Politique DOSSIER : LE + INFO de France Bleu Bourgogne

LE + INFO - Trois idées reçues sur les sondages d'opinion

Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne vendredi 21 avril 2017 à 9:23

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photo d'illustration © Maxppp - Patrice Magnien

On se plonge dans les coulisses de la fabrication des sondages d'opinion. Il y en a plusieurs par jour en ce moment, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle. Camelia Goga, statisticienne à l'Institut de Mathématiques de l'Université de Bourgogne nous aide à les décrypter.

Sur France Bleu, pendant la campagne, on a choisi de ne pas diffuser de sondages pour se concentrer sur les reportages. Mais on ne peut pas échapper aux enquêtes d'opinion, puisque les médias et les partis en publient plusieurs par jour. Sauf qu'ils ne reflètent pas toujours la réalité et sont parfois complexes à décrypter. Camelia Goga, statisticienne à l'Institut de Mathématiques de l'Université de Bourgogne nous aide à y voir plus clair.

Les sondages peuvent dire qui est en tête des intentions de vote pour la présidentielle ces jours-ci

FAUX : Camelia Goga explique que la marge d'erreur est très importante. Elle n'est pas assez visible dans les sondages d'opinion, mais les statisticiens estiment que les principaux candidats sont tellement proches, qu'en prenant en compte la marge d'erreur, personne ne peut dire scientifiquement qui est en tête dans l'opinion publique aujourd'hui.

Les panels interrogés dans les sondages sont représentatifs de la société française

VRAI ET FAUX : La méthode des quotas, qui est la méthode appliquée pour les enquêtes d'opinion, se base sur un panel de 1000 ou 1500 personnes choisies sur des critères d'âge, de sexe, de profession, de taille d'agglomération, etc, pour refléter exactement la structure de la population française. Sauf qu'on constate depuis quelques années, qu'il y a de plus en plus de gens qui ne répondent pas à ces sondages, ce qui réduit parfois la taille des panels. De plus, pour des raisons de coût, les enquêtes se font de plus en plus par internet, "ce qui exclut tous ceux qui n'ont pas internet à la maison, remarque Camelia Goga, et on constate aussi que les familles aisées, qui elles ont internet, ne répondent que très rarement à des sondages sur le net. " Ce qui introduit donc ce que les statisticiens appellent un biais dans les enquêtes.

Les sondages sont truqués

VRAI ET FAUX : La manière dont les questions sont posées peut parfois influencer la réponse des sondés. Les panels ne sont donc pas toujours représentatifs. Et pour être le plus précis possible, il faut bien lire toutes les petites lignes de la notice explicative des sondages. " Certaines personnes voient les sondages comme une sorte d'oracle, explique Camelia Goga, mais ce n'est pas le cas, c'est une enquête sur l'opinion à un instant T, et cette enquête est orientée par un certain nombre de biais qu'il ne faut pas oublier de prendre en compte ."