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Politique DOSSIER : Les élections législatives avec France Bleu Creuse

Législatives 2017 : le débat d'entre deux tours France Bleu Creuse - La Montagne

mercredi 14 juin 2017 à 19:00 Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse

Le temps fort de l'entre deux tours des législatives a eu lieu ce mercredi à Guéret : les deux candidats finalistes dans l'unique circonscription creusoise ont débattu pendant une demi-heure. Débat organisé par La Montagne et France Bleu Creuse.

Les candidats à l'élection législatives en Creuse : Jean-Baptiste Moreau (La République en Marche) et Jérémie Sauty (Les Républicains)
Les candidats à l'élection législatives en Creuse : Jean-Baptiste Moreau (La République en Marche) et Jérémie Sauty (Les Républicains) © Radio France - Antoine Dubost

Creuse

Le second tour des législatives en Creuse oppose cette année deux novices en politique : Jean-Baptiste Moreau, 40 ans, agriculteur à Aulon et président d'une coopérative agricole (la Celmar), se présente pour la première fois à une élection pour La République en marche : il est arrivé en tête du premier tour avec 33,19 % des voix.

Son adversaire, Jérémie Sauty, incarne aussi le renouvellement de la vie publique : à 27 ans, il est candidat pour la première fois aux législatives pour Les Républicains. Conseiller départemental du canton d'Auzance depuis deux ans, il est fonctionnaire territorial dans le civil et est arrivé deuxième du premier tour avec 17,75 % des suffrages.

Deux amateurs pour représenter la Creuse ?

Inexpérimentés nos candidats au second tour ? Jean-Baptiste Moreau est en politique depuis quatre mois seulement, depuis qu'il a été investi parmi les 14 premiers candidats d'En Marche aux législatives ; Jérémie Sauty est dans la vie publique depuis un peu plus longtemps, deux ans, mais son expérience n'est que locale: "l'inexpérience, je ne suis pas d'accord", répond le candidat des Républicains, "je siège depuis deux ans à la commission des finances au département de la Creuse et je suis fier de donner un nouveau visage à la droite creusoise. Je ne partais pas dans les meilleures conditions pourtant, François Fillon est arrivé quatrième dans le département à la présidentielle et j'arrive à la deuxième place de ce premier tour avec le deuxième meilleur score des candidats de droite en Limousin".

"Emmanuel Macron est aussi un nouveau venu en politique", répond du tac au tac Jean-Baptiste Moreau, "effectivement je n'ai jamais été élu, je ne me suis jamais présenté à une élection mais j'ai été salarié, j'ai changé de travail plusieurs fois, j'ai même connu une période de chômage et depuis cinq ans, je suis président d'une coopérative et d'un abattoir donc je sais m'adapter et je ne pense pas que ça posera un problème à l'Assemblée. J'ai une expérience différente et c'est l'atout des candidats de la République en Marche, d'amener une diversité d'expérience au parlement, une vision nouvelle, pour changer la façon de faire de la politique".

Si vous êtes élu, il va falloir vous affirmer face à des Marine Le Pen ou des Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée !

"Je m'affirme déjà depuis deux ans face aux élus locaux creusois", assure Jérémie Sauty, "ça ne me fait pas peur de me frotter aux ténors nationaux". "Dans mon milieu professionnel, j'ai affronté des Jean-Paul Bigard, des PDG de Carrefour donc des Mélenchon ou des Le Pen, ça ne me fait pas peur", renchérit Jean-Baptiste Moreau.

Crise chez GMS Industry : 277 salariés menacés à La Souterraine

"J'étais avec Emmanuel Macron juste avant qu'il ne rencontre les syndicalistes de GMS la semaine dernière à Bellac (Haute-Vienne)", explique Jean-Baptiste Moreau, "c'est un sujet excessivement compliqué et qui dure depuis longtemps, il y a eu des repreneurs qui n'étaient pas sérieux qui se sont servis sur le dos de l'entreprise. En matière d'affaires, il faut éviter les prises de position hâtives, c'est pour ça que je me suis pas beaucoup exprimé car je ne souhaite pas faire de mousse sur ce dossier, je voudrais qu'il avance tout simplement. J'ai rencontré les salariés en toute discrétion un soir en rentrant de Paris et le dossier est pris en charge au plus haut niveau de l'Etat, j'ai eu encore récemment le conseiller de l'Elysée et de Matignon. L'offre de GMD (le seul repreneur en lice) n'est pas écrite aujourd'hui : les négociations avec l'Etat visent à obtenir un maximum d'emplois sauvés mais en échange, GMD pose des conditions qu'il faut lever une à une", précise le candidat de la République en Marche, "je ne peux pas m'engager sur un nombre d'emplois sauvés, les négociations sont en cours mais nous ferons le maximum".

À Propos de GMS : combien d'emplois peut-on sauver ? "On fait le maximum mais Emmanuel Macron n'est pas le Père Noël, il l'a dit" - Jean-Baptiste Moreau. "On peut tous les sauver" - Jérémie Sauty

"Quand on est élu d'un canton où le taux de pauvreté est assez important, on est obligé d'avoir une fibre sociale. Mon positionnement politique, c'est le radical-socialisme : défendre le petit contre le gros", explique Jérémie Sauty, "moi je ne vois pas 277 salariés [qui risquent de perdre leur emploi], je vois 277 familles et quand on entend les grandes annonces nationales disant "ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer", j'ai l'impression qu'on fait beaucoup de promesses sans grand chose derrière. On peut sauver tous les emplois, oui bien-sûr", déclare le candidat Les Républicains. "Emmanuel Macron a dit qu'il n'était pas le Père Noël mais qu'il ferait le maximum pour sauver les emplois", réplique alors Jean-Baptiste Moreau.

