Politique

La conseillère régionale FN Sophie Montel mise sur la touche par Marine Le Pen en Bourgogne-Franche-Comté

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon, France Bleu Bourgogne et France Bleu vendredi 30 juin 2017 à 14:39

Sophie Montel, élue FN au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté.
Sophie Montel, élue FN au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté. © Maxppp - JC TARDIVON

Sophie Montel n'est plus présidente du groupe Front National au conseil régional Bourgogne-Franche-Comté. Évincée par Marine Le Pen, elle évoque ce vendredi une décision "qui manque de finesse".

Alors que deux de ses proches, conseillers régionaux FN, ont été suspendus du parti, et que Sophie Montel se voit retirer la présidence du groupe officiellement parce qu'elle a continué à leur accorder sa confiance, l'eurodéputée estime que tout démontre que sa propre suspension du parti ne va pas tarder. C'est ce qu'elle a confié à nos confrère de l'AFP.

"J'ai toujours ma carte au FN. Marine Le Pen décidera de mon sort, je la reconnais comme présidente du FN, si elle estime que je n'y ai plus ma place, elle prendra la décision et en assumera la responsabilité", a poursuivi celle qui est la principale lieutenante de Florian Philippot dans le parti. Elle s'estime victime d'un règlement de comptes : "En m'attirant l'hostilité d'un certain nombre de personnes en interne et qui sont devenus totalement hystériques, je me doutais que la mayonnaise allait monter. C'est un acte politique, il y a la volonté de me nuire personnellement mais moi ça ne m'atteint pas."

Sophie Montel : "Je trouve ça démesuré, mais ça ne m'atteint pas"

"Sur le plan politique, ce n'est pas faire preuve d'une grande finesse que de s'en prendre à quelqu'un qui a fait preuve de sa loyauté depuis 30 ans, qui a déposé 19 signalements". En effet, c'est Sophie Montel qui a déclenché une enquête judiciaire sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés de divers partis français hors Front National.

3Ce n'est pas une humiliation personnelle. S'ils pensent que ça m'affecte, que je vais remuer ciel et terre ou faire quoi que ce soit... Je sais raison garder, j'ai des convictions" - Sophie Montel

Mais "on dit qu'on peut s'exprimer sur tous les sujets. J'ai un petit doute. Il y a tellement d'injustice, de langue de bois... On parle de refondation, j'ai donc lancé en bureau politique l'idée qu'il y avait des sujets sur lesquels on utilise des termes qui font peur", une référence à ses déclarations selon lesquelles le FN parle d'immigration de manière "anxiogène" pour les électeurs. Des propos qui lui ont valu des critiques au sein même du Front National.

Quel avenir pour Sophie Montel au sein du nouveau groupe FN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté ?

Vendredi, le secrétaire général du parti Nicolas Bay a transmis un courriel aux conseillers régionaux FN de Bourgogne-Franche-Comté, pour leur annoncer qu'"un groupe Front national" nouveau allait "être constitué". Et justement quelle sera la place de Sophie Montel dans ce nouveau groupe ? Sa réponse est sans équivoque : "Je pense que les directives de Monsieur Bay sont claires : on ne me demandera pas de siéger dans le nouveau groupe, et puis en l'occurrence une présidente de groupe ne peut pas se retrouver sur un strapontin.

Mais pour le reste, je suis toujours au Front National, je suis députée européen et je suis conseillère régionale, je ne serai affiliée à aucun groupe mais ça ne m'empêchera pas de défendre mes convictions et de m'exprimer au nom de mon mouvement." Sophie Montel est conseillère régionale depuis 1998.