Politique

Le Front National lance un collectif de patrons en Sarthe

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine jeudi 19 janvier 2017 à 21:30 Mis à jour le vendredi 20 janvier 2017 à 11:04

Thierry Perez secrétaire général et Mikael Sala président de Croissance Bleu Marine, le collectif de patrons du Front National, l'avocat Philippe Condé-Riquer et Pascal Gannat du FN 72
Thierry Perez secrétaire général et Mikael Sala président de Croissance Bleu Marine, le collectif de patrons du Front National, l'avocat Philippe Condé-Riquer et Pascal Gannat du FN 72 © Radio France - Marie Mutricy

Le Front national sarthois a lancé jeudi soir le collectif Croissance Bleu Marine local, en présence des représentants nationaux de ce mouvement dédié aux patrons. Une trentaine de chefs d'entreprise a participé à un dîner-débat pour entendre les propositions du parti de Marine Le Pen.

Rassembler une trentaine de chefs d'entreprise à un dîner organisé par le Front National, le secrétaire départemental n'y croyait pas : "c'était un véritable challenge dans un département dominé par la gauche dans certaines zones et par la droite classique dans le reste du territoire et ça a fonctionné". Une trentaine de patrons sarthois a participé à un dîner organisé par le collectif Croissance Bleu Marine. Un rassemblement de chefs d'entreprise favorable aux idées du FN, dont le président Mikaël Sala ancien administrateur de la CGPME et le secrétaire général Thierry Perez, ont fait le déplacement au Mans jeudi soir.

Sortir de l'Europe

L'une des principales propositions du programme économique du Front National, c'est le "retour à la souveraineté de la France" et l'abandon de l'euro. Une mesure qui n’effraie pas Mickaël Guignier, jeune dirigeant d'une entreprise de tourisme médical :

Nous n'avons pas forcément besoin de l'Union Européenne pour exporter, même si le marché unique nous facilite les choses. Mais je commerce avec la Russie. Aujourd'hui l'UE m'interdit plus ou moins de commercer avec ce pays. C'est une politique que les sociétés ne suivraient pas forcément.

Au dîner, la trentaine de participants est en majorité issue de l'artisanat. "Et 85% des participants ne sont pas des adhérents du Front national" précise Pascal Gannat, le secrétaire départemental du parti.

Montrer "qu'on n'est pas des sales fascistes"

Mais dire qu'on vote FN dans le milieu des entrepreneurs n'est pas bien vu. En France, un seul patron professe ouvertement son soutien à Marine Le Pen, c'est Charles Beigbeider, le créateur de Poweo qu'il a depuis revendu, et multi-entrepreneur. Peur de perdre un marché public ou des relations d'affaires expliquent plusieurs membres à la permanence du parti au Mans, jeudi soir. Et aucune organisation et club de chefs d'entreprise en Sarthe n'a souhaité commenter la création du collectif Croissance Bleu Marine dans le département. Mais l'artisan-peintre à Beaufay Mathias Legeay, l'un des organisateurs du collectif croissance Bleu Marine en Sarthe, assume son choix : "je n'hésite pas à communiquer sur le Front Nntional."'

C'est un pas qu'il faut franchir. Les gens en ont besoin, ils ont besoin d'être rassurés sur le fait qu'on n'est pas des sales fascistes comme certains voudraient le faire penser. On est aussi des gens qui réfléchissons et qui faisons tourner la France. On est des employeurs et on a besoin aussi d'être appuyé. Et non pas qu'on nous appuie sur la tête.

L'entrepreneur qui emploie une salariée et deux apprentis n'a pas digéré la concurrence, qu'il juge déloyale, des travailleurs détachés, des auto-entrepreneurs et le coût du régime social des indépendants.