"Quand on connaît la vie d'une entreprise, on sait très bien qu'on ne peut pas tout promettre", continue Jean-Baptiste Moreau, "l'entreprise doit redevenir viable dans le temps et ça ne servirait à rien de la sauver pour six mois." "Je ne suis pas d'accord, l'Etat est actionnaire de Renault et PSA et il pourrait décider d'imposer aux constructeurs de passer commande en France plutôt qu'à des concurrents de GMS au Maghreb ou dans les Balkans".

Crise agricole : quelles solutions pour les exploitants creusois ?

"Emmanuel Macron veut lancer les états-généraux de l'alimentation et de l'agroalimentaire dès le 1er juillet", explique Jean-Baptiste Moreau, plutôt à l'aise sur ce dossier puisqu'il est lui-même agriculteur, "des états-généraux pour travailler sur une meilleure répartition de la valeur ajoutée et des marges au sein de la filière pour faire redescendre la valeur ajoutée sur les producteurs qui sont en situation d'extrême fragilité aujourd'hui dans la viande ou dans le lait. je le vois bien dans ma coopérative où on a des accompagnements financiers qui sont énormes donc il faut absolument qu'il y ait une vraie remise en cause de l'ensemble de la filière pour que ces producteurs survivent. Si je suis élu, je participerai à ces états-généraux à la demande du Président de la république et du ministre de l'agriculture".

"Emmanuel Macron promet des états-généraux de l'alimentation et de l'agroalimentaire" - Jean-Baptiste Moreau. "Ma proposition, c'est avant tout la baisse des normes" - Jérémie Sauty

"Je tiens à préciser que la plupart des membres de ma famille sont agriculteurs aussi", ajoute Jérémie Sauty, "ma proposition, c'est avant tout la baisse des normes. Depuis 1980, le nombre d'agriculteurs a été divisé par deux alors que le nombre de fonctionnaires a été multiplié par deux au Ministère de l'agriculture. Il faut également développer la formation et baisser la dépense publique. Il y a aussi un dossier sur lequel je suis particulièrement vigilant, c'est l'indemnisation de compensation de handicap naturel, c'est une aide européenne qui va être redéfinie et j'ai bien peur que, à assiette constante, les Creusois aient une part bien moindre du gâteau et donc je m'engage à travailler là dessus dès septembre et puis je suis aussi avec attention l'évolution de la PAC qui est en train d'être renégociée."

Baisser les dépenses mais défendre les services publics : le dilemme

Les deux candidats sont favorables à la baisse des dépenses publiques en France mais veulent défendre aussi le service public en Creuse : "je propose de défendre ce qui est indispensable", annonce Jérémie Sauty, "je défends la gare de la Souterraine, la gare de la Creuse, c'est un poumon économique indispensable, on avait 75 arrêts par semaine en début d'année, on arrivera à 59 arrêts par semaine au mois de juillet. Pour 160.000 voyageurs par an, c'est impossible d'avoir une diminution du trafic. Mais au niveau des bureaux de poste par exemple, certains dispositifs de substitution existent, on donne 1.200 euros à une mairie pour fournir ce service. On donne aussi 400 euros aux commerces pour payer ce service là. Aujourd'hui, il faut vivre avec son temps, donner un service de proximité mais sans défendre ce qui n'est pas viable... La Banque postale est un commerce, on ne peut pas décemment payer un employé pour un seul client par semaine."

"Pour les services publics, on a programmé la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, un sur cinq ne sera pas renouvelé", explique Jean-Baptiste Moreau, "mais on procédera différemment des méthodes employées depuis 20 ans. On n'annoncera pas unilatéralement aux collectivités locales qu'on leur rabote leurs dotations, des contrats seront passés avec l'Etat et l'objectif sera d'aider les territoires à faire des économies sur leur budget de fonctionnement. Les collectivités, le département de la Creuse pour être précis, ne perdront pas d'argent de l'Etat, vous pouvez m'enregistrer quand je dis ça."

500 députés de la majorité... Et moi, et moi, et moi ?

Un député de plus ou de moins dans la majorité de la République en Marche qui s'annonce pléthorique, qu'est ce que cela change ? "D'abord, ça ne lui pas posait pas de problème d'avoir plus de 400 députés en 93 à la droite", attaque Jean-Baptiste Moreau, "on fera de la politique différemment chez En Marche : on veut s'inspirer du fonctionnement des entreprises et des conseils d'administration. Il y aura des discussions en interne dans le groupe parlementaire et c'est important que j'en fasse partie, je ne serai pas le seul élu rural mais je pourrai convaincre mes collègues des enjeux qui sont présents sur notre territoire rural et des enjeux de la ruralité. Par contre, une fois qu'on arrive à l'Assemble nationale, on aura une position commune, ça marche comme ça dans les conseils d'administration. Une fois que la décision est prise à la majorité, l'ensemble du groupe assume cette responsabilité et cette décision."

"Moi je serai un parlementaire libre de parole, ce qui sera très difficile pour un élu En Marche," répond Jérémie Sauty, "et quand ça ira, je ne ferai pas d'opposition systématique, je pourrai voter en faveur d'une proposition. Mais pour avoir de bonnes lois, il faut que ce soit discuté entre différents parlementaires, entre différentes familles politiques avec des candidats de terrain, ce que je suis." Pourrez-vous dire non à Emmanuel Macron, M. Moreau ? "Pas comme l'ont fait les frondeurs sous François Hollande, j'irai discuter, j'irai convaincre car c'est la méthode d'En Marche. Et j'ai déjà pris des contacts dans les ministères, on essaiera d'avancer ensemble sur les dossiers et de convaincre nos collègues."

Législatives 2017 : le débat entre Jean-Baptiste Moreau et Jérémie Sauty