Politique

La primaire de la gauche ne passionne pas les foules dans le Nord Franche-Comté

Par Rebecca Gil, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 19 décembre 2016 à 6:10

Dans le Territoire de Belfort par exemple, il y aura 5 bureaux de vote de moins que pour la dernière primaire de la gauche en 2011
Dans le Territoire de Belfort par exemple, il y aura 5 bureaux de vote de moins que pour la dernière primaire de la gauche en 2011 © Maxppp - Jean-François OTTONELLO

La primaire de la belle alliance populaire commence à s'organiser. Dans le Nord Franche-Comté, on s'y prépare doucement, mais il faut l'admettre : en comparaison avec celle de 2012, ou encore avec celle de la droite cette année, la primaire de la gauche ne suscite pas réellement d'engouement.

La primaire de la belle alliance populaire approche : ils sont sept candidats à avoir obtenu le nombre de parrainages nécessaires. Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, et Vincent Peillon pour le PS, Sylvia Pinel pour le PRG, seule femme en lice, Jean-Luc Bennahmias du Front démocrate et François de Rugy du Parti écologiste. La candidature de Bastien Faudot pour le MRC n'a pas été retenue, le Belfortain pourrait se lancer seul dans la course à la présidentielle 2017 s'il parvient à réunir ses 500 parrainages.

Les politiques du Nord Franche-Comté peinent à se prononcer

Jusqu'ici, cette primaire de la gauche n'a pas suscité pas de réel enthousiasme, comme cela a pu être le cas pour celle de la droite. Il suffit de demander aux politiques du Nord Franche-Comté sur quel candidat ils comptent miser pour s'apercevoir que chacun marche sur des œufs. Ils sont très peu à se positionner clairement. Qu'il s'agisse de Maud Clavequin, la première secrétaire fédérale du PS dans le territoire de Belfort, ou encore de Frédéric Barbier, député socialiste de la quatrième circonscription du Doubs : tous deux ne croient pas en l'homme providentiel qui sauverait la gauche. Ils attendent donc le débat pour faire leur choix.

"Je serai très engagé derrière le vainqueur de la primaire"
— Martial Bourquin, sénateur maire PS d'Audincourt

Martial Bourquin a choisi de ne pas se prononcer non plus : "Je serai très engagé derrière le vainqueur de la primaire, assure le sénateur maire d'Audincourt. Mais tous les candidats seront les bienvenus à Audincourt", précise-t-il. De son côté, la frondeuse Barbara Romagnan a choisi son camp : celui de Benoît Hamon. La députée PS du Doubs veut en finir avec la gauche actuelle dans la lignée de Valls et Cazeneuve : "Benoît Hamon est le seul candidat socialiste à avoir intégré le caractère structurel du changement climatique, le seul à parler des migrants et à demander l'utilisation des visas humanitaires pour limiter la catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux, le seul à reprendre la nécessité de partager le travail autrement, et à garder une vision critique de l'Europe telle qu'elle se construit tout en la gardant comme horizon nécessaire et souhaitable", nous précise-t-elle. Seul Jean-Michel Villaumé se range clairement derrière Manuel Valls. Le député de Haute-Saône a soutenu l'ex Premier Ministre avant même l'annonce de François Hollande de ne pas se lancer dans la course.

400 militants de moins en cinq ans au PS du Doubs

Recruter des militants pour tenir tous les bureaux de vote dans le Nord Franche-Comté n'est pas une mince affaire partout. Il faut dire que les rangs d'adhérents socialistes ont plutôt tendance à se clairsemer ces dernières années. Dans le Doubs, le chiffre est frappant : de 1100 en 2012, ils ne sont aujourd'hui plus que 700. Le Territoire de Belfort n'est pas épargné, la baisse se chiffre entre moins 20 et moins 30%. Cela se ressent par exemple dans le nombre de bureaux de vote : il y en aura 18 cette année, contre 23 en 2011. En Haute-Saône, les chiffres restent à peu près les mêmes, mais la consigne nationale des 3 militants minimum pour tenir chaque bureau de vote (il y en aura 37 dans le département) n'est pas encore tout à fait respectée à l'heure qu'il est. "On cherche encore du monde", explique Loïc Niepceron, conseiller régional PS en Bourgogne Franche-Comté. Mais il tient à rassurer : "On a encore un mois, il nous reste du temps pour trouver".