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Politique

Le département rompt vingt ans d'inaction de l'État : il lance les travaux sur la RD1075

lundi 14 janvier 2019 à 17:51 Par Gérard Fourgeaud, France Bleu Isère

C'était l'Arlésienne. L'État en parlait depuis vingt ans, le département va le faire. Le conseil départemental de l'Isère annonce ce lundi matin un programme d'amélioration de la route départementale 1075, la route de Grenoble à Sisteron, sur la partie Iséroise entre Monestier et la Drôme.

la D1075, une route dangereuse
la D1075, une route dangereuse © Radio France -

Sisteron, France

Onze créneaux de dépassements et de nombreux aménagements de sécurité

Pour le département, il y a beaucoup trop d'accidents sur la RD 1075 (ancienne N 75) : 150 accidents graves ou mortels où le département a dû intervenir, en secours, ces dix dernières années. La concertation commence cette semaine avec trois réunions publiques, la première le 4 février à Saint-Martin-de-Clelles et huit permanences publiques dans les huit communes concernées : la première le 25 janvier, à Saint-Michel-les-Portes. 

56 millions d'euros seront investis dans les prochaines années pour aménager les carrefours et créer des créneaux de dépassement sur 32 km. Bernard Pérazio, vice-président des routes au conseil départemental, espère un début des travaux dès le courant de 2019, pour ceux qui ne nécessitent pas d'enquête publique. 56 millions d'euros, c'est le plus gros chantier de la présidence Barbier.    

Depuis la fin des travaux de l'A51, entre Vif et Monestier, en 2007, il ne s'est plus rien passé

L'idée au siècle dernier, c'était de construire une autoroute, l'A51 de Grenoble jusqu'à Aix en Provence, par Sisteron : 250 km. Aujourd'hui, il reste encore 100 km à réaliser entre Monestier-de-Clermont et Sisteron.  

Cette route, c'est l'Arlésienne. En 1995, pour Bernard Pons, ministre RPR de l'Équipement, c'est décidé, l'autoroute passera pas l'est de Gap. c'est sûr. Mais en 1997, pour gagner les élections Lionel Jospin à céder le dossier  aux écologistes qui annule l'autoroute. Dominique Voynet ministre de l'aménagement du territoire propose un arrangement de la Nationale 75 qui ressemble beaucoup à ce que va faire la majorité de droite du département. Sauf qu'elle elle n'a pas mis un centime sur l'affaire.   

Quand la droite reprend les rênes du pays, après une concertation menée par la Commission nationale pour le débat public, le Ministre, Dominique Perben annonce, en 2006, que c'est le tracé par l'Est de Gap qui est retenu : le plus long, le plus difficile du point géologique et donc le plus cher, et donc, le moins réaliste, surtout avec la crise de 2008 qui vide les caisses.  

Ensuite, en 2011, sous François Hollande, la route est inscrite au schéma national prioritaire, mais pas un euro n'y est affecté.  

Finalement, quand Paris s'est occupé du dossier, ces 20 dernières années, il ne s'est rien passé.  Les gouvernements de droite voulaient une autoroute de 250 km, mais les exigences du département des Hautes-Alpes, de passer par l'est de Gap, avec un tracé beaucoup plus long, difficile géologiquement et donc beaucoup cher ont plombé l'affaire.  

En Isère, les socialistes voulaient une autoroute par Veynes,  mais à Paris , il leur fallait les voix écologistes pour être élus. Et ces derniers ont exigé l'annulation de l'A 51 pour entrer au gouvernement.  Il y a 20 ans, la ministre Dominique Voynet avait proposé un aménagement de la nationale 75 qui n'a jamais démarré. C'est un peu ce que va faire le conseil départemental de l'Isère et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, il affectera 56 millions à cette opération de sécurité, en attendant d'éventuelle subvention de Paris, Lyon ou Marseille, siège du gouvernement et des conseils régionaux concernés.