Politique

Travaux de l'A480 et du Rondeau : la fin des bouchons à Grenoble pour 2022 ?

Par Gérard Fourgeaud, France Bleu Isère jeudi 15 septembre 2016 à 22:54

L'autoroute A480, le long du Drac. Image d'illustration.
L'autoroute A480, le long du Drac. Image d'illustration. - Wikipedia Commons

On peut rêver, rêver qu'il n'y aura plus de bouchons à Grenoble en 2022. Ce rêve prend forme à travers un protocole d'intention présenté ce jeudi soir à la préfecture de l'Isère, en présence des quatre protagonistes. Il prévoit notamment l'élargissement de l'A480.

Le protocole d'intention, présenté jeudi 15 septembre, à Grenoble, prévoit un élargissement de l'autoroute l'A480 autour de Grenoble. L'idée n'est peut-être pas de supprimer les embouteillages qui ralentissent chaque jour le trafic sur les routes grenobloises, mais au moins de fluidifier la circulation.

D'ici à 2022, l'A480 passera à deux fois à trois voies sur 7 km, du rond-point du Rondeau à l'échangeur de Saint-Égrève. Cet élargissement sera fait sans  augmenter l'emprise de l'autoroute urbaine, une des conditions pour que la mairie écologiste donne son aval pour ces travaux. Par ailleurs, une partie de l'autoroute, située entre Grenoble et Seyssins, sera couverte. La vitesse sera réduite à 70 km/h, sur la section urbaine de l'A480 afin de réduire, le bruit et la pollution atmosphérique.

Des voies séparées seront également créées pour séparer le trafic en direction de Chambéry de celui en direction du Sud-Grenoblois et fluidifier l'échangeur du Rondeau dans les deux sens. Ce protocole prévoit donc également la réfection de l'échangeur du Rondeau. Enfin, la bretelle vers Chambéry sera doublée.

Ce que ce protocole prévoit - Visactu
Ce que ce protocole prévoit © Visactu -

La vitesse réduite à 70 km/h

380 millions d'euros seront mis sur la table, dont 300 financés par le concessionnaire autoroutier AREA, 34,5 millions d'euros par le CPER (Contrat de Plan Etat-Région) et 10 millions par le Conseil départemental. Reste 35 millions à trouver.
Si ce financement a été trouvé aujourd'hui, c'est grâce à l'intervention de l'état :  il a fallu un décret de 2015 du Premier ministre pour enfin obtenir l'investissement d'AREA. Le concessionnaire s'y retrouve avec un durée de concession rallongée de presque 4 ans (jusqu'en 2036,) sur les 15 km entre l'A48 et l'A51, et une "légère" augmentation des péages "longue distance".

→ L'interview de Jean-Pierre Gilet (vice-président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble), invité vendredi matin de France Bleu Isère, à retrouver ici en intégralité.

Les écologistes avaient toujours refusé l'élargissement de l'A480

Évidemment le 30 septembre, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, n'aura aucun mal à trouver une majorité au conseil de métropole. Mais son mérite sera de rallier les écologistes au projet. Un exploit politique que ni Michel Destot avec le Stade des Alpes, ni André Vallini avec le tunnel sous la Bastille n'avait réussi.

Le maire écolo de Grenoble Éric Piolle, a même salué cette signature comme "une victoire d'étape" dans un communiqué publié la veille de la signature. Pour lui, le protocole met fin à l'idée que le territoire de Grenoble serait un "circuit automobile". Ne pas élargir l'A480, malgré le passage à trois voies, l'abaissement de la vitesse à 70 km/h sur la section urbaine, et des aménagements contre le bruit et la pollution ont fini par emporter l'adhésion d'Éric Piolle, plutôt réticent à l'origine. La mairie réclame également le lancement d'études en faveur du co-voiturage. Enfin, dans son communiqué, Éric Piolle annonce que la ville retirera le recours contre le décret Valls.

Début des travaux d'ici trois ans

Ce protocole sera adopté ce vendredi matin par la commission permanente du Conseil Départemental, Jean-Pierre Barbier son président n'en fait pas mystère. L'enquête publique commencera dans un an. La déclaration d'utilité publique dans deux ans. Les travaux pourraient débuter dans trois ans, en 2019 pour s'achever trois ans plus tard. Mais rien n'a été fait contre les bouchons depuis plusieurs décennies.

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