Politique

La démission d'Emmanuel Macron passe mal au sein du gouvernement

Par Géraldine Houdayer, France Bleu mercredi 31 août 2016 à 11:51

Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir avec Michel Sapin, ce mercredi à Bercy.
Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir avec Michel Sapin, ce mercredi à Bercy. © Maxppp - ETIENNE LAURENT

"Je me devais de prendre la mer", a déclaré Emmanuel Macron ce mercredi, lors de sa passation de pouvoir avec Michel Sapin. Parmi les membres du gouvernement, les réactions sont plutôt amères.

Emmanuel Macron vient de faire ses adieux à Bercy. "Je me devais de prendre la mer", a-t-il déclaré ce mercredi, lors de la passation de pouvoir avec Michel Sapin, le ministre des Finances qui élargit son portefeuille à l'Economie. Michel Sapin lui a souhaité "bonne chance" pour la suite. Emmanuel Macron a annoncé sa démission mardi soir, en expliquant vouloir "entamer une nouvelle étape de son combat politique", mais sans se déclarer officiellement candidat à l'élection présidentielle de 2017.

"Je crois que la loyauté est une valeur extrêmement moderne" Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement

A gauche et à droite, les réactions sont plutôt sévères. Mais les critiques les plus acerbes viennent peut-être des membres du gouvernement, qui fustigent son manque de solidarité. Emmanuel Macron a quitté le gouvernement "pour convenances personnelles" car "il veut être candidat" à la présidentielle en 2017, a dénoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll., sur Europe 1. Et d'ironiser : "Je crois que la loyauté est une valeur extrêmement moderne". Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti Socialiste, est sur la même ligne.

"Je trouve que c'est gonflé!" Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation

Najat Vallaud-Belkacem estime, elle, qu'Emmanuel Macron est "gonflé" de démissionner. Sur RTL, la ministre de l'Education s'est dite "très dubitative" sur ce départ du gouvernement "dans un moment qui est si difficile pour les Français". "Le meilleur service à rendre à la politique, y compris pour la redorer aux yeux des Français, c'est d'en revenir à des valeurs simples, comme la loyauté, la fidélité, l'humilité et le sens du collectif".

Déjà trublion quand il était ministre

Emmanuel Macron heurtait déjà la gauche avec ses positions provocatrices lorsqu'il était ministre. Le ministre, qui n'est pas membre du PS, distillait les petites phrases sur les 35 heures, le statut des fonctionnaires, le principe d'un mandat électif en politique, sans jamais se priver de critiquer certains choix de l'exécutif. Ce qui lui a valu d'être régulièrement rappelé à l'ordre. Il avait ainsi dû s'excuser pour avoir déclaré que "beaucoup" d'ouvrières réduites au chômage par la fermeture des abattoirs bretons Gad étaient "illettrées". Le tournant a lieu en avril quand il a lancé son propre mouvement politique, "En Marche!" , qui préfigure ses ambitions.

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