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Politique

La station-service de la discorde à Châtelus-Malvaleix

jeudi 2 août 2018 à 19:11 Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse

La mairie de Chatelus-Malvaleix, dans la Creuse, a décidé de rouvrir une station-service dans le centre-bourg mais l'emplacement choisi ne convient pas du tout aux riverains. Ils dénoncent un projet mené sans concertation et qui risque de faire chuter la valeur immobilière de leurs logements.

Devant la maison de Colette : un grand trou a été creusé pour recevoir la cuve de la future station-service
Devant la maison de Colette : un grand trou a été creusé pour recevoir la cuve de la future station-service © Radio France - Maxime Tellier

Châtelus-Malvaleix, France

"Qui voudrait d'une station-service à quelques mètres de sa maison !?", demande Colette Larigauderie. Il suffit qu'elle aborde le sujet pour que sa voix s'étrangle. Cela fait près de vingt ans qu'elle vit dans sa belle et grande maison en pierre du centre-bourg de Châtelus-Malvaleix, mais depuis quelques mois, elle se sent trahie : "c'est un voisin qui m'a fait part du projet de la mairie de construire cette station-service, il a fallu que j'appelle le maire moi-même pour qu'il me le confirme, il ne veut pas reconnaître les torts qui me sont faits !"

Une nouvelle station qui remplace l'ancienne

Malgré l'opposition de Colette, les travaux ont commencé sur cette placette qui est la propriété de la commune : un trou d'une dizaine de mètres de long a été creusé pour recevoir la cuve à carburants de la future station-service, qui doit ouvrir au printemps. "Mon objectif depuis dix ans est de relancer et de maintenir le commerce de proximité dans le centre-bourg et c'est un succès", se défend le maire, Jean-François Bouchet. "Vous trouvez un coiffeur, une supérette, une pharmacie, une boulangerie, la Poste, un vétérinaire, etc. Pour la station-service, le conseil municipal a décidé en 2016 d'en rouvrir une lorsque la précédente a fermé, elle n'était qu'à trois maisons de celle qui est en projet".

"Personne n'est contre l'ouverture d'une station-service à Chatelus ! Au contraire. C'est l'emplacement qui pose problème", disent plusieurs habitants croisés dans les rues dont certains se disent prêts à signer une pétition. "Pourquoi ne pas la construire à l'entrée ou à la sortie du bourg ?", demande Colette Larigauderie. "Parce que nous n'avons pas de terrain qui appartient à la commune à cet endroit !", répond le maire, "et même si c'était le cas, notre but est de dynamiser le centre-bourg."

La valeur de la maison de Colette risque de s'effondrer

Colette lui en veut beaucoup, "c'était un ami de 30 ans", et aujourd'hui, elle s'inquiète pour ses enfants, "cette maison est un cadeau empoisonnée pour eux, elle sera invendable... J'ai contacté trois agences immobilières qui ont estimé que la valeur allait chuter de 40 à 60%". Autour de la place, les voisins avancent les mêmes chiffres "mais tout le monde s'en fout !", s'emporte l'un d'entre eux. Des chiffres contestés par la mairie, qui affirme avoir respecté toutes les règles avant de déposer le permis de construire et qui précise qu'une haie végétale sera érigée entre les deux pompes à essences et la maison en question, "c'est une recommandation de l'architecte des bâtiments de France".

Pour les travaux de terrassement, la mairie a dépensé 12.000 euros dont 30% pris en charge par une dotation de l'Etat. "Le reste, 120.000 euros, est sur le compte de l'exploitant privé", précise le maire. "Il s'agit des établissements Gaudon, qui vont exploiter cette station en même temps que la quincaillerie juste à côté et qui a été agrandie pour l'occasion. Sur 1.200 véhicules qui passent sur la départementale chaque jour, ils estiment que trente à cinquante vont s'arrêter".

En attendant la suite, Colette Larigauderie ne baisse pas les bras : elle a créé une page Facebook, déployé une banderole sur sa maison et engagé un avocat. Ce dernier a adressé un référé suspension auprès du tribunal administratif de Limoges. Le jugement est attendu le 10 août.