Politique

La France soupçonnée de cyberespionnage sur plusieurs pays, dont l'Iran

France Bleu vendredi 21 mars 2014 à 16:32

Un logiciel espion aurait permis à la France d'espionner plusieurs pays, dont l'Iran
Un logiciel espion aurait permis à la France d'espionner plusieurs pays, dont l'Iran © MaxPPP

Selon les services secrets canadiens, la France a mené des opérations d'espionnage grâce à des logiciels espions envers plusieurs pays, dont l'Iran, l'Espagne ou l'Algérie, rapporte "Le Monde". Des sources françaises auraient également été espionnées, ce qui est normalement interdit pour les services secrets français.

La France mènerait de vastes opérations de cyberespionnage, et ce depuis 2009, si l'on en croit les informations du Monde . Le quotidien se base sur une note des services secrets canadiens, extraite des archives de l'Agence nationale de sécurité américaine , la fameuse NSA. Des archives dévoilées en juin dernier par Edward Snowden.

L'Iran visé, mais pas seulement

Les services secrets canadiens ont confirmé l'authenticité de cette note, datée de 2011. Elle soupçonne la France d'avoir implanté un logiciel espion dans les systèmes informatiques d'institutions situées dans plusieurs pays. En première ligne : l'Iran. Une demi-douzaine d'organismes liés au programme d'enrichissement nucléaire seraient concernés, mais pas seulement : l'université de Téhéran, par exemple, est aussi visée, selon ce document.

Ce logiciel espion, surnommé "Babar", aurait la particularité d'avoir été sophistiqué au fur et à mesure. La France, qui auparavant se procurait des informations sur l'Iran via d'autres services de renseignement (israéliens ou américains notamment) semble donc désormais être en position de collecter ses propres informations et "d'échanger avec nos amis américains, britanniques, allemands ou israéliens ", confie une source experte au Monde

Des soupçons d'espionnage à l'intérieur du territoire français

Mais l'espionnage français serait plus large que cela : l'implant espion a été localisé en Espagne, en Grèce, en Norvège, ainsi qu'en Côte d'Ivoire et en Algérie. Un média canadien aurait également été espionné... ainsi que des intérêts en France . Or, cela n'est pas autorisé, officiellement, pour le seul service capable de mener une opération de telle ampleur, à savoir la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE). Comme son nom l'indique, elle ne peut procéder à de l'espionnage qu'à l'étranger.

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