Politique

La nomination de Manuel Valls à Matignon divise la gauche

France Bleu mardi 1 avril 2014 à 8:14

Manuel Valls
Manuel Valls © MaxPPP

Le nom du Premier ministre, Manuel Valls, ne satisfait pas l'ensemble de la gauche française. Alors que les deux ministres écologistes du gouvernement, Pascal Canfin et Cécile Duflot, ont affirmé qu'ils n'entendaient pas faire partie du nouveau gouvernement, Jean-Luc Mélenchon a quant à lui parlé de "suicide politique" de la part de François Hollande.

Ni les écologistes, ni le Front de Gauche, ni même la gauche du PS, ne voulaient voir Manuel Valls, représentant de l'aile droite du parti majoritaire, arriver à Matignon. Résultat : la nomination de l'ancien ministre de l'Intérieur à la place de Jean-Marc Ayrault divise y compris même au sein du gouvernement sortant. Les deux ministres écologistes, Cécile Duflot (Logement) et Pascal Canfin (Développement), ont fait savoir qu'ils ne feraient pas partie du prochain gouvernement, car la nomination de Manuel Valls n'est pas, selon eux, "la réponse adéquate aux problèmes des Français ". 

Cela signifie-t-il pour autant qu'il n'y aura aucun ministre issu d'Europe Ecologie – Les Verts dans le prochain gouvernement ? Rien n'est moins sûr. Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, a expliqué dans un communiqué que son parti "attend une clarification ", avant de décider d'apporter ou non son soutien à la nouvelle équipe de Matignon. Noël Mamère, ancien membre du parti, a jugé que Manuel Valls était le "plus grand diviseur de la gauche ", tout en affirmant à RTL penser qu'il y aura bel et bien de nouveaux ministres écologistes au gouvernement.

"Il n'entend que de l'oreille droite " (Pierre Laurent)

A la gauche du PS, la nomination de Manuel Valls fait aussi grincer des dents. Pour Jean-Luc Mélenchon, le nouveau Premier ministre est "ultra-minoritaire dans le mouvement socialiste, minoritaire dans la gauche et on le verra bientôt, minoritaire dans le pays ". Lors d'une conférence de presse, il a appelé à la manifestation, le 12 avril, contre cette nouvelle nomination, et au vote des parlementaires contre le pacte de responsabilité. "Je suis très triste pour mon pays de la décision qui vient d'être prise ", a-t-il déclaré. 

Le leader du Parti communiste, Pierre Laurent, a quant à lui déploré que "Manuel Valls n'entend que de l'oreille droite ". Mais qu'en pense l'opposition ? Les réactions sont nuancées aussi. Pour Marine Le Pen, il n'y aura pas de changement notable, car "c'est un changement de politique que les Français attendent, et pas tant un mercato gouvernemental ". Même idée à l'UMP : le départ de Jean-Marc Ayrault "ne changera rien ", pour le président de l'UMP Jean-François Copé. 

"Ce n'est pas en changeant les hommes et en gardant la même politique que l'on règle les problèmes" — Jean-François Copé