Politique

Le Parti socialiste sonné par une vague bleue historique dans le Nord Pas-de-Calais

Par Eric Turpin, France Bleu Nord lundi 31 mars 2014 à 11:00

Gilles Pargneaux, le responsable du PS dans le Nord, lors de la soirée électorale de France Bleu Nord
Gilles Pargneaux, le responsable du PS dans le Nord, lors de la soirée électorale de France Bleu Nord © Pierre-Henri Xavier - Radio France

La droite a réussi de gros coups dans la métropole lilloise en prenant des villes comme Tourcoing, Roubaix, mais aussi dans d'autres fiefs régionaux comme Maubeuge, Béthune et Fourmies. Seul Douai fait le chemin inverse et bascule à gauche. Martine Aubry conserve la ville de Lille. Mais risque de perdre l'agglomération. C'est la déroute pour le Parti socialiste.

Même si elle garde Lille, la gauche perd plusieurs de ses bastions dans le Nord-Pas-de-Calais au profit de la droite. Le Front National confirme son implantation après l’élection dès le premier tour de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. C'est une déroute pour le Parti socialiste, reconnait Gilles Pargneaux, son patron dans le Nord.

"C'est une claque" - Gilles Pargneaux, patron du PS dans le Nord

Martine Aubry a retrouvé son fauteuil de maire. Le candidate PS EELV a été largement réélue avec 52,06% des voix pour un troisième et dernier mandat à Lille. Elle fait mieux qu’en 2001 où il y avait aussi une triangulaire avec le Front National.Mais elle pourrait perdre la présidence de l’agglomération lilloise après le basculement à droite de deux villes importantes, Roubaix et Tourcoing.

"Gagnez Tourcoing, c'est grimper l'Hymalaya avec des tongues" - Gérard Darmanin, son nouveau maire

A Boulogne sur Mer, le ministre des Transports et de la Mer, Frédéric Cuvillier est réélu largement avec 54,8% des suffrages. Il devance le Front National, désormais bien installé comme deuxième force politique à Boulogne avec 26,14% position. Frédéric Cuvillier, seul membre du gouvernement tête de liste aux municipales avait toutefois été élu dès le premier tour en 2008.

Frédéric Cuvillier réélu à Boulogne sur Mer

Le Front National confirme sa percée

Le Front National, qui avait créé la surprise avec la victoire de Steeve Briois à Hénin-Beaumont dès le premier tour dimanche dernier, a pris la deuxième place à Outreau, ville voisine de Boulogne sur Mer, ainsi que dans plusieurs villes du Pas-de-Calais comme Bruay-la-Buissière (40,29%), Carvin (37,34%) ou encore Billy-Montigny (31,75%).

Dans le Nord, la gauche, qui gérait 14 municipalités de plus de 20.000 habitants sur 21, n'en détient plus que dix. Elle a perdu Maubeuge, Hazebrouck et Loos, dans des triangulaires avec le Front national. Une consolation : Le Parti socialiste ravit Douai à la droite. Le nouveau maire, socialiste, s'appelle Frédéric Chéreau.

A Valenciennes, le maire UDI sortant, Laurent Degallaix est reconduit, sans surprise avec en dernière position sur la liste Jean Louis Borloo. 

Fin de règne ou impossible retour

A Dunkerque, c’est une fin de règne pour le socialiste Michel Delebarre, maire depuis 25 ans. Il a été sévèrement battu par son ancien adjoint aux Sports, Patrice Vergriete. Le divers gauche l'a emporté avec 55,53% des voix contre 26,27% pour l’ancien ministre de François Mitterrand Delebarre. Le Front National Philippe Eymery récolte 18,2%.

Le reportage à Dunkerque de Matthieu Darriet

Un autre ancien ministre socialiste a échoué dans sa tentative de retour. Il s’agit de l’ancien maire de Béthune Jacques Mellick, condamné à cinq ans d'inéligibilité en 1997 pour un faux témoignage en faveur de Bernard Tapie dans l'affaire VA-OM. Olivier Gacquerre, le candidat de droite, prend la ville au maire divers gauche Stéphane Saint André.

Le reportage à Béthune de Emma Sarango

A Calais, Nathalie Bouchard, la maire sortante UMP réussit à conserver son fauteuil dans la première ville du Nord. Elle était menacée par une liste d’union de la gauche avec Jacky Hénin, ancien maire communiste, et le socialiste Yann Capet.

 

L'analyse politique de Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille

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