Politique

Le député Laurent Grandguillaume (PS) réagit à l'échec de la réforme constitutionnelle

Par Marion Bargiacchi et Jacky Page, France Bleu Bourgogne jeudi 31 mars 2016 à 11:13

Laurent Grandguillaume
Laurent Grandguillaume © Radio France - Martine Bréson

Le député socialiste de Côte-d'Or était l'invité de France Bleu Bourgogne, mercredi 30 mars. Il revient sur l'échec de la réforme constitutionnelle voulue par le président François Hollande. La réforme devait notamment encadrer l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

François Hollande l'a annoncé en milieu de journée après le conseil des ministres et après un entretien avec les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale : après quatre mois de débats agités, le chef de l’État enterre la révision constitutionnelle qu'il avait engagée après les attentats du 13 novembre. François Hollande constate l'absence d'accord entre les instances parlementaires. Un compromis paraît même hors d'atteinte sur la définition de la déchéance de nationalité pour les terroristes.

Un rendez-vous raté ?

"J'ai le sentiment que dans notre pays il est difficile de trouver des compromis face à des situations qui nous concernent tous, tout le pays. Et je trouve ça dommage qu'on n'arrive pas à dépasser parfois certains clivages pour arriver à se rassembler et faire progresser notre société dans un cadre collectif, explique Laurent Grandguillaume, Je crois qu'il est important de sécuriser d'abord l'état d'urgence : c'est une situation exceptionnelle et il est important que les choses soient clarifiée dans le droit. La déchéance de nationalité c'est une idée de droite qui m'a toujours été étrangère mais que j'étais prêt à voter dans le cadre de l’unité nationale. Moi je crois qu'il est important de garantir l'unité nationale face à de tels périls, je parle en particulier du terrorisme. Et donc, j'étais prêt à adopter une réforme qui permettait d'aboutir sur ces deux points. Mais je constate qu'à droite un certain nombre de responsables politiques n'aient pas souhaité ce compromis. Je trouve ça dommage."

L'impossibilité de dépasser les clivages

"Il y a toujours des débats, c'est normal en politique. Après c'est normal que des points de vues différents s'expriment, qu'il y ait de la confrontation même : c'est sain pour la démocratie. Après, à l'Assemblée nous avions réussi à nous rassembler collectivement sur une rédaction du texte. Le Sénat était pour une autre rédaction. On aurait pu trouver un compromis entre les deux chambres mais ce soir ce n'est pas le cas et c'est bien dommage parce qu'il y a des blocages qui sont, je pense, plus politiciens que politiques.

Ce qu'attendent les citoyens, en tous cas ce que je ressens sur le terrain, c'est que les responsables politiques soient capables de dépasser leurs propres clivages politiques internes ou externes pour se retrouver sur l'essentiel."

Laurent Grandguillaume évoque l'échec de la réforme constitutionnelle