Politique

Législatives : que font Les Républicains et le PS quand leurs candidats sont partis chez La République En Marche ?

Par Géraldine Houdayer, France Bleu vendredi 19 mai 2017 à 15:40

 Lors des élections législatives, 577 députés seront élus pour siéger à l'Assemblée nationale.
Lors des élections législatives, 577 députés seront élus pour siéger à l'Assemblée nationale. © AFP - Patrick Kovarik

L'arrivée de La République En Marche dans le paysage politique perturbe la donne des partis traditionnels pour les législatives. Exclusions, désinvestitures ou attente, le PS et LR ont chacun leur stratégie face aux candidats issus de leurs rangs qui ont rejoint la majorité présidentielle.

Alors que les candidatures pour les élections législatives doivent être déposées ce vendredi à 18h, les investitures de La République En Marche, avec des candidats issus du PS ou des Républicains, viennent perturber la donne des partis traditionnels. En l'absence d'accord politique entre LREM et les deux autres partis, les socialistes et les Républicains adoptent donc leur propre ligne de conduite face aux troupes qui ont rejoint la majorité présidentielle.

LR exclut ses ministres et investit des candidats partout

L'alliance LR-UDI présente des candidats dans toutes les circonscriptions. Y compris face au ministre Bruno Le Maire, candidat dans l'Eure. Par ailleurs, le parti a exclu les trois ministres issus de ses rangs : Édouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Mais LR se montre moins sévère envers ses candidats qui avaient appelé à "répondre à la main tendue" d'Emmanuel Macron. Les cas de Nathalie Kosciusko-Morizet, Gilles Boyer et Thierry Solère seront examinés après les législatives, a indiqué mercredi Bernard Accoyer, le secrétaire général des Républicains. Ces candidats gardent en tout cas l'investiture LR.

Le PS "désinvestit" les candidats En Marche... avant des exclusions ?

Le PS ne présentera pas des candidats dans toutes les circonscriptions. Mais le parti placera des candidats socialistes face à ceux de La République En Marche. "Les candidats précédemment investis par le Parti socialiste qui ont dorénavant reçu l'investiture de la République en marche, sont désormais désinvestis par le Parti socialiste", indiquait le PS mardi. En Marche! a investi 18 députés sortants PS, dont une dizaine avaient l'investiture du parti. Ils auront donc des candidats socialistes face à eux. Quelques circonscriptions, dans lesquelles le Front national risque de l'emporter, font exception. Pour autant, ces candidats désinvestis ne seront pas forcément exclus du PS. "On verra au cas par cas" , explique Laurent Azoulay, le président de la commission des conflits du parti. "Les cas individuels sont en train de m'être remontés, plusieurs centaines de candidats sont concernés." La commission des conflits examinera les cas d'ici trois ou quatre mois. "Mais ceux qui sont candidats pour En Marche! se mettent eux-mêmes en dehors du parti", averti Laurent Azoulay. Le cas de Manuel Valls, lui, sera également tranché d'ici trois ou quatre mois.

Le cas du Modem

En vertu de l'alliance entre le Modem et LREM, la majorité présidentielle a investi environ 80 candidats issus du parti centriste aux législatives, sur les 521 candidats présentés par la majorité présidentielle. 30 à 40 circonscriptions sont considérés comme gagnables.

Des protégés de La République en Marche à gauche et à droite

Il n'y aura pas de double investiture (LR-LREM ou LR-PS) pour ces législatives, mais LREM a laissé 56 circonscriptions encore libres, n'investissant que 521 candidats, sur 577 circonscriptions. C'est le cas de celles de Thierry Solère, Franck Riester, Benoist Apparu, et Pierre-Yves Bournazel, tous les quatre Républicains. Idem pour les socialistes Marisol Touraine, Stéphane Le Foll et Myriam El Khomri. Tous ont été jugés comme compatibles avec une future majorité présidentielle. Ce sera également le cas pour Manuel Valls, qui n'est pas non plus investi par le PS et se présentera donc sans étiquette.

Les ministres qui perdent les législatives devront démissionner

Les ministres, eux, devront respecter la règle édictée par le Premier ministre. Ceux qui se présentent devront gagner s'ils veulent rester au gouvernement. "C'est la tradition républicaine", a indiqué Edouard Philippe jeudi matin sur France inter. Bruno Le Maire dans l'Eure, Marielle de Sarnez et Mounir Mahjoubi à Paris, Richard Ferrand dans le Finistère, Annick Girardin à Saint-Pierre-et-Miquelon et Christophe Castaner dans les Alpes-de-Haute-Provence joueront donc leur avenir au gouvernement dans les urnes les 11 et 18 juin.