Politique

Le Front national doit rembourser 300.000 euros au Parlement européen avant minuit

Par Thibaut Lehut, France Bleu mardi 31 janvier 2017 à 12:04 Mis à jour le mardi 31 janvier 2017 à 17:53

Marine Le Pen au Parlement européen, à Strasbourg.
Marine Le Pen au Parlement européen, à Strasbourg. © AFP - Frédérick Florin

Le Parlement européen, qui estime que Marine Le Pen a perçu des sommes pour rémunérer des collaborateurs qui auraient en réalité travaillé pour le Front national, a envoyé des lettres de recouvrement. La première d'entre elles prend effet ce mercredi à minuit.

Le Front national doit rembourser 298.400 euros au Parlement européen avant ce mercredi, minuit. Selon le magazine Challenges, l'institution strasbourgeoise a en effet envoyé à Marine Le Pen, présidente du parti, une lettre de recouvrement. Cette dernière, postée le 9 décembre, prend effet le 1er février. En l'absence de remboursement dans les délais requis, Marine Le Pen pourrait se voir retirer 50% de son salaire de parlementaire.

Des salaires indûment perçus ?

La présidente du Front national, qui refuse de rembourser cette somme, est mise en cause dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national. Ces derniers ont-ils touché des salaires auxquels ils n'avaient pas droit au Parlement européen à Strasbourg ? Des juges d'instruction parisiens enquêtent sur ces soupçons, puisqu'une information judiciaire pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé, a été ouverte le 15 décembre dernier.

Cette première lettre de recouvrement concerne le cas de Catherine Griset, une assistante accréditée et rémunérée par Strasbourg entre 2010 et 2016, mais dont le Parlement considère qu'elle exerçait en fait une activité au siège du Front national à Nanterre. Une seconde lettre a été envoyée mi-janvier, concernant un autre assistant qui est aussi garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier. Dans ce cas-ci, la présidente du FN est sommée de rembourser 41.500 euros pour des rémunérations versées en 2011. Le recouvrement commencera à une date ultérieure, la lettre ayant été envoyée plus tardivement.

À l'origine de cette affaire : une enquête conduite depuis mars 2015 par le parquet, qui avait été saisi par le Parlement européen. L'institution avait des soupçons sur les conditions dans lesquelles étaient employés et payés 20 assistants frontistes au Parlement européen, car leurs noms apparaissaient aussi sur le dernier organigramme du parti en France. Ce qui laissait supposer que ces personnes étaient affectées à d'autres tâches que leur activité à Strasbourg, tout en étant rémunérées par des fonds européens.

Jean-Marie Le Pen également dans le viseur

Ces deux lettres de recouvrement font suite à une démarche lancée en août 2016 par l'organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf). Ce dernier avait demandé au Parlement européen de recouvrer 3 les 39.946 euros auprès de Marine Le Pen elle-même. L'avocat de l'eurodéputée avait annoncé un recours. Le Parlement européen a également réclamé 320.000 euros à Jean-Marie Le Pen, lui aussi élu à Bruxelles et à Strasbourg.

Les ennuis judiciaires se sont accumulés pour le FN, qui a déjà été renvoyé en procès ainsi que deux de ses cadres, dans l'affaire du financement de ses législatives en 2012. Le procès n'a pas encore eu lieu.