importantes

Avec un budget de 1,6 milliard d'euros, pour 1,2 million d'habitants, les compétences de la MEL sont partout, et de plus en plus larges : urbanisme, transports, voirie, assainissement, développement économique et même culture. Un métropolitain utiliserait 20 fois par jour les compétences de la MEL, sans toujours bien les distinguer de celles des communes.

De nouvelles villes veulent entrer dans la MEL

Des communes à la périphérie frappent à la porte. Comme Annœullin, 10 500 habitants, à 500 mètres de la "frontière", qui aimerait quitter sa communauté de communes pour rejoindre la MEL à l'horizon 2020. Le maire Philippe Parsy y voit de meilleurs investissements possibles pour sa ville, et des avantages financiers pour les habitants : "en taxe d'habitation, en taxe foncière, sur le mètre cube de l'eau, sur la collecte des ordures ménagères, vous arrivez à une économie, pour un foyer moyen, de 400 euros par an". Face à la crainte "d'être noyé dans la masse" à la MEL, le maire d'Annœullin est allé interroger d'autres élus, et notamment "le maire de Bois-Grenier, qui a intégré tout récemment la MEL. Il m'a dit qu'il y avait une proximité exceptionnelle".

La MEL n'est pas assez politisée - Fabien Desage, Maître de conférence en sciences politiques

Son attractivité, la MEL la met en avant, notamment dans le domaine économique, pour faire venir des entreprises, et de l'emploi. Mais pour Fabien Desage, Maître de conférence en sciences politiques à l'université de Lille 2, co-auteur du livre Sociologie de Lille, ce développement ne réduit pas les inégalités sociales entre les plus pauvres et les plus riches : "la MEL est l'agglomération la plus inégalitaire de France, ce sont les chiffres qui le disent. Elle ne s'est pas assez politisée, elle a été gérée comme une instance de compromis. Et ce choix de réduire les inégalités, de redistribuer sur son territoire, on pourrait dire qu'elle n'a pas la capacité politique de le faire". Parmi les pistes avancées par ce chercheur, une élection au suffrage universel direct.

DOSSIER : les 50 ans de la MEL

à réécouter : Damien Castelain annonce la mise en place du péage positif avant la fin de l'année 2018 Damien Castelain, le président de la MEL