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Le ministre Jean-Michel Baylet à Poitiers sans les millions réclamés par les départements

Par Delphine Garnault, France Bleu La Rochelle et France Bleu Poitou vendredi 7 octobre 2016 à 21:21

C'est Jean Michel Baylet, Ministre des Collectivités Territoriales qui a clôturé le congrès de Poitiers
C'est Jean Michel Baylet, Ministre des Collectivités Territoriales qui a clôturé le congrès de Poitiers © Radio France - Delphine Garnault

Jean Michel Baylet, le ministre des collectivités territoriales, est venu à Poitiers ce vendredi, au dernier jour du Congrès de l'Assemblée des départements de France (ADF). Il n'a pas répondu aux demandes des départements.

Ils avaient prévenu : l'accueil serait républicain, courtois mais pas chaleureux. L'Assemblée des départements de France (ADF), majoritairement à droite, tenait son congrès au Futuroscope à Poitiers depuis jeudi et a clôturé son congrès ce vendredi midi, sans avoir obtenu gain de cause auprès du gouvernement. Dans une motion adoptée à l'unanimité des membres de l'ADF, les départements avaient demandé que le fonds d'urgence débloqué en leur faveur soit porté à 400 millions d'euros et non pas 200 comme l'avait annoncé le gouvernement. Ils ont aussi demandé que certaines dispositions du projet de loi finances 2017 soient retirées : selon l'ADF, cela pénaliserait les départements à hauteur de 400 millions d'euros.

Les finances publiques ce n'est pas la loterie ou le jack pot" - Jean-Michel Baylet

Jean Michel Baylet n'a pas répondu à leurs attentes. "Sur le fonds d'urgence, on est passé de 50 millions d'euros à 200 millions d'euros, maintenant on me demande 400. Les finances publiques ce n'est pas le jackpot ou la loterie !" s'est-il exclamé. Quant à la loi de finances 2017, il a renvoyé la balle dans le camp des parlementaires. Jean-Michel Baylet n'a pas manqué de faire remarquer aux départements qu'ils avaient refusé la main tendue par le gouvernement sur la recentralisation du RSA "pour une histoire d'année de référence".

Dominique Bussereau, le président Les Républicains de l'ADF, a regretté ne pas avoir été entendu. "Le ministre aurait pu éviter de renvoyer vers les parlementaires et proposer d'en parler au Premier ministre pour supprimer ces dispositions". Dominique Bussereau, également président du conseil départemental de Charente-Maritime, a ajouté : "on nous flatte mais c'est comme une Saint-Valentin sans le bouquet de fleurs", tout en reconnaissant qu'il s'attendait à cette absence de réponse.

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D'ailleurs, juste avant, Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne, ancien Premier ministre, présent au dernier jour du congrès, avait ironisé en expliquant savoir ce que c'est quand "un Premier ministre envoie un ministre à sa place". Le discours de Jean-Michel Baylet a d'ailleurs été entrecoupé par des réflexions et remarques d'élus en colère, le ministre leur faisant même remarquer que "si vous ne voulez pas des 200 millions d'euros, je les reprends". Dans l'assemblée, une banderole a même été déployée pour exprimer la grogne

Tous se sont cependant séparés en louant l'organisation du Congrès par le département de la Vienne.

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