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Politique

Le premier budget de la collectivité de Corse adopté

mercredi 30 mai 2018 à 17:53 Par Hélène Battini, Olivier Castel et Maxime Becmeur, France Bleu RCFM

L'assemblée de Corse est réunie depuis ce mercredi matin en session extraordinaire. Une session prévue pour durer deux jours et consacrée en grande partie au premier budget de la nouvelle collectivité de Corse. Un budget adopté ce mercredi soir avec les voix de la majorité nationaliste.

Le premier budget de la collectivité de Corse débattu en session extraordinaire ces 30 et 31 mai 2018.
Le premier budget de la collectivité de Corse débattu en session extraordinaire ces 30 et 31 mai 2018. © Maxppp - maxppp

Corse, France

Le premier budget primitif de la nouvelle collectivité de Corse a été adopté ce mercredi soir. Une adoption grâce aux élus de la majorité nationaliste, les deux groupes de droite ont voté contre et le groupe "Andà per dumane" s'est abstenu.

Gilles Simeoni a plaidé pour son budget 

Avant d'examiner le nouveau budget primitif de la CDC, le président de l'Exécutif de Corse a consacré plus d'une heure à défendre le budget qu'il a concocté. Un budget de 1,257 milliard d’euros en dépenses réelles, dont 902 millions d'euros en fonctionnement et 355 millions d'investissements. La dette, elle, atteint 870 millions d'euros.

« Ce travail est nécessairement je ne dirais pas incomplet mais non totalement complet… 

Il reste encore des données à affiner ou à récolter, des instruments de mesure et de contrôle budgétaire à créer, il y a aussi une administration nouvelle qui est en train de se construire et l’ensemble de ces phénomènes impactera nécessairement le rythme et les modalités de l’exécution budgétaire… Il pourrait donc y avoir un décalage plus important que d’habitude entre le budget primitif et le budget supplémentaire notamment en fonction de l’exécution budgétaire et de notre capacité à tenir les perspectives et projections budgétaires que je vais vous proposer d’arrêter. Globalement je pense que ce _budget est loyal, sincère, ambitieux_, le fruit des efforts que nous avons fait et décline pour la première fois avec autant de clarté la concrétisation et la mise en œuvre des choix politiques fondamentaux pour lesquels nous avons été élus. »

Les 3 budgets des deux départements et de l'ex CTC vont fusionner, dans cette macro collectivité. De quoi supporter les charges de fonctionnement, notamment les 1400 agents que comptaient les 3 entités. De plus, les routes départementales, l'aide sociale et la santé font leur entrée dans les compétences.

Les dépenses de fonctionnement, 902 millions d'euros, sont en augmentation et cela  pourrait bien créer des turbulences dans l'assemblée. La majorité avait voté le refus, il y a un mois, de signer avec l'Etat le contrat qui sanctionnerait la CDC en cas de dépassement de plus de 1,2 % de ces dépenses. 

L'opposition très partagée 

Le groupe "Pè l'avvene" de Jean-Martin Mondoloni a voté contre ce budget. Pour son chef de file, il n'est pas à la hauteur de ce qu'attendent les Corses. 

« Ce budget qui n’est pas le premier mais le troisième de la majorité nationaliste, manque de souffle, ne hisse pas le niveau d’investissement au plafond de ce que nous devons faire… Pour des raisons politiques je veux rappeler que ça ne gênait personne à l’époque que les nationalistes au motif qu’ils étaient nationalistes puissent voter contre le budget de la majorité d’alors. _Un budget ce n’est jamais que la déclinaison chiffrée d’ambitions politiques_… »

Un manque d'ambition avancé également par Valérie Bozzi et le mouvement "La Corse dans la république" qui a également voté contre le budget, évoquant aussi des irrégularités dans ce dernier. Valérie Bozzi : « Ce budget est plutôt inquiétant pour l’avenir de la collectivité de Corse. Il y a de nombreux manquements, des délibérations qui n’ont pas été inscrites, le contentieux avec la Corsica Ferries a été dit non provisionné en totalité alors qu’il y a une décision de justice, cela remet en cause la sincérité du budget. Les nombreux impayés de 2015 n’ont pas été inscrits, pourtant les entreprises, communes, associations attendent des paiements…un budget qui manque d’ambition. »

François Orlandi, pour le groupe Andà Per Dumane, a prévenu : le groupe s'est abstenu

« Président à votre introduction, on retiendrait presque que rien n’a été fait précédemment, et le peu mal fait. _Je fais partie avec nombre de nos collègues ici présents de ceux qui ont travaillé honnêtement, consciencieusement, efficacement au service de nos institutions et de la Corse_. Le dénigrement que certains entretiennent savamment et de manière récurrente a pour effet de diviser notre société qui a plus besoin de solidarité. Je dis à celles et ceux qui disent vouloir créer les conditions d’une Corse sereine et apaisée, d’avoir peut-être une autre approche… »

Les dettes cumulées des trois ex collectivités atteignent donc les 809 millions d’euros dont 600 pour l'ex CTC. Elles devraient être remboursées à hauteur de 60 millions par année budgétaire, mais seulement jusqu'en 2024.

La rigueur sera donc de mise, mais l'exécutif nationaliste veut maintenir les investissements au même niveau. 

Gilles Simeoni est longuement revenu sur le contexte financier actuel. "On doit tenir compte de la réalité objective de laquelle nous partons", a-t-il dit. Il a insisté sur les axes qu'il juge prioritaire de ce budget, comme la part consacré aux équipements structurants: le transport, la politique de l'eau, le haut débit, 382 millions seront dévolus à ces ouvrages.

#MortAuxCorses

En ouverture de cette session extraordinaire de l’assemblée de Corse, consacrée essentiellement au premier budget de la collectivité, dans son traditionnel propos introductif, Jean-Guy Talamoni a dénoncé le Hashtag #MortAuxCorses, slogan employé sur le réseau social tweeter, depuis l'affaire ACA - Le Havre. Le président de l’assemblée de Corse annonce que le collectif d'avocats qu'il a créé ira jusqu'à la cour Européenne des droits de l'Homme, pour faire reconnaître la "protection légale des Corses".

Une motion devrait être déposée par le groupe « Femu a Corsica » dans ce sens, visant aussi à condamner toutes les autres formes de racismes.