Politique

La nomination de Ségolène Royal à l'Ecologie plutôt plébiscitée

Par Typhaine Morin, France Bleu La Rochelle, France Bleu Loire Océan et France Bleu Poitou mercredi 2 avril 2014 à 18:31

Ségolène Royal et Philippe Martin lors de la cérémonie de passation de pouvoir au ministère de l'Ecologie
Ségolène Royal et Philippe Martin lors de la cérémonie de passation de pouvoir au ministère de l'Ecologie © Christophe Petit-Tesson/MaxPPP

Lors de la passation de pouvoir au ministère de l'Ecologie, le ministre sortant, Philippe Martin, a salué la nomination de Ségolène Royal ce mercredi. Il a salué sa "stature', son "histoire" comme des atouts pour conduire ce portefeuille. La nouvelle ministre de l'Ecologie est reconnue pour son expertise dans ce domaine, mais ses détracteurs mettent en garde contre sa pratique du pouvoir.

"Votre stature, votre histoire, votre voix sont un atout pour l'écologie ", a souligné le désormais ancien ministre de l'Ecologie Philippe Martin, lors de la cérémonie de passation de pouvoir au ministère avec Ségolène Royal. La présidente de Poitou-Charentes, ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2007, a été nommée ce mercredi ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie dans le gouvernement de Manuel Valls.

Ministre pendant 9 mois, Philippe Martin s'est dit "ravi " que ce portefeuille revienne à Ségolène Royal. D'abord parce qu'elle est "socialiste ". "Ce qui m'a le plus troublé dans les jours que nous venons de vivre , a déclaré Philippe Martin, c'est qu'on ait pu envisager de revenir un temps à l'époque où les socialistes déléguaient systématiquement l'écologie aux écologistes ". Et avec ce ministère, Ségolène Royal aura du poids, puisqu'elle devient la numéro 3 du gouvernement. 

 

 

Social-écologie et croissance verte

Une position et une influence qui rassurent les défenseurs de l'environnement. "C'est une bonne nouvelle pour l'écologie, car elle est imprégnée des questions environnementales depuis plus de 20 ans ", a déclaré Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue de protection des animaux (LPO), dans un entretien à l'AFP. 

Sur le fond, Ségolène Royal souhaite faire de la France "l'une des premières puissances économiques d'Europe ". Pour y parvenir, elle promeut la "social-écologie " qui se fonde selon elle sur trois piliers : le progrès économique, le progrès social et le progrès écologique. "La croissance verte est un formidable levier pour l'emploi, le pouvoir d'achat et le bien-être ", a déclarée la ministre lors de sa prise de fonction. 

Pour les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la nomination de Ségolène Royal est un bon signe. En 2011, elle avait appelé à une "nouvelle enquête d'utilité publique ", et évoqué la possibilité de "trouver un site moins nuisible et moins fragile " que celui de Notre-Dame-des-Landes. En mai 2013, elle a même reconnu que la construction de cet aéroport "sera très difficile à faire ".

"Je n'aurais pas fait ce choix" - Olivier Falorni, député de la Charente-Maritime

Ce ministère est taillé pour elle, estiment ses proches. Et Yves Debien, le vice-président de la région Poitou-Charentes, ne tarit pas d'éloges. "Elle sait où elle va, elle est clairvoyante, elle est à l'écoute de la société (...), elle sait faire le lien entre le local et le national. Elle a toujours trouvé la force dans le territoire pour prendre des décisions nationales ."

Olivier Falorni : "Ségolène Royal a obtenu ce qu'elle voulait"

Moins fan, c'est le moins que l'on puisse dire, Olivier Falorni, son ancien adversaire aux législatives en 2012 et député de la Charente-Maritime, souhaite que ce gouvernement réussisse. "Je n'aurais sûrement pas fait ce choix si [j'avais été président de la République], mais je ne le suis pas ." 

L'autoritarisme de Ségolène Royal est également souligné, notamment par Philippe Gosselin, député UMP de la Manche, qui n'est pas surpris de sa nomination, mais "dont il faudra gérer l'ego et les initiatives ".