Politique

Législatives : le parti Les Républicains sauve les meubles mais devra reconstruire

Par Germain Arrigoni, France Bleu dimanche 18 juin 2017 à 20:42 Mis à jour le dimanche 18 juin 2017 à 22:39

François Baroin, chef de file Les Républicains
François Baroin, chef de file Les Républicains © AFP - Patrick KOVARIK

Les Républicains disposent d'un groupe suffisamment important pour se faire entendre à l'Assemblée nationale mais devront entamer leur reconstruction, a jugé dimanche leur chef de file pour les législatives, François Baroin, à l'issue du second tour des élections législatives.

La droite française a survécu à tout jusqu'à présent mais le résultat des législatives de 2017 annonce une crise d'une ampleur inédite, tant la coalition Les Républicains-UDI sort dévastée de la séquence électorale, déchirée sur la ligne à suivre et comme hébétée face au macronisme en majesté.

Mieux que prévu

Depuis l'époque du gaullisme triomphant, jamais la droite classique n'avait obtenu si peu de sièges à l'Assemblée nationale - environ 130, selon les premières estimations. Le nombre de ses députés a donc fondu par rapport à la législature écoulée, alors même que les dirigeants LR attendaient leur heure, certains que le pouvoir leur était. promis après un quinquennat Hollande honni.

En nommant des élus LR à Matignon (Edouard Philippe) et à Bercy (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin), Emmanuel Macron a déstabilisé la droite traditionnelle. Et il y a encore trois jours encore, au vu des sondages, les responsables LR tablaient sur une petite cinquantaine d'élus. Les résultats sont certes moins défavorables que les prédictions les plus noires qui ont fait frémir toute la semaine les dirigeants LR mais les responsables, François Baroin au premier chef, ont affirmé dimanche qu'il faudrait rapidement tirer des conclusions.

"La campagne intense que nous avons menée, circonscription par circonscription, a permis ce soir la constitution d'un groupe suffisamment important pour faire valoir nos convictions, pour défendre nos valeurs", a-t-il estimé lors d'une déclaration à la presse, tout en souhaitant "bonne chance" à Emmanuel Macron.

Il a également adressé un message à la nouvelle génération des élus LR, pour certains emportés par la vague en faveur de La République en marche (LREM). "Ils méritent toute notre considération et notre soutien ce soir. Je veux leur dire que leur combat n'a pas été vain. Je veux surtout leur dire que c'est sur leurs épaules qu'une large part de la reconstruction se fera", a déclaré le maire de Troyes.

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Divisions et débat sur la ligne LR

<div>Le premier défi qui attend les Républicains sera la composition des groupes à l'Assemblée, prévue mardi. Y aura-t-il un ou deux groupes LR? Les "constructifs", prêts à coopérer - à "collaborer", persiflent leurs détracteurs - avec le pouvoir vont-ils rompre avec les partisans d'une franche opposition ?</div>

<div>Comme plusieurs élus LR, Christian Estrosi a demandé dimanche "un débat sur la ligne du parti, sur ses valeurs et sur la confiance apportée au gouvernement (...) dès demain" après la "plus lourde défaite" de son parti. Le maire de Nice a réclamé que ce débat ait lieu "au bureau politique et avant la réunion du groupe parlementaire".
</div>

"Il est encore trop tôt pour dire si nous aurons notre groupe mais nous avons la volonté d'être dans une attitude constructive vis-à-vis du gouvernement, pour la réussite de ce quinquennat qui doit être utile aux Français", a affirmé Franck Riester à l'AFP. Egalement "Macron-compatible", Thierry Solère a redit qu'il voterait la confiance au gouvernement, début juillet, s'attirant immédiatement les foudres de Valérie Pécresse, présidente LR d'Ile-de-France. "Soit on vote la confiance, et on est dans la majorité, avec En marche, soit on est dans l'opposition et on ne vote pas la confiance".

Parmi les partisans d'une opposition claire, Jean-François Copé (dont le successeur à Meaux Jean-François Parigi a été confortablement élu), plaide pour que "droite et centre fassent bloc", et souhaite "un immense travail de réflexion et de rénovation" du part

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Les résultats du second tour des législatives, commune par commune

La carte des députés élus

La carte de l'abstention