Politique

Le PS doit "envisager très vite son ralliement à Emmanuel Macron" pour Christophe Castaner

Par Charlotte Coutard, France Bleu Provence lundi 23 janvier 2017 à 10:32

Christophe Castaner, député maire de Forcalquier.
Christophe Castaner, député maire de Forcalquier. © Radio France

Benoît Hamon est arrivé en tête du premier tour de la primaire de la gauche ce dimanche, devant Manuel Valls. Environ 1,5 million d'électeurs ont voté. C'est peu. Pour Christophe Castaner, députémaire de Forcalquier et soutien d’Emmanuel Macron, le vainqueur devra donc se désister.

Benoît Hamon contre Manuel Valls. Voici l'affiche du second tour de la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle. Benoît Hamon recueille 36% des suffrages, à cinq points devant Manuel Valls (31%). Arnaud Montebourg est troisième avec 18% des voix. Environ 1,5 million d'électeurs ont voté pour ce premier tour.

Christophe Castaner, député maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), ex-tête de liste socialiste aux élections régionales en PACA et soutien d’Emmanuel Macron, demande donc le désistement du vainqueur de cette primaire au profit d'Emmanuel Macron.

Interview

France Bleu Provence : Arnaud Montebourg a appelé les électeurs à voter pour Benoît Hamon. Manuel Valls a-t-il encore une chance de remporter cette primaire ?

Christophe Castaner : Ça semble serré, mais ce que je constate, c’est que nous avons deux lignes qui sont totalement opposées, sur le revenu universel, sur le temps de travail, sur l’accueil des migrants, et qu’on va vouloir nous faire croire dimanche prochain qu’il suffit qu’un candidat soit désigné pour qu’il y ait un accord sur une politique. Ça n’est pas le cas, et ça montre bien toutes les limites de la primaire.

FBP : Le vainqueur aura des difficultés à rassembler ?

CC : Évidemment, parce qu’on a des approches qui sont diamétralement opposées. C’est toute la difficulté du Parti socialiste qui n’a pas tranché ça depuis de longues années. Il y a cinq ans, on a désigné François Hollande comme candidat, mais dans la réalité, la ligne politique n’avait pas été tranchée et c'est aussi cela qui nous a empêché de gouverner pendant cinq ans. C’est ce que nous ne voulons pas avec Emmanuel Macron.

FBP : Avec environ 1,5 million de votants, le vainqueur de cette primaire aura un problème de légitimité selon vous ?

CC : On est sur une participation largement insuffisante pour créer une dynamique pour le candidat qui sera désigné dimanche prochain. Et cette dynamique n’existant pas, face à François Fillon pour la droite réactionnaire, ou face au Front national, il n’y a pas de capacité pour le Parti socialiste de désigner un candidat qui puisse l’emporter.

"Le PS doit être responsable et doit envisager très vite son ralliement, son soutien, au seul candidat qui peut porter des idées progressistes, c’est-à-dire Emmanuel Macron."

Donc moi je lui demande ce que nous avons fait pour les régionales : on a su retirer une liste socialiste aux régionales, pour empêcher l’extrême-droite de prendre le pouvoir en faisant voter pour Christian Estrosi. Moi, je pense que le PS doit être responsable, et doit envisager très vite son ralliement, son soutien, au seul candidat qui peut porter des idées progressistes, c’est-à-dire Emmanuel Macron.

FBP : Vous demandez donc sur France Bleu Provence le désistement du vainqueur de la primaire au profit d'Emmanuel Macron ?

CC : Oui, en constatant l’échec de la primaire avec une participation qui est deux fois inférieure à celle qui avait désigné François Hollande et plus de deux fois inférieure à celle qui a désigné François Fillon.

FBP : Après la présidentielle, Emmanuel Macron va présenter des candidats dans toutes les circonscriptions pour les élections législatives. Vous serez le candidat "En Marche !" à votre propre succession en juin à Forcalquier ?

CC : Oui bien sûr, si je devais être validé, je pense que je le serai. Mais nous souhaitons des candidats issus du Parti socialiste, issus de l’UDI, issus du Centre, mais issus surtout de la société civile pour renouveler la classe politique. Des candidats qui s’engagent à donner une vraie majorité à Emmanuel Macron pour conduire les réformes dont notre pays a besoin, et qui ne soient pas l’otage des enjeux ou des accords d’appareils politiques.

FBP : Que reste-t-il de la gauche ?

CC : Sa grande fragilité, elle était profonde, elle est accentuée après cinq ans, maintenant il nous faut réinventer le Parti socialiste, il nous faut réinventer un parti démocrate en France, qui puisse ne plus s’enfermer dans ses vieux dogmes.

"Entre Manuel Valls et Benoît Hamon, il y a deux écoles totalement opposées. (...) Aucune des deux n’est en capacité de convaincre les Français dans cette élection présidentielle."

Il y a deux écoles totalement opposées. Une école qui aspire au pouvoir et tente de le gérer, et une école qui aspire à faire rêver et à rassembler très à gauche du Parti socialiste. Aucune des deux n’est en capacité de convaincre les Français dans cette élection présidentielle.