Politique

Le député PS du Sud Gironde, Gilles Savary tacle sans ménagement les frondeurs socialistes

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde jeudi 19 février 2015 à 6:00

Gilles Savary dans le studio de France Bleu Gironde
Gilles Savary dans le studio de France Bleu Gironde © Radio France

Après le passage en force du gouvernement sur la loi Macron, la motion de censure demandée par l'UMP ne devrait pas être votée ce jeudi après-midi. Si les centristes de l'UDI et le Front de Gauche compte donner leurs voix, les frondeurs socialistes vont s'abstenir comme les écologistes. Gilles Savary, député socialiste, épingle ce qu'il voit comme une incohérence. Entretien.

France Bleu Gironde :Quel est votre sentiment après cet épisode politique ?

Gilles Savary :  C’est un moment politique qui va sceller l’impuissance complète et le demi-courage ou la demi-lâcheté des frondeurs. Ils ont fait en sorte d’imploser leur propre partie et leur propre gouvernement. C’est passé à deux doigts, s’il n’y avait pas eu le 49.3. Et ils ne vont pas aller au bout avec la censure. C’est un drame du parti socialiste dans une période où le pays est en proie à 1.000 dangers. C’est une très grande irresponsabilité de la part d’un certain nombre de mes camarades socialistes notamment de gens qui ont profité de la vague rose de François Hollande. C’est très grave. Je le dis comme je le pense.

Pourquoi ces mots ?

C‘est d’une immaturité et d’une irresponsabilité pour laquelle j’ai effectivement des mots et des regards très dures, mais ça ne concerne qu’une toute petite minorité du groupe qui manipule l’opinion à longueur de journée, qui se fait valoir dans les médias à longueur de journée. On ne peut plus communiquer sur ce que l’on fait car immédiatement il y a une communication péjorative qui sort de nos propres rangs. Comment voulez-vous que les français ne doutent pas ? En tout cas, ce qui ne sort pas renforcé, c’est le groupe socialiste de l’Assemblée nationale.

C’est-à-dire ?

C’est nous qui nous sommes faits mal. C’est nous, le Parti socialiste et les parlementaires socialistes qui nous sommes faits mal. C'est ça qui est désolant. Le parti a toujours été un parti de mouvement. Il a toujours bougé. On n’est pas le parti du conservatisme à ne pas toucher aux notaires, aux grandes surfaces commerciales, au permis de conduire. Ça n’est pas ça le parti socialiste. Ça n’a jamais été ça. Sous Mitterrand, les efforts demandés ont été infiniment plus puissant et plus lourd. Même sous Jospin, on privatisait à tour de bras. Sous Mitterrand, on a fait le franc fort, on a « désintermédié » le système financier bancaire. Il y a eu des reformés considérables. Donc le parti socialiste, ce n’est pas l’immobilisme, ce n’est pas la coalition des conservatismes, ce n’est pas le regard en arrière surtout pas dans une période où ça va si vite.

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