Politique

PHOTOS - La mairie de Grenoble transformée en Fort Knox pour le conseil municipal

Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère et France Bleu lundi 18 juillet 2016 à 21:54 Mis à jour le lundi 18 juillet 2016 à 23:38

Une cinquantaine de manifestants ont tenté de pénétrer dans la mairie pour perturber le conseil municipal
Une cinquantaine de manifestants ont tenté de pénétrer dans la mairie pour perturber le conseil municipal © Radio France - Véronique Pueyo

Le conseil municipal de Grenoble a pu se tenir ce lundi soir, mais il avait été placé sous très haute surveillance. De nombreux policiers municipaux étaient mobilisés pour empêcher les manifestants, opposés au plan d'austérité du maire écologiste Eric Piolle, de pénétrer dans la salle du conseil

Contrairement au conseil municipal du 11 juillet qui avait dû être annulé, celui de lundi soir a pu aller à son terme. Mais la mairie de Grenoble avait été transformée en un véritable camp retranché. De nombreux policiers municipaux avaient été mobilisés, dont certains avec des chiens. Le public qui a eu le droit de rentrer dans la salle du conseil a été filtré, puis les portes de la mairie ont été fermées.

À l'intérieur, les élus ont observé une minute de silence, en mémoire des victimes de l'attentat de Nice. Puis, l'opposition socialiste et les élus de droite ont pris la parole pour dénoncer ce que le maire a baptisé le plan de sauvegarde des services publics. Ce plan prévoit notamment la fermeture de trois bibliothèques, de deux maisons des habitants et une suppression d'une centaine d'emplois municipaux, des départs à la retraite qui ne seront pas remplacés.

→ À lire aussi : VIDÉO - Le conseil municipal de Grenoble reporté après l'intrusion de manifestants

Pendant que les manifestants tapaient et hurlaient dehors, les élus tenaient conseil - Radio France
Pendant que les manifestants tapaient et hurlaient dehors, les élus tenaient conseil © Radio France - Véronique Pueyo

"Ils prônent la cogestion et la participation des citoyens quand ça les arrange ! Empêcher ainsi des citoyens d'assister à un conseil, c'est anti-démocratique au possible !"

À l'extérieur, les opposants à ce qu'ils appellent le plan d'austérité du maire hurlaient : "ouvrez nous les portes". D'autres avaient des sifflets, d'autres encore martelaient les vitres de leurs poings. Marianne avait déjà manifesté lundi dernier : "Ils prônent la cogestion et la participation des citoyens quand ça les arrange ! Empêcher ainsi des citoyens d'assister à un conseil, c'est anti-democratique au possible !"

L'intersyndicale de la Ville de Grenoble est sur la même longueur d'onde. "Même sous Carignon, on n'a jamais vu ça ! Regardez, ils ont même fait venir des chiens ! On est abasourdis !" lance ce syndicaliste de Force Ouvrière.

Les manifestants ont tapé sur les vitres de l'hôtel de Ville durant tout le conseil - Radio France
Les manifestants ont tapé sur les vitres de l'hôtel de Ville durant tout le conseil © Radio France - Véronique Pueyo

Le collectif contre la fermeture de trois bibliothèques de quartier distribue un tract avec dix propositions pour le maintien de ces lieux de culture, si importants dans les quartiers sensibles. "Beaucoup d'enfants fréquentent ces petites bibliothèques. Quand tout va mal, on a besoin de ces lieux de culture" explique la présidente de l'Union de quartier Village Olympique.

Pendant ce temps, les élus déroulent l'ordre du jour de leur conseil municipal. Le maire Éric Piolle a redit que s'il était obligé de faire des coupes sombres dans le budgets de la ville, c'était à cause de l’État et de la municipalité précédente, la municipalité Destot (PS) qui lui avait laisser des finances en mauvais état.

Les CRS sont intervenus

Durant la séance, une vingtaine de CRS sont intervenus devant la mairie de Grenoble et ont bouté les manifestants en bas des marches. Un jeune homme a été interpellé pour dégradation et place en garde à vue.

La policie municipale a été moblisée pour repousser les manifestants - Radio France
La policie municipale a été moblisée pour repousser les manifestants © Radio France - Véronique Pueyo