Politique

Laurent Wauquiez favorise-t-il certains départements dans la région ?

Par Marc Vantorhoudt, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 14 février 2017 à 11:48

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes
Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes © Radio France - Marc van Torhoudt

Alors qu'il a signé ces dernières semaines des Pactes de soutien économique avec trois départements (le Cantal et la Haute-Loire, l'Ardèche est en négociations), le président (LR) du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, est accusé de favoriser certains territoires.

Quinze millions d’euros. C’est la somme accordée au Puy-en-Velay, le chef-lieu de Haute-Loire (43), par la région d’Auvergne-Rhône-Alpes en 2016. Le Puy-en-Velay, c’est le fief de Laurent Wauquiez, qui y a été maire pendant 8 ans jusqu’à son élection à la présidence de la région début 2016. Et 15 millions d’euros, c’est trois fois plus que ce qu’ont perçu en aides et subventions d’autres villes de la région d’importance égale, comme Moulins ou Aurillac. De quoi faire grincer des dents à beaucoup de conseillers régionaux, notamment dans l’opposition.

"On s’aperçoit que les projets qui viennent de Haute-Loire et du Puy reçoivent plus d’attention que les autres, déplore Marie-Hélène Riamon, conseillère départementale de la Loire (42). Par exemple, quand une commune de Haute-Loire demande une aide pour une chaufferie au bois, la subvention peut atteindre jusqu’à 80 % du coût total, alors qu’on ne dépassera pas les 50-60 % dans d’autres départements !"

Les projets qui viennent de Haute-Loire et du Puy sont privilégiés".

Pour Laurent Wauquiez, priorité est donnée aux départements les plus pauvres

Depuis début 2017, Laurent Wauquiez a signé deux Pactes de développement avec deux départements de la région, le Cantal et la Haute-Loire, pour respectivement 128 et 146 millions d’euros sur les cinq années à venir.

Lors de la signature du Pacte Régional pour la Haute-Loire, le président de la région avait expliqué ce penchant pour certains territoires : "une région solidaire donne plus à ceux qui ont moins. L’objectif c’est d’aider les départements les plus petits de notre région".

L’objectif est d’aider les départements les plus petits de notre région".

Laurent Wauquiez, président LR de la région.

À sa décharge, celui qui est également député de la première circonscription de Haute-Loire s’est attaqué à des problèmes concernant la circulation entre Saint-Etienne et Lyon. La région a investi près de 135 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle voie rapide, l’A45, pour doubler la route déjà existante, l’A47, souvent engorgée.

Des présidents de région à la rescousse

Les présidents des départements concernés réfutent toute les accusations de favoritisme. Pour eux, leurs territoires sont ceux qui ont le plus besoin d'aide. "Laurent Wauquiez et son exécutif - et je ne les en remercierai jamais assez - ont imaginé pouvoir apporter des réponses spécifiques à des départements qui ont besoin d'être considérés, explique Vincent Descoeur, président Les Républicains du Conseil Départemental du Cantal (15). Je ne doute pas que la région, sur des sujets qui nous concernent moins, comme les métropoles, apporte des réponses aussi adaptées."

Vincent Descoeur, président LR du département du Cantal (15)

Invité dans la matinale de France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 14 février, le président (LR) du département de Haute-Loire Jean-Pierre Marcon défend lui aussi Laurent Wauquiez : "La Haute-Loire est particulièrement favorisée, bien sûr. Le Président [de la région] est originaire du département, donc on apprécie. Mais cela répond aux difficultés du département : enclavement routier, faible densité et difficultés économiques. "

La Haute-Loire est particulièrement favorisée, bien sûr. Le Président [de la région] est originaire du département, donc on apprécie.

Jean-Pierre Marcon, président (UDI) du département de Haute-Loire (43), invité dans la matinale de France BLeu Saint-Etienne Loire