Politique

Le "pécule" des enfants placés : la sénatrice mayennaise Elisabeth Doineau au coeur d'une polémique

Par Germain Treille et Fabien Burgaud, France Bleu Mayenne et France Bleu mercredi 15 novembre 2017 à 10:27

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Photo d'illustration © Maxppp - Denis Sollier

L'élue centriste Elisabeth Doineau est visée par une pétition qui a recueilli 8.200 signatures. Une pétition pour dénoncer son amendement qui sera discuté, ce mercredi 15 novembre, au Sénat. Il vise à réformer le "pécule" des enfants placés. Au total, 300.000 mineurs sont concernés.

Depuis l'an dernier, ces mineurs reçoivent une allocation de rentrée scolaire pour chaque année de placement, entre 360 et 393 euros. Sa probable suppression inquiète les associations. L'auteur de la pétition, Lyes Louffok, a été un enfant placé. Aujourd'hui, membre du conseil national de la protection de l'enfance, il juge dangereux cette suppression car le "pécule" à 18 ans, c'est indispensable explique-t-il : "il nous permettait quand même ne serait-ce que financer le premier mois de caution pour un appartement. On ne sort pas avec 15.000 euros à la fin, on part avec 1.200, 1.400 et même un peu plus si on a été placé un peu plus longtemps".

Une polémique inutile répond la sénatrice Elisabeth Doineau, elle souhaite juste changer le mode de financement : "tout enfant qui arrive à 18 ans a les mêmes besoins quels qu'ils soient en sortant de l'aide sociale à l'enfance. Pourquoi certains auraient le montant d'une allocation de rentrée scolaire et d'autres n'en auraient pas ?"

Pour l'élue UDI de la Mayenne, le plus important, c'est ce qui se passe après la majorité, il faut, poursuit-elle, un meilleur suivi : "plutôt que de l'argent il faut de l'accompagnement. Même si j'entends qu'il faut un petit pécule. Il y a plein de dispositifs dans les départements qui favorisent, par exemple, le financement d'un véhicule, l'obtention du permis de conduire, l'arrivée dans un logement. Et donc il faut aussi entendre que ces enfants ne sont pas jetés, comme ça, à la rue".

Selon l'INSEE, chiffre qui remonte à 2012, un SDF sur quatre est un ancien enfant placé.