Politique

Après la décision du tribunal administratif, le meeting de Marine Le Pen à Clairvaux-les-Lacs aura bien lieu

Par David Malle et Anne Fauvarque, France Bleu Besançon jeudi 16 février 2017 à 18:51 Mis à jour le jeudi 16 février 2017 à 19:42

Marine Le Pen doit tenir une réunion publique vendredi 17 février à Clairvaux-le-Lac.
Marine Le Pen doit tenir une réunion publique vendredi 17 février à Clairvaux-le-Lac. © Maxppp - Philippe Trias

Le tribunal administratif de Besançon autorise la location de la salle des fêtes de Clairvaux-les-Lacs (Jura) au FN pour un meeting de Marine Le Pen ce vendredi. Le maire redoutait, lui, des troubles à l'ordre public.

Pour le tribunal administratif de Besançon, le maire de Clairvaux-le-Lac n'était pas fondé à annuler la location de sa salle des fêtes au FN, pour des raisons de sécurité. La justice a examiné le dossier ce jeudi matin, en audience de référé-liberté, saisie par le Front national, qui organise ce vendredi dans la petite commune jurassienne un meeting de Marine Le Pen. Selon le jugement, rendu en fin de journée, le maire ne peut pas fonder ce refus par "l’impossibilité (...) d’assurer le maintien de l’ordre". Le tribunal annule donc la décision du maire et la réunion publique devrait se tenir.

Au tribunal, le FN dénonce une "violation des libertés fondamentales"

Devant le tribunal, jeudi matin, le parti frontiste évoquait une violation des libertés fondamentales, à savoir la liberté de réunion. "Votre décision marquera une étape décisive dans la campagne présidentielle qui commence" a indiqué l'avocat du Front national, Me Arthur de Dieuleveult. "C'est une atteinte grave à la liberté fondamentale de réunion et d'expression collective, madame Le Pen ne peut tenir meeting, ne peut s'exprimer librement du fait de cette annulation".

Pour lui, "la liberté de réunion ne doit pas souffrir de l'ordre public, elle doit primer". Et d'ajouter : "c'est un détournement de pouvoir, une décision politique du maire".

Maitre Arthur de Dieuleveult, avocat du Front National - Radio France
Maitre Arthur de Dieuleveult, avocat du Front National © Radio France - Anne Fauvarque

En face, l'avocat de la commune jurassienne, Me Jean-Philippe Devevey, a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une interdiction de réunion, mais de l'annulation d'un contrat de location, contrat ajoute-t-il, pris par un particulier et non par le parti.

Pour l'avocat de la commune, "la tension monte"

"Tout a été caché, dissimulé. Le secrétaire départemental FN du Jura a avancé masqué" a dénoncé Me Devevey, selon qui "il existe un risque réel de confrontation physique entre les sympathisants de Marine Le Pen et des opposants". "J'ai appelé la préfecture, il y a un risque d'atteinte à l'ordre public. 800 à 1.000 sympathisants sont attendus. 200 à 500 opposants. La tension monte sur les réseaux sociaux, avec des réactions hostiles de part et d'autre".

Alain Panseri, le maire de Clairvaux - Radio France
Alain Panseri, le maire de Clairvaux © Radio France - Anne Fauvarque

Le maire de Clairvaux, Alain Panseri, sans étiquette, s'est dit "déçu" de la décision rendue par le tribunal. "J'espère que la justice aura raison et que tout va bien se passer" a t'il commenté. "Si par malheur il arrivait quelque chose, faudra pas qu'on vienne me dire vous auriez dû, mais j'espère de tout coeur qu'il n'y ait rien", a conclu le maire.

La réunion publique de Marine Le Pen à Clairvaux-les-Lacs c'est ce vendredi à 18H. Une contre-manifestation est prévue dès 17H.