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Politique

Grand débat : la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% des Français les plus riches sera bien sur la table

mercredi 9 janvier 2019 à 8:04 Par Pierre Emparan, France Bleu

L'Elysée confirme ce mardi que la piste du maintien de la taxe d'habitation pour les 20% de Français les plus aisés « est sur la table pour le grand débat ». Un sujet au centre d'une valse-hésitation depuis les déclarations du ministre de l'Economie Bruno Le Maire ce week-end.

Bruno Le Maire Ministre de l'Économie et des Finances.
Bruno Le Maire Ministre de l'Économie et des Finances. © AFP - ERIC PIERMONT

Les allers-retours sur la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% de Français les plus aisés depuis dimanche révèlent la difficulté d'organiser le grand débat qui s'ouvre le 15 janvier. L'Elysée veut montrer que ce débat n'est pas bouclé d'avance, sans renier les promesses, ni fâcher le socle électoral du président.

Bruno Le Maire sème la confusion

Dimanche, c'est donc le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui, lors du Grand rendez-vous Europe 1 - CNews - « Les Echos » , assure qu'il est essentiel que la suppression de la taxe d'habitation, y compris pour les 20% des Français les plus aisés « soit aboutie », mais qu'« on peut très bien demander aux Français » s'il est « légitime » de le faire pour « les 20 % les plus riches ».

Lundi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin insistent. "Certains ont de gros revenus et de grosses habitations. Peut-être qu'on pourrait imaginer qu'il ne serait pas juste de les exclure" de la suppression de la taxe, a estimé Gérald Darmanin.

"_Je trouverais juste que la taxe soit maintenue pour les 20 % les plus riches_, ou transformée pour eux en un impôt d'un montant équivalent (10 milliards d'euros)", déclare lundi le député de l'aile gauche de LREM, Matthieu Orphelin.

Rétropédalage

Mais finalement mardi, lors d'un colloque à Bercy, Bruno Le Maire a dit vouloir "clarifier" sa position en soulignant vouloir "aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation", un impôt "injuste".

Dans la soirée, dans l'émission "C à vous" de France 5 le ministre de l'économie précise : "Moi, je suis favorable à la suppression de la taxe d'habitation dans sa totalité, mais puisque cela n'a pas été voté, cela peut faire partie du débat".

L'Elysée tente de sortir de l'imbroglio

Pour clore la séquence, l'Elysée indique mardi que « la suppression pour 80 % des Français est déjà actée », que le gouvernement envisage une suppression pour tous, mais que le sujet est bien « sur la table pour le grand débat».

La promesse de campagne d'Emmanuel Macron concernait 80 % des Français, mais dès novembre 2017, il indiquait vouloir l'élargir à tous. Devant l'Association des maires de France, le 23 novembre 2017, le président de la République déclarait : "Si cet impôt est mauvais pour 80% des Français, il a peu de chance d'être bon pour les 20% restants…"

Ne pas fâcher le socle électoral en se montrant ouvert au débat

Revenir sur les promesses du chef de l'Etat vis-à-vis des 20% de Français les plus aisés s'avère délicat, d'autant que ces derniers constituent la "base électorale" de la majorité, souligne le chercheur Mathieu Plane, économiste à l'OFCE interrogé par l'AFP.

Mais pour l'Elysée il s'agit de montrer que le débat n'est pas bouclé d'avance quand l'exécutif a déjà fermé la porte au retour de l'ISF ou à une réforme des droits de succession.