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Politique

Le "niet" du Premier ministre aux régions

jeudi 28 septembre 2017 à 17:07 Par Hélène Battini et Pierre-Louis Sardi, France Bleu RCFM

Ce jeudi lors du 13ème congrès des Régions de France d'Orléans, le Premier ministre a annoncé une réduction de 450 millions d'euros de la ressource attribuée aux régions pour 2018, provoquant la colère des présidents de ces collectivités, parmi eux Gilles Simeoni le président de l'exécutif insulaire

Edouard Philippe, le Premier ministre, au 13ème congrès des Régions de France
Edouard Philippe, le Premier ministre, au 13ème congrès des Régions de France © Maxppp - maxppp

corse

« Oser l’expérimentation régionale », c'est le thème du Congrès 2017 des régions de France qui se déroule en ce moment à Orléans. A l’invitation de la région Centre-Val de Loire, cette 13ème édition du grand rendez-vous annuel des élus régionaux, et auquel Gilles Simeoni participe, se déroule dans un climat plutôt tendu entre les présidents des régions et le gouvernement. 16 présidents ont signé dans le journal "Le Monde" une tribune dans laquelle ils dénoncent : une réduction de 450 millions d'euros de la ressource attribuée aux régions pour 2018 et demandent à l'exécutif de « tenir ses engagements financiers et de leur faire confiance pour agir dans leurs domaines de compétences ».

"J’entends bien m’engager à ce que je peux tenir"

Ce jeudi matin, le Premier ministre a confirmé qu'il supprimait ce fonds. Un engagement qui avait pourtant été pris par son prédécesseur, Manuel Valls, lorsqu’il avait annoncé à Reims que cela s’inscrirait ensuite dans la loi. A l’époque, la question avait été directement posée par les présidents des régions : est-ce que oui ou non vous souhaitez transférer les compétences dans les domaines qu’on sait, l’économie ? La formation ? En corollaire, il y avait la création de ce fonds de 450 millions d’euros, un fonds de développement à répartir entre les régions.

Édouard Philippe, le Premier ministre : « Nous avons décidé de ne pas intégrer le fonds exceptionnel de 450 millions d’euros dans le montant de la TVA qui vous sera alloué. Pourquoi ? D’abord parce-que comme son nom l’indique il s’agissait d’un fonds exceptionnel et que par nature l’exception n’a jamais vocation à devenir la règle. Ensuite parce-que je ne veux pas rentrer dans une politique qui serait fondée sur des chèques en blanc ou en bois. Vous avez dit monsieur le président et vous avez raison de le dire qu’il convient lorsque l’on s’engage de tenir ses engagements, au moins autant que cela il convient lorsque l’on s’engage de ne s’engager qu’à ce que l’on peut tenir et j’entends bien m’engager à ce que je peux tenir, c’est aussi un élément de la confiance avec le caractère direct des échanges. »

Une situation de crise majeure

Le premier ministre Édouard Philippe a dit « niet », au titre des économies. D’où la colère des présidents de régions, qui ont tout de suite organisé une conférence de presse pour dire que c’était « un scandale, une remise en cause de la parole donnée », une crise de confiance donc et une volonté de ne pas aller finalement dans le sens de la décentralisation et le renforcement du rôle des régions. Tant que l’État ne reviendra pas sur sa décision, les régions ne participeront plus à la conférence des territoires, c’est l’instance que le président lui-même avait proposé en juillet dernier dans le cadre de la réforme administrative, donc la décentralisation. La Corse est bien sûr concernée au premier chef, puisqu’on sait qu’elle est un petit peu la figure de proue en matière de décentralisation dans la carte administrative de France.

Gilles Simeoni, le président de l'exécutif de Corse : « On est dans une situation de crise majeure, au-delà de l’aspect financier c’est fondamentalement la question de la confiance entre l’État d’un côté et les collectivités de l’autre. A notre niveau beaucoup plus politique, la confiance entre l’État et la Corse. Aujourd’hui les régions de droit commun et leurs présidents, toutes opinions politiques confondues, sont véritablement scandalisées par cette attitude, et donc nous avons à l’unanimité pris une décision forte, celle d’interrompre la participation des régions à la conférence des territoires tant que le gouvernement ne sera pas revenu sur ce principe de suppression du fonds de développement. »