Politique

La hausse de l'abstention est-elle inévitable?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace lundi 24 mars 2014 à 11:33

Municipales 2014 : taux d'abstention record pour le premier tour
Municipales 2014 : taux d'abstention record pour le premier tour © IDÉ

La France a connu un taux d'abstention record pour un premier tour d'élections municipales dimanche. Plus de 38% des électeurs sont restés chez eux en France, près de 40% en Alsace.

Retrouvez l'interview en intégralité de Bernard Schwengler de l'Ovipal

Retrouvez l'interview en intégralité de Sylvain Girolt, le président d'AGATE

50% d'abstention à Strasbourg, 53% à Mulhouse: l'abstention est en hausse en Alsace comme partout en France. Mulhouse fait même partie des 10 villes de France dans lesquelles on a le moins voté.

L'abstention reflète les désillusions des électeurs

Dans certains bureaux de vote de quelques quartiers strasbourgeois, l'abstention frôle les 70%. "La crise a touché de plein fouet les quartiers" , explique le président d'AGATE, Sylvain Girolt. AGATE est une fédération d'associations du Neuhoff à Strasbourg. "Les habitants sont déçus par la politique nationale et ont d'autres priorités".

Au niveau national, l'abstention atteint les 38% selon des chiffres non définitifs. En Alsace, la tendance est encore plus marquée qu'au niveau national. Seuls 60,5% des électeurs se sont déplacés. En 2008, l'abstention était de 33,5% au premier tour en France, 45% d'abstention à Strasbourg, 42% à Colmar et près de 50% à Mulhouse.

"Cette hausse de l'abstention reflète un rejet du personnel politique, amplifié par les dernières affaires" , a estimé Frédéric Dabi (Ifop). "Mais elle illustre également la désillusion des électeurs à l'égard de la capacité des politiques de pouvoir changer les choses".

Une hausse structurelle de l'abstention

Même analyse pour Ipsos/Steria. Selon une enquête réalisée juste avant lescrutin, les personnes qui n'étaient pas certaines de voter -les jeunes étant les plus nombreux- donnaient deux raisons principales: parce "que ces élections ne changent rien à leur vie quotidienne" (44%) et "pour manifester leur mécontentement à l'égard des hommes politiques en général" (39%).

La tendance sera très difficile à inverser. "Depuis 1983, les chiffres de l'abstention montent à toutes les élections, sauf en 2007" , souligne Bernard Schwengler, de l'observatoire de la vie politique en Alsace. "La hausse de l'abstention est structurelle. Il peut y avoir un sursaut entre les deux tours dans certaines villes, mais en général, la participation au second tour n'est pas plus forte qu'au premier."

 

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