Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique DOSSIER : Les élections législatives avec France Bleu Isère

Législatives 2017 : zoom sur la 1re circonscription de l'Isère

mercredi 7 juin 2017 à 15:30 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

Les 11 et 18 juin, les électeurs sont amenés à élire leur député. L'Isère enverra 10 hommes et/ou femmes à l'Assemblée Nationale. Pendant cette quinzaine, France Bleu vous propose d'aller à la rencontre des candidats de chaque circonscription. Direction la première circonscription.

15 candidats briguent le siège de député laissé vacant par la socialiste Geneviève Fioraso, qui ne se représente pas.
15 candidats briguent le siège de député laissé vacant par la socialiste Geneviève Fioraso, qui ne se représente pas. © Radio France - France Bleu Isère

Grenoble, France

Un territoire longtemps à droite

La première circonscription de l’Isère va de Grenoble à Saint-Ismier en passant par Bernin, la Tronche, Meylan, Biviers, Montbonnot, Le Sappey en Chartreuse, Saint-Nazaire les Eymes. C’est une circonscription qui avait été taillée pour la droite. Aimé Paquet, Guy Cabanel, Alain Carignon, Richard Cazenave se sont succédés dans le fauteuil de député, si l’on excepte la parenthèse de la socialiste Odile Sicard, élue lors du premier septennat de François Mitterrand.

Depuis 2007 à gauche

En 2007, une autre socialiste emporte la mise, la grenobloise Geneviève Fioraso, alors adjointe de Michel Destot, profitant de la division de la droite, Alain Carignon et Richard Cazenave s’étant présentés en même temps. Depuis 10 ans, cette première circonscription est restée dans l’escarcelle de la gauche. Mais que va-t-il se passer les 11 et 18 juin prochains ? Les cartes vont-elles être redistribuées ? On peut se poser la question, après le score d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle d’avril dernier. Il y avait recueilli 32,40% des suffrages exprimés au premier tour et 83,70% au second tour.

C’est le suppléant de Geneviève Fioraso qui représente le République En Marche. Olivier Véran l’a remplacée près de trois ans au Palais Bourbon quand elle était ministre de l’Enseignement Supérieur de François Hollande. Olivier Véran est soutenu par la socialiste Fioraso et le PS a donc dû investir à la dernière minute un autre candidat.

Éric Grasset, ancien élu grenoblois, de Génération Ecologie, soutenu également par le PRG, monte donc au front. Le PS n’a pas voulu mettre en face d’Olivier Véran un adversaire trop dangereux, mais Éric Grasset pourrait tout de même lui grappiller quelques voix.

D’autant que la gauche part dispersée à la bataille avec cinq autres candidats, dont la communiste Nathalie Veyret, Marianne Prévost pour le Nouveau Parti Anticapitaliste, Rémi Adam pour Lutte Ouvrière, Elsa Régis, pour la France Insoumise et Nicolas Kada pour « Ensemble pour gagner », une alliance à la Piolle qui avait fait en 2014 le succès de l’actuel maire de Grenoble. Éric Piolle soutient d’ailleurs Nicolas Kada, ce citoyen qui se veut "écolo et rassembleur".

A droite, on trouve Jean-Damien Mermillod-Blondin, maire sans étiquette de Corenc, soutenu par LR et l’UDI. Il espère bien profiter de la dispersion à gauche. François Fillon a fait 23,82% des suffrages lors du premier tour de la présidentielle, malgré l'« affaire Pénélope ». A l’extrême-droite, Marie de Kervéréguin, élue elle aussi à Corenc, a choisi comme suppléante Élizabeth Zitoun, divers droite, actuelle présidente en Isère de la Manif pour tous. Elizabeth Zitoun fut en 2012 la suppléante du candidat de l’UMP d’alors, Jean-Claude Peyrin. Tout est donc ouvert sur cette première circonscription, même si un deuxième tour Véran/Mermillod-Blondin se profile à l'horizon, on n’est pas à l’abri d’une surprise.

Genevière Fioraso, député socialiste sortante, soutient son ex-suppléant, Olivier Véran, de la République En Marche - Radio France
Genevière Fioraso, député socialiste sortante, soutient son ex-suppléant, Olivier Véran, de la République En Marche © Radio France - France Bleu Isère

Qui sont les 15 candidats qui se présentent à ces législatives sur la 1re circonscription ?

La première circonscription compte 15 candidats, comme en 2012.

