Politique DOSSIER : Les élections législatives avec France Bleu Isère

Législatives : une majorité absolue ternie par l'abstention pour La République en Marche

Par Simon De Faucompret, France Bleu Isère lundi 19 juin 2017 à 9:13

Olivier Ihl était l'invité de France Bleu Isère ce lundi 19 juin, pour débriefer les résultats des législatives.
Olivier Ihl était l'invité de France Bleu Isère ce lundi 19 juin, pour débriefer les résultats des législatives. © Radio France - Simon de Faucompret

Olivier Ihl, politologue et enseignant à l'Institut d'études politiques de Grenoble, livrait son analyse sur le second tour des élections législatives ce lundi 19 juin. Selon lui, la victoire du mouvement présidentiel ne doit pas occulter une "abstention record", qui atteint 58,5% en Isère.

Malgré un score moins retentissant qu'attendu, La République en Marche a largement confirmé dans les urnes ce dimanche 18 juin, en remportant au moins 351 circonscriptions sur 577. Le politologue grenoblois Olivier Ihl propose une analyse globale des résultats de ce second tour des législatives, à l'échelle locale comme nationale.

"Une abstention record"

Les sondages d'Odoxa et de Dentsu Consulting réalisés entre les deux tours prédisaient un raz-de-marée pour le mouvement d'Emmanuel Macron, avec pas moins de 450 députés de La République en Marche (LREM) annoncés. "Malgré une meilleure mobilisation des électeurs républicains et de la France Insoumise, la confirmation a bien eu lieu", expose Olivier Ihl au lendemain des résultats.

Une confirmation qui s'en ressent à l'échelle locale : neuf des dix circonscriptions de l'Isère verront un député aux couleurs d'En Marche! investir les bancs de l'Assemblée. Seule la quatrième circonscription n'a pas succombé au raz-de-marée, avec l'élection de Marie-Noëlle Battistel (PS), pourtant en ballottage défavorable au premier tour face à Fabrice Hugelé (LREM). "Elle a bénéficié d'un bon retour de voix notamment de la part des Insoumis, et même du côté de la droite", analyse Olivier Ihl, qui suppose un "front anti-Hugelé".

Le politologue s'avoue néanmoins marqué par un autre facteur : celui de l'abstention. À hauteur de 57,4% à l'échelle nationale et grimpant à 58,5% pour l'Isère, cette part de non-votants est un record absolu. "C'est un vrai problème", affirme Olivier Ihl. "Et c'est étonnant, car les chiffres de la mi-journée étaient plutôt bons" au regard de la moyenne nationale, malgré une baisse dès 17h en Isère par rapport à 2012. "Ces chiffres sont inquiétants, et sont liés à un problème de statut dans ces élections. On ne sait pas si on élit des représentants locaux ou des soutiens du chef de l'État."

Panorama de l'hémicycle parlementaire

En marge de ce succès pour la majorité, ce second tour a vu Les Républicains parvenir à résister avec 137 députés. "C'est un chiffre encourageant, qui va aider les cadres du parti à tenir l'unité", prédit le politologue. "Mais beaucoup d'élus avaient promis un vote de confiance au Premier ministre. La scission reste malgré tout d'actualité."

Quant à la débâcle du Parti socialiste, Olivier Ihl s'avoue peu surpris : "C'était difficile de faire mieux. Mais ils n'avaient jamais connu un tel désaveu auprès de leur électorat."

La nouvelle Assemblée sera également plus paritaire qu'elle ne l'a jamais été : il y aura 223 femmes dans l'hémicycle, contre seulement 155 en 2012. Un "carton plein pour Emmanuel Macron" selon Olivier Ihl, visible également en Isère : huit des dix députés élus ce dimanche sont des femmes.

Dernier changement majeur dans ce nouveau groupe parlementaire : la moyenne d'âge des élus. "L'assemblée devrait être plus jeune d'environ 10 ou 15 ans", calcule l'enseignant grenoblois. "C'est une avancée en matière de représentativité, même s'il y a encore des progrès à faire en la matière. Par exemple, il y a encore très peu d'ouvriers et d'employés au palais Bourbon."