Politique

La ferme aux 1200 taurillons de Coussay-les-bois, enjeu de campagne pour les régionales

Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou jeudi 15 octobre 2015 à 16:02

Le site de la future ferme aux 1200 taurillons
Le site de la future ferme aux 1200 taurillons © Radio France - isabelle rivière

A Coussay-les-Bois, le projet de ferme aux 1200 taurillons continue de susciter une levée de boucliers parmi les riverains et les élus locaux. En pleine période de campagne électorale, les opposants en profitent d'ailleurs pour interpeller les candidats en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

 L'agriculture et l'environnement : deux enjeux de campagne pour les candidats aux prochaines régionales en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC). Et dans la Vienne, s'il y a un projet qui cristallise toutes les crispations autour de ces 2 thématiques, c'est bien le projet de ferme aux 1 200 taurillons censé voir le jour à Coussay-les-bois.  "Censé" car le projet soulève une véritable levée de boucliers dans le secteur. Le maire lui-même a déposé 2 recours contre ce projet de "ferme usine". 

Un atelier d'engraissement de 1200 taurillons

Une ferme immense  avec trois hangars installés sur 15.000 mètres-carrés, pour élever entre 1000 et 1.200 bovins, selon les estimations. Elle sortirait de terre sur le site de l'ancienne décharge de compostage, qui a fermé il y a une douzaine d'années, à la limite entre St Sauveur et Coussay-les-Bois. 

Ce terrain appartient à un homme d'affaires de Châtellerault (Il est présenté comme tel par les opposants, NDLR) : Installé comme éleveur à deux pas du site, il dirige par ailleurs une entreprise de fabrication d'aliments pour animaux. Et il est mandataire de deux autres sociétés.

Pour le moment, son projet de ferme usine à Coussay-les-Bois en est toujours à ses débuts, au montage administratif. Un premier permis de construire est accordé pour installer des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments. Un deuxième permis est déposé pour la construction d'une unité de méthanisation regroupant plusieurs bâtiments. 

Le site comprendra donc : 

  • Un atelier d'engraissement, 
  • Une unité de méthanisation
  • un site de compost

Risque ou pas risque pour l'environnement ?

Le propriétaire Pierre Liot, lui, se dit surpris par cette polémique. Il explique qu'avant de se lancer dans les démarches, il est allé voir le maire qui a trouvé le projet "intéressant".  Il n'a donc pas compris un mois plus tard quand le permis de construire a été refusé par la mairie. Pour le promoteur, son projet est clair  et sans risques:

"3 grands bâtiments de 10 mille mètres-carré de couverts avec atelier d'engraissement de taurillons, sans risque de nuisances puisque les premières maisons se trouvent à 7-800 mètres. Que l'engraissement se fait sur aire paillée. Il n'y a donc aucun jus", d'après Pierre Liot, le promoteur du projet.

Ce n'est pas l'avis des opposants qui craignent des nuisances de toutes sortes, en particulier pour l'environnement : des odeurs, des allers et venues de camions, et surtout, un risque pour la qualité de l'eau

" On est dans une zone humide, avec tout ce que ça implique pour la faune locale", précise Gilles Sauvion. 

L'adjoint au maire de Coussay-les-Bois dénonce aussi le fait qu'il n'y ait pas eu d'étude d'impact avant que la préfecture ne délivre les autorisations. 

ASPECT, un collectif d'opposants à cette "ferme géante"

Quant à l'association ASPECT de Coussay-les-Bois, rejointe depuis par d'autres associations avec lesquelles elle a formé un collectif, elle maintient la pression à coups de réunions d'information et d'articles sur internet. Ce collectif regroupe tous les opposants quels qu'ils soient : riverains, citoyens, écolos, et autres élus locaux. 

  • Et en pleine période pré-électorale, les opposants n'hésitent pas à recevoir les candidats aux prochaines régionales qui en font la demande, comme ce mercredi 14 octobre 2015 avec Olivier Dartigolles, la tête de liste du Front de gauche en ALPC. C'est Vincent BUTRUILLE, le président du collectif ASPECT qui lui fait le topo, plans à la main.

"Vous voyez ici, nous sommes dans une zone naturelle protégée. Sous nos pieds, à 5 mètres, il y a la nappe phréatique" , explique Vincent Butruille, président du collectif.

Les politiques se saisissent eux aussi de la polémique

Pour Olivier Dartigolles, la tête de liste du Front de gauche en ALPC, il existe un moyen simple en tant que politique pour freiner ce type de projets: Supprimer les subventions ! 

L'entreprise chargée de construire les hangars de la future ferme usine aurait en effet reçu des subventions régionales pour y installer des panneaux photovoltaïques.

"Il suffit de refuser d'accorder de l'argent public à ce type de projets", tranche Olivier Dartigolles, le candidat du Front de Gauche. 

Outre Olivier Dartigolles, la députée Verte du Nord Vienne, Véronique Massonneau, elle aussi, s'oppose au projet. Avec plusieurs interventions à l'Assemblée Nationale contre le projet de ferme aux 1200 taurillons de Coussay-les-Bois dans la Vienne.