Politique

Le patron des cheminées Poujoulat écrit à ses salariés pour la Présidentielle

Par William Giraud, France Bleu Poitou et France Bleu vendredi 21 avril 2017 à 17:51 Mis à jour le vendredi 21 avril 2017 à 21:00

Le tract distribué dans l'usine de Tourcoing.
Le tract distribué dans l'usine de Tourcoing. - CGT

Frédéric Coirier, président du directoire du fabricant de cheminées niortais, a envoyé une lettre à ses 1.500 employés. Lettre dans laquelle il les met en garde avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Frédéric Coirier, président du directoire de Poujoulat, n'est pas du genre à avoir sa langue dans sa poche. A quelques jours du premier tour de la présidentielle, alors que la bataille s'annonce plus indécise que jamais, il a décidé de prendre la plume pour écrire à ses salariés.

"Promesses irréalistes"

Dans le courrier qu'il leur a envoyé, le dirigeant ne donne pas de consigne de vote précise. Mais il met en garde ses employés notamment contre les "promesses irréalistes de certains candidats". Extrait : "Nous assistons actuellement à une surenchère de propositions fantaisistes et de plus en plus coûteuses. ces propositions ne sont pas soutenables car notre pays croule déjà sous la dette."

"Démarche infantilisante"

Une initiative qui en a fait réagir certains en interne. A l'usine Poujoulat de Tourcoing dans le Nord, la CGT a publié un tract dans lequel le syndicat s'interroge sur une forme "d'embrigadement politique". Pour Habib Hamdoud, membre de l'union locale CGT de Tourcoing, à l'origine de la médiatisation de ce courrier, "M. Coirier fait preuve de paternalisme voire de mépris. Le message reçu ? Vous n'êtes pas assez intelligents, vous êtes trop bêtes, vous ne connaissez pas vos intérêts. C'est une démarche infantilisante".

Peu de réactions au siège

Une vision pas forcément partagée au siège de Poujoulat dans les Deux-Sèvres où travaillent environ 700 personnes. A Saint-Symphorien, les salariés et les représentants du personnel que nous avons contacté ne souhaitent pas réagir officiellement. Ce courrier suscite davantage l'indifférence. Certains parlent de maladresse, d'autres jugent l'initiative louable. Mais personne ne souhaite commenter véritablement. Contactée, la direction de Poujoulat est restée injoignable.