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Politique

Le projet de loi asile et immigration voté à l'Assemblée nationale

lundi 23 avril 2018 à 7:52 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le projet de loi asile et immigration, très controversé, a été adopté en première lecture dimanche soir par les députés à l'Assemblée nationale. Le député de la Vienne Jean-Michel Clément, qui a voté contre le texte, quitte le groupe LREM.

Le projet de loi a été discuté pendant plus de 60 heures par les députés.
Le projet de loi a été discuté pendant plus de 60 heures par les députés. © Maxppp - Vincent Isore

Au septième jour de débats passionnels et souvent enflammés, le projet de loi "asile-immigration" a été adopté en première lecture dimanche soir à l'Assemblée nationale avec, au final, un seul opposant LREM, le député de la Vienne Jean-Michel Clément, qui a aussitôt annoncé son départ du groupe majoritaire. 

Plus de 60 heures de débats, un millier d'amendements examinés

Après 61 heures de joutes enflammées et un millier d'amendements examinés, mais très peu adoptés, le projet de loi "pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie" a finalement été voté vers 23h en première lecture, par 228 voix contre 139 et 24 abstentions. 

Des demandes d'asile examinés plus rapidement, le "délit de solidarité" assoupli 

Le texte vise notamment  à réduire à six mois, contre onze aujourd'hui, l'instruction de la demande d'asile. Objectif affiché : faciliter à la fois l'expulsion des déboutés et l'accueil des acceptés. Dans les dernières heures, encore émaillées d'invectives, l'Assemblée a voté, au grand dam de LR y voyant une concession du gouvernement "à son aile gauche", l'assouplissement du "délit de solidarité" pour certaines personnes venant en aide aux migrants. Et le délai pour accéder au marché du travail pour les demandeurs d'asile a été ramené de neuf à six mois. 

C'est maintenant au Sénat de prendre la suite en juin, où la majorité de droite a déjà promis de "l'amender considérablement".

Droite, gauche et FN ont voté contre, le premier frondeur quitte La République en marche

Les Républicains et toute la gauche (socialistes, communistes et "Insoumis") ont voté contre, tout comme les députés FN. Au sein du groupe LREM, seul l'ex-socialiste Jean-Michel Clément a voté contre. Il a aussitôt annoncé son départ du groupe, conscient d'avoir "enfreint les règles" du groupe majoritaire. Quatorze autres députés LREM ont cependant exprimé leur désaccord avec le texte en s'abstenant. Une députée MoDem, Nadia Essayan, a également voté contre, et huit autres centristes se sont abstenus.  

Une loi "immigrationniste" pour la droite, "inhumaine" pour la gauche 

Extrêmement combatives, les oppositions (LR, FN et gauche) ont fait prolonger des débats enflammés.  Critiquant une "petite loi" d'une majorité "immigrationniste" et des "pudeurs de violette" du ministre, les Républicains ont bataillé pour durcir le texte, avec 323 amendements, tous rejetés par une majorité "sectaire", dans le sillage des propositions très droitières de Laurent Wauquiez cette semaine. Et LR de demander, plusieurs dizaines de fois, s'il y avait "un plan caché pour régulariser 40.000 étrangers en situation irrégulière".

La présidente du FN Marine Le Pen a, elle, fustigé une "loi d'organisation d'une immigration supplémentaire".  Droite et extrême droite ont été omniprésentes dans l'hémicycle jusqu'au dernier jour où le FN proposait de supprimer le droit du sol et LR de le restreindre. 

Vent debout contre une loi "inhumaine", la gauche a combattu des "régressions", comme le doublement de la durée maximale de rétention, portée à 90 jours, avec la possibilité maintenue "d'enfants derrière les barbelés". "Une loi qui fait de l'étranger un suspect", selon la communiste Elsa Faucillon. La gauche a régulièrement accusé LR de "jouer à l'idiot utile du macronisme et faire passer une loi extrême pour une loi équilibrée".