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Politique

Les bénéficiaires du CCAS devront désormais donner de leur temps pour avoir une aide à Béziers

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Hérault

La ville de Béziers s'inspire de l’initiative de Nicolas Sarkozy en proposant des aides au mérite. Les bénéficiaires pourront toucher jusqu'à 1.000 euros. Ce coup de pouce est dénoncé par la CGT qui y voit une main-d'œuvre bon marché. Les dossiers ont examinés à partir de ce jeudi 9 janvier 2020.

Robert Ménard, maire de Béziers
Robert Ménard, maire de Béziers © AFP - Pascal Guyot

Béziers, France

La ville de Béziers examine à compter de ce jeudi 9 janvier les dossiers des candidats au donnant-donnant.

Les bénéficiaires du centre communal d'action sociale de Béziers (CCAS) peuvent bénéficier d'aides financières supplémentaires pouvant atteindre les 1.000 euros. La Ville a décidé de multiplier par trois le montant accordé jusqu'à présent. La seule condition, donner de son temps à la ville pour en bénéficier. Bref, quelques heures de travail dans un service afin de recevoir un soutien financier plus ou moins important en fonction de la contribution.  

Du "donnant-donnant"

Les opposants à Robert Ménard ne voient dans cette mesure qu'une manœuvre politique à l'approche des élections municipales de mars prochain. Le maire sortant, élu en 2014 avec les voies du Front national, assure qu'il ne sera en campagne qu'à partir de janvier. Pourtant, la Ville n'hésite pas dans son magazine municipal à faire écho de son bilan passé et à promouvoir certaines actions.

"J'en ai assez de l'assistanat. (...) Tu travailles, on t'aide. Je trouve que ça change radicalement le rapport aux choses." (Robert Ménard)

Pour bénéficier de cette nouvelle aide (donnant-donnant), les bénéficiaires devront donc la mériter. Ramasser les ordures, s'occuper des espaces verts, boucher des trous sur les routes... Les petits boulots ne manquent pas, dit Robert Ménard. 

Les allocations et le RSA ne sont pas concernés, seules les aides dites facultatives accordées par le CCCAS le sont. Il s'agit bien d'aides d'urgences, versées de manière ponctuelle en fonction des besoins, ou qui permettent faire face à un imprévu (pour payer un permis de conduite, régler une facture, etc.).

"Moi