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Ce qu’il faut savoir sur la présidence française de l’Union européenne

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La France assure depuis ce 1er janvier 2022 la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne pour six mois. Elle s'achèvera le 30 juin, après l'élection présidentielle. France Bleu fait le point sur les enjeux.

Le président français Emmanuel Macron le 12 décembre 2019 à Bruxelles.
Le président français Emmanuel Macron le 12 décembre 2019 à Bruxelles. © Maxppp - Nicolas Landemard / Le Pictorium

Le samedi 1er janvier 2022, la France a succédé à la Slovénie et pris les rênes de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne (PFUE), pour six mois. Le chef de l'État Emmanuel Macron doit dévoiler sa feuille de route devant le Parlement européen ce mercredi 19 janvier. Le Conseil de l'Union européenne, où sont représentés tous les États membres de l'Union, joue un rôle essentiel dans le processus législatif européen. Durant cette présidence, la France est notamment chargée d'organiser et de présider les réunions entre représentants des États membres, mais aussi de sceller des accords sur plusieurs dossiers législatifs en cours.

Qu'est-ce que la présidence du Conseil de l’UE ? 

Le Conseil de l'UE, aussi appelé Conseil des ministres de l'UE, se distingue du Conseil européen et du Conseil de l'Europe.

Il rassemble les ministres des 27 États membres, qui, chacun dans leur domaine (agriculture et pêche, transport, finance, affaires étrangères, justice, environnement...), amendent les propositions faites par la Commission européenne. La grande majorité des textes européens est en effet adoptée selon la procédure dite de "codécision". Le Conseil de l'Union européenne et le Parlement européen sont "colégislateurs". Concrètement, cela signifie que les deux institutions doivent s'accorder sur une même version d'un texte afin que celui-ci soit adopté. Chacune peut proposer des amendements aux propositions législatives de la Commission. 

Les ministres du Conseil de l'UE négocient et adoptent également le budget de l'UE, et dans les domaines où l'UE vient principalement en soutien des politiques nationales, l'institution est chargée de coordonner les politiques des États membres.

"Relance, puissance et appartenance", en tête des priorités

Lors d'une conférence de presse le 9 décembre, le chef de l'État avait annoncé que les priorités de la présidence française, dite PFUE, tournerait autour de trois axes : "relance, puissance et appartenance".

La relance économique est "nécessaire" en "réponse à la crise" du Covid-19, avait-il détaillé, avant de défendre le besoin de renforcer la puissance de l'UE en la rendant plus autonome, notamment militairement. Regrettant que le "sentiment d'appartenance" des Français à l'UE se soit "étiolé" ces dernières années, Emmanuel Macron juge que "la souveraineté européenne renforce la souveraineté de la France", qui est mieux armée pour défendre ses intérêts dans le monde avec ses 26 partenaires que toute seule. 

Plusieurs dossiers-clés

La présidence du Conseil de l'Union européenne est une opportunité pour la France de mettre à l'ordre du jour les sujets qu'elle souhaite voir aboutir. 

Devant la presse début décembre, Emmanuel Macron avait notamment détaillé ses idées pour réformer les accords de Schengen, faire avancer le "paquet climat" avec la taxation carbone qui doit voir le jour en 2023, mieux réguler les géants du numérique, harmoniser le salaire minimum, et rebâtir "un traité d'amitié avec l'Afrique". Pour cela, des dizaines de rendez-vous sont prévus, essentiellement sur les trois premiers mois en raison de la présidentielle. 

Le calendrier

Les 6 et 7 janvier 2022, le Président a reçu l'ensemble des commissaires européens. Ce 19 janvier, il doit dévoiler sa feuille de route devant le Parlement européen. Ce discours sera suivi d'un débat.

Durant ces six mois de présidence française, des sommets thématiques seront organisés par les ministres français dans différentes villes du pays, une façon pour le chef de l'État de tenter de rapprocher les Français, parmi les plus eurosceptiques de l'UE, de l'Europe. Les lieux et les dates précises de ces rendez-vous ne sont pas encore définitivement arrêtés.

Les conclusions de la conférence sur l'avenir de l'Europe lancée en mai 2021 seront dévoilées le 10 mars à Strasbourg. Cette grande consultation citoyenne a pour objectif affiché de permettre aux 446 millions de citoyens de l’UE de "faire savoir dans quelle Europe" ils veulent vivre. Depuis le 19 avril, chacun peut contribuer sur le sujet de son choix (changement climatique ou transformation numérique, santé ou démocratie européenne, éducation ou migration…) sur le site internet mis en place par l’UE.

Quid de l'élection présidentielle ?

L'élection présidentielle française aura lieu les 10 et 24 avril 2022, ce qui implique une période de réserve électorale. Or la présidence française de l'UE doit s'achever le 30 juin. Que peut-il se passer ? "Sur le plan politique et médiatique, [la PFUE] va être plus ou moins ralentie à partir du 15 mars", a expliqué Christine Verger, vice-présidente de l'institut Jacques Delors, à franceinfo. "Sur le plan technique et législatif, il faudra bien continuer à assurer les dossiers".

Depuis son élection en 2017, le Président se pose en chef de file des pro-Européens face aux "nationalistes" et "populistes", et vante les avancées obtenues à 27, comme le plan de relance post-Covid-19 de 750 milliards d'euros adopté en 2020. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, les Français sont deux fois plus nombreux (32% contre 15%) à considérer que présider l'UE durant la campagne électorale sera un atout plutôt qu'un handicap pour Emmanuel Macron, dont la candidature à la présidentielle d'avril 2022 n'est pas encore confirmée. 

Mais pour ses adversaires politiques, pas de doutes, le chef de l'État va briguer un deuxième mandat et cette PFUE risque d'être instrumentalisée politiquement par le candidat Macron. "J'espère que la présidence française ne va pas être un moment de communication de trois mois", avait commenté le président LR de la commission des Affaires européennes du Sénat Jean-François Rapin. À gauche, le candidat écologiste Yannick Jadot regrettait "que la France n'ait pas fait le choix de changer la date de sa présidence (...) biaisée et coupée en deux par l'élection présidentielle".  

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