Politique

La Présidentielle vue de Bretagne, épisode 10 : et Notre-Dame des Landes ?

Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel vendredi 21 avril 2017 à 5:04

Dans le squat de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes
Dans le squat de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes © Radio France - Aurore Jarnoux

Sur ce dossier-là, au moins, le positionnement peut être binaire. Les candidats peuvent se positionner pour le maintien ou l'abandon du projet. Certains en font un thème de campagne, les autres choisissent de l'éluder ou de temporiser.

Un grand projet industriel qui remet en question l'équilibre écologique d'un secteur de la Bretagne. Tout juste avant une élection... ça ne vous rappelle rien ? Plogoff bien sûr ! Et pour certains candidats, dire oui ou non au projet de Notre-Dame des Landes, c'est une décision politique, qui peut être très stratégique. Pour le Medef, les candidats sérieux sont les pro-aéroports. " Lancer la construction pourrait être un signe que parfois, dans ce pays, les choses avancent. Ce serait un signe d'espoir " dit en substance Joël Chéritel, le patron du MEDEF en Bretagne.

La question de Notre-Dame des Landes dans la Présidentielle

Sur la ZAD, certains iront voter

Mais pour pouvoir construire, il faudrait d'abord évacuer ! Et rien ne sera plus difficile à Notre-Dame des Landes. Certains candidats (voir ci-dessous le détail) en font une question de principe : pour se faire respecter, l'Etat doit employer la force. D'autres se disent que pour éviter un "nouveau Sivens", mieux vaut tourner le dos au projet. Et sur la Zad ? Eh bien les avis sont disparates. Certains pourraient quand même se déplacer pour voter, même si le système des élections ne leur convient pas.

La majorité d'entre nous refuse de rentrer dans le jeu électoral. Mais certains iront quand même voter de manière stratégique - Camille, un "zadiste"

Pour autant, quel que soit le résultat le 7 mai prochain, les habitants de la ZAD préviennent qu'ils veulent continuer à vivre sur ce lieu de manière auto-gérée et en rupture avec la société.

Les candidats CONTRE

Pour Philippe Poutou, c'est non à l'aéroport, quel que soit le résultat de la consultation, selon lui un "référendum trafiqué".

Nathalie Arthaud "soutient ceux qui s'opposent" à ce projet.

Jean-Luc Mélenchon a souvent expliqué qu'il le voyait comme un "grand projet inutile".

Benoît Hamon, malgré sa participation au gouvernement Ayrault, estime qu'il faut désormais "arrêter les frais " et abandonner le projet.

Nicolas Dupont-Aignan était déjà opposé à ce qu'il qualifiait avant la consultation de "projet nuisible".

Jacques Cheminade veut aussi revenir sur l'autorisation, et promeut d'autres moyens de transports.

Le candidat POUR

François Fillon n'hésite pas une seconde, et demande, comme son fidèle lieutenant Bruno Retailleau, l'expulsion des habitants de la ZAD et le début immédiat des travaux.

Les candidats hésitants

Marine Le Pen estimait que le projet n'est pas bon, mais affirme vouloir respecter la décision de la consultation faite en Loire-Atlantique. Donc si elle était élue, elle ferait évacuer la ZAD par la force, et ferait débuter les travaux, pour un projet qui, si on comprend bien, n'a pas son approbation personnelle.

Emmanuel Macron demande du temps sur ce dossier. Il veut nommer un médiateur. Mais pour discuter avec qui ? Sachant que les pro-aéroport se rangent derrière une série de décisions de justice qui leur sont favorables, et que les anti-aéroports ont déjà présentés maintes et maintes fois leurs arguments et leurs solutions alternatives

Les candidats pas clairs

Jean Lassalle dit que la décision revient aux habitants de la "région". Est-ce à dire qu'il propose une nouvelle consultation ?