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Dossier : La réforme des retraites

Laval : une centaine de manifestants a défilé contre le 49-3

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Par , France Bleu Mayenne
Laval, France

Ce dimanche 1er mars, une centaine de manifestants a défilé dans les rues de Laval (Mayenne) pour protester contre l'emploi du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la réforme des retraites.

Une centaine de manifestants s'est rassemblée au square de Boston à Laval (Mayenne) ce dimanche 1er mars pour protester contre le recours du gouvernement au 49-3 pour faire passer sa réforme des retraites.
Une centaine de manifestants s'est rassemblée au square de Boston à Laval (Mayenne) ce dimanche 1er mars pour protester contre le recours du gouvernement au 49-3 pour faire passer sa réforme des retraites. © Radio France - Nicolas Fillon

Ils ont défilé dans les rues de Laval (Mayenne) pour dénoncer le 49-3 : ce dimanche 1er mars, une centaine de manifestants s'est donnée spontanément rendez-vous au square de Boston pour protester contre l'ultime recours du gouvernement afin de faire adopter le projet de loi sur la réforme des retraites.

Un 49-3 décidé lors du conseil des ministres du samedi 29 février, consacré à la prévention de la propagation du Coronavirus, et qui a du mal à passer les syndicats, gilets jaunes, enseignants et autres corps de métier présents à Laval, alors que les rassemblements de la sorte se multiplient un peu partout en France.

Des manifestants à bout

Anne-Cécile est là parce qu'elle se dit "contre ce qui vient de se produire. Je trouve inacceptable que le gouvernement puisse profiter de la crise sanitaire en cours pour dégainer le 49-3". Cette formatrice en CFA (Centre de Formation des Apprentis), remontée, ne cache pas son inquiétude : "On ne sait rien de plus sur ce qui va nous arriver au niveau des retraites. C'est complètement lamentable. J'ai l'impression qu'on ne vit plus en démocratie dans notre pays. Le gouvernement impose ses choix, et personne ne peut rien dire, même à l'Assemblée. C'est un véritable passage en force !"

Aux côtés d'Anne-Cécile, Martin est également à bout. Pour cet électromécanicien de 58 ans, la réforme des retraites va changer beaucoup de choses... en mal, dit-il. "Je suis complètement exploité par le système, j'ai commencé à travailler à 22 ans. Je devais prendre ma retraite à 60 ans et deux mois. Mais au lieu de ça, on va m'imposer de partir à 67 ans. Je ne me vois pas faire mon travail jusqu'à 67 ans !"

Une colère froide pour l'homme à la moustache, qui dénonce la méthode et le timing du gouvernement pour "faire passer en force" sa réforme : "Imposer le 49-3 en utilisant les opportunités sanitaires, c'est du gros n'importe quoi ! En plus, le Premier ministre a la majorité à l'Assemblée... Qu'est-ce que ça prouve ? Qu'il n'a pas confiance en sa majorité ? Je me pose pas mal de questions sur la légitimité de ce 49-3. Malheureusement, le système actuel ne permet pas de contrer réellement cette vision technocratique du travail, de gens qui n'ont jamais mis les mains dans le cambouis !"

Ce passage en force est un véritable crime social (Steve Gaudin, du Snudi FO 53)

Que faire alors, pour se faire entendre et lutter contre la décision du gouvernement ? "La population a énormément de pouvoir, croit Martin. Pourquoi pas paralyser le pays avec une grève générale ? Combien de temps tiendrait l'économie française si on bloquait les raffineries, les dépôts de pétrole, la production française ? Là, ce seraient les banques qui se retrouveraient mal. Et les banques, c'est le pouvoir !"

Réunie au square de Boston à Laval (Mayenne), la centaine de manifestants contre l'emploi du 49-3 a défilé dans les rues de la ville, avec un arrêt à la préfecture et à la permanence de la députée européenne LREM Valérie Hayer
Réunie au square de Boston à Laval (Mayenne), la centaine de manifestants contre l'emploi du 49-3 a défilé dans les rues de la ville, avec un arrêt à la préfecture et à la permanence de la députée européenne LREM Valérie Hayer © Radio France - Nicolas Fillon

Steve Gaudin, secrétaire départemental du Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles (Snudi) FO, relaye lui aussi "le sentiment de s'être fait avoir" par le gouvernement. "Ce passage en force est un véritable crime social, lâche le syndicaliste. On sait très bien que la réforme est rejetée par une majorité de citoyens, que le contexte social est particulièrement éruptif. C'est pas moi qui le dit, c'est Edouard Philippe, et même Emmanuel Macron. C'est de l'irresponsabilité totale, ça ne va pas faire taire les gens. Après le déni de dialogue social, on nous fait le coup du 49-3. C'est hors de question de laisser passer ça !"

L'idée d'une grève générale refait surface

La grève générale est en tout cas une idée qui revient sur les lèvres de pas mal de manifestants lavallois, et Steve Gaudin ne fait pas exception : "Tout les syndicats, CGT et FO en tête, doivent sortir de la conférence de financement proposée par la CFDT, qui est une mascarade, un enfumage. Quel autre moyen ont les salariés pour se faire entendre quand un gouvernement n'écoute rien et avance tout seul, en dehors de la grève et de sa généralisation ? Le rapport de force doit monter d'un cran. Et il faut envisager de monter à Paris."

Après avoir décidé de la marche à suivre au square de Boston, les manifestants anti-49-3, munis de banderoles et drapeaux, ont donc défilé dans les rues de Laval, dans le calme, avec un arrêt devant la préfecture et la permanence de la conseillère départementale et députée européenne LREM Valérie Hayer. Quelques stickers y ont été apposés, tout comme à la permanence du candidat aux élections municipales Didier Pillon, mais aucun dégât matériel à signaler.

L'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU et organisations de jeunesse) opposée au système universel de retraite par points doit se réunir lundi 2 mars au matin pour discuter d'une nouvelle mobilisation à venir. Le mouvement de grève contre la réforme des retraites pourrait reprendre de plus belle très bientôt, peut-être même avant la journée du 31 mars.

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