Politique

Le PS lance son référendum sur "l'unité de la gauche" aux régionales

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 16 octobre 2015 à 4:00

Jean-Christophe Cambadélis, premier sécrétaire du PS
Jean-Christophe Cambadélis, premier sécrétaire du PS © Maxppp

Le Parti socialiste organise de vendredi à dimanche un "référendum" sur l'unité de la gauche aux régionales. Un vote inutile pour certains élus de gauche, et dont le taux de participation pourrait s'avérer décevant.

"Face à la droite et à l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?" C'est cette question que pose le Parti socialiste à partir de ce vendredi et pour tout le week-end, une sorte de référendum annoncé par surprise en septembre par le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Ouvert à tous

De vendredi à 8h, jusqu'à dimanche à 20h, tout Français qui "se retrouve dans les valeurs de gauche" peut répondre via internet ou dans 2.500 points de vote à travers la France (également listés sur le site de l'opération). Pas besoin d'être inscrit sur les listes électorales, mais il faut renseigner son nom, prénom, et son adresse mail. 

Le PS veut avec cette consultation citoyenne lutter contre la division de la gauche dont l'ombre plane sur les régionales de décembre, alors qu'Europe-Ecologie-Les Verts s'est allié avec le Parti de gauche (en guerre contre le PS) dans quatre régions sur treize. Les socialistes craignent que cet éparpillement n'ouvre à la porte à une victoire du Front national dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en PACA.  

"Inutile", voire "dangereux" ? 

"On peut aussi faire un référendum pour savoir si on est pour la paix ou contre la guerre !", s'est agacée l'ancienne patronne des Verts Cécile Duflot. Au sein du PS aussi, il y a des sceptiques.

Il y a plein de gens qui se demandent à quoi ça sert (...) Je ne vois pas trop le but. Il ne va pas y avoir grand monde -  Le député de la Côte-d'Or Laurent Grandguillaume

Si le "oui" devrait l'emporter à une écrasante majorité, le taux de participation pourrait donner raison à ces critiques. Lundi, Jean-Christophe Cambadélis a revu à la baisse son objectif, passant de 300.000 à 200.000 votes espérés pour être satisfait. Quand bien même, quel peut être le bénéfice ? "C'est une manière de faire campagne, cela va créer une dynamique" veut croire un cadre du parti. 

Mais pour d'autres, Jean-Christophe Cambadélis veut ainsi affaiblir EELV, lui faire porter le poids d'une probable déroute aux régionales. "Quelle est l'utilité ? Rejeter la faute sur les autres ? mais comment faire l'union si on les a humiliés ? Si le but c'est de les affaiblir, il faut faire attention à ce que cela ne se retourne pas contre nous", met en garde un député européen de l'aile gauche du PS. "Le chantage au rassemblement crée (...) de la division", a prévenu lundi la secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse dans une lettre ouverte au Premier secrétaire du PS.