Olivier Véran, La République en Marche : 37 ans, médecin hospitalier, neurologue, père de deux enfants. Repéré par Geneviève Fioraso, il devient son suppléant et la remplace, quand elle devient ministre de François Hollande. D’abord investi par le PS, Olivier Véran rejoint En Marche et devient le conseiller santé du candidat Macron. Il est le favori de ce premier tour. « Je veux faire partie de la majorité présidentielle. Emmanuel Macron fait un début de mandat remarquable. Il saura réformer notre pays. Comme lui, je suis un européen convaincu. »

Jean-Damien Mermillod-Blondin, soutenu par LR et l'UDI : 44 ans, maire de Corenc sans étiquette, président du groupe d’opposition à la Métro, avocat, père de trois enfants. « Moi, j’ai écrit, avec ma suppléante, Sandrine Chaix, conseillère régionale, un vrai programme et pas un copié-collé de celui qui est devenu président de la République. » Il sillonne la "circo" en triporteur, son éternelle écharpe bleue autour du cou. Il a distribué des bonbons à son effigie aux automobilistes coincés dans les bouchons à Grenoble et à chaque débat, il rappelle à Olivier Véran qu’il a employé sa sœur, comme assistante parlementaire, quand il était à l’Assemblée. « Çà fait tâche pour quelqu’un qui veut voter la loi sur la moralisation de la vie politique française. »

Eric Grasset, Génération Ecologie : 49 ans, en couple, sans enfant, maître de conférence en aménagement du territoire à la faculté de Lyon. Il a été encarté chez les Verts durant 20 ans, avant de rejoindre Génération Ecologie. Il a été dans la majorité Destot entre 2008 et 2014, conseiller régional, président de l’Eau de Grenoble. C’est la première fois qu’il se présente à une élection nationale. « Je viens d’un milieu populaire. L’école a été mon ascenseur social et je veux rendre à la République ce qu’elle m’a donné" explique celui qui a été choisi par le PS et le PRG, après la défection d’Olivier Véran. « Je suis un humaniste. Je voterai les lois du président de la République si elles sont bonnes, sinon, je m’opposerai. Je suis inquiet, par exemple, de sa volonté de gouverner par ordonnance. Parmi les dossiers qui me tiennent à cœur, il y a le CHU de la Tronche et ceux qui y travaillent. Je voudrais améliorer leurs conditions de travail.»

Nicolas Kada, Ensemble pour gagner :44 ans, père de 4 enfants, professeur de droit public à la fac de droit de Grenoble. Il se présente avec un suppléant, Hugo David, qui a été exclu du MJS, le Mouvement des Jeunes Socialistes. C’est sa première élection, personne ne le connait, mais, dit-il, grâce aux affiches, on commence à me reconnaître. Et puis, il veut rassembler à gauche, comme l’a fait avant lui Eric Piolle, qui le soutient et dont il s’inspire. « Çà « marche » pour le coup » lâche-t-il dans un sourire. « Les gens apprécient ce rassemblement." Nicolas Kada pourrait séduire les bobos écolos de Meylan et de Grenoble.

Elsa Régis, France Insoumise :18 ans, étudiante en éco-gestion à Grenoble. Elle a été désignée après la défection de dernière minute de Caroline Schreiber. Elle estime qu’elle représente la « vraie » gauche et de rappeler que Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle était arrivé en 3 ème position dans la première circonscription, devant Marine Le Pen. « On a su mobiliser les jeunes, dont on craignait qu’il aille vers le FN ! » lance-t-elle. « Il faut continuer à rassembler. » Si elle n’a pas le soutien d’Elisa Martin, première adjointe Parti de Gauche d’Eric Piolle, elle a celui du Parti de Gauche en général. Il faut dire que le maire de Grenoble a accusé Mélenchon d’être, je cite, « un caporal de forteresse. »

Marie de Kervéréguin, Front National : 35 ans, mère de 6 enfants, âgés de 15 à 2 ans, conseillère régionale, élue d’opposition à Corenc, elle s’était déjà présentée aux législatives de 2012 sur une autre circonscription iséroise. Elle milite au FN depuis 20 ans. « Je sais que la première circonscription est une terre de mission. Mais les choses bougent, les gens m’accueillent bien sur le terrain. Je vais surtout voir les commerçants, ce sont des relais d’opinion. La vraie force d’opposition, c’est moi ! » La candidate FN a choisi Elizabeth Zitoun, divers droite, comme suppléante. « Pour moi, c’est important, cette alliance avec la droite. » Elizabeth Zitoun est actuelle présidente en Isère de la Manif pour tous. Mais pour que la candidate du FN figure au 2 ème tour, il faudrait une forte participation de l’électorat de cette première circonscription.

Les autres candidats sont : Nathalie Veyret (Parti communiste), Rémi Adam ( Lutte Ouvrière), Bernard Zamora, (100% citoyen), Marianne Prévost (Nouveau parti anticapitaliste), Séverine Friol (Union Populaire Républicaine), Youssef Essabity (Appel pour le peuple), Frédéric Balcerzak ( Ma voix), Annick Clavier (les décroissant.e.s), Lautaro Labrin (Régions et peuples solidaires)

Comment a-t-on voté lors du premier tour de la présidentielle, le 23 avril 2017 ?

Emmanuel Macron est arrivé en tête avec 32,40 % des suffrages exprimés, suivi de François Fillon, 23,82%. En troisième position, on trouvait Jean-Luc Mélenchon, 20,78%, Marine Le Pen, 8,91, Benoît Hamon, 8,88, Nicolas Dupont-Aignan, 2,75, François Asselineau, 0,74, Philippe Poutou, 0,65, jean Lassalle, 0,61, Nathalie Arthaud, 0,33, jacques Cheminade, 0,14.

A noter qu'au second tour, Emmanuel Macron l'avait emporté, sur cette première circonscription, avec 83,70 % des suffarges exprimés.