Politique

Les Algériens votent pour élire un président, Bouteflika grand favori

Par Marina Cabiten, France Bleu jeudi 17 avril 2014 à 9:46 Mis à jour le jeudi 17 avril 2014 à 11:32

Meeting en faveur de Bouteflika à Alger, en avril 2014
Meeting en faveur de Bouteflika à Alger, en avril 2014 © MaxPPP

Les Algériens votent jeudi pour une élection que le président sortant devrait remporter haut la main. Abdelaziz Bouteflika s'est rendu en fauteuil roulant dans son bureau de vote, sa première apparition publique depuis deux ans. Affaibli par un AVC, il n'a pas fait campagne.

Les Algériens ont commencé jeudi à élire leur président lors d'un scrutin a priori sans surprise, le sortant Abdelaziz Bouteflika apparaissant comme le favori malgré ses ennuis de santé. Sa première apparition publique en deux ans a d'ailleurs eu lieu jeudi matin, dans une école d'Alger où il est venu voter en fauteuil roulant.

Scrutin sous haute surveillance

"C'est une mascarade électorale" a déclaré le chef de file du MSP, formation d'opposition. "Boutef", qui affronte cinq autres candidats, détient déjà le record de longévité d'un président algérien avec quinze années passées à la tête du pays. Il avait été élu avec 90% des suffrages en 2009. Ses adversaires montrent aussi du doigt son mauvais état de santé . Abdelaziz Bouteflika avait été admis en avril 2013 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris suite à son AVC, et y avait passé trois mois avant de rentrer en Algérie. Cinq partis ont appelé à boycotter ce nouveau vote, et plus de 260.000 policiers et gendarmes sont déployés pour assurer la sécurité du scrutin. Mercredi, la police a empêché une manifestation anti-Bouteflika à Alger.

Gage de stabilité ?

"Lui ou le chaos" : C'est sur cette thématique que le directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika s'est appuyé ces dernières semaines. "Les gens ne veulent pas aller vers l'aventurisme" estime Abdelmalek Sellal. Les violences islamistes des années 90, qui avaient tué 200.000 personnes, sont encore dans les esprits. Et le directeur de campagne de Bouteflika, également ancien chef du gouvernement, promet aussi de la modernité de la part du vétéran de 77 ans : "Il organise le transfert vers une république nouvelle"

Le taux de participation très attendu

C'est l'un des principaux enjeux de ce scrutin. Les Algériens vont-ils se mobiliser malgré la victoire annoncée de l'actuel président ? A la présidentielle de 2009, le taux de participation était officiellement de 74,11%. Mais un document de l'ambassade américaine à Alger l'avait estimé entre 25% et 30%. La fraude est justement l'un des autres débats de cette élection. Récemment, un ancien wali (préfet) a confirmé que cette pratique avait bien lieu. 

Les résultats de la présidentielle doivent être annoncés officiellement vendredi.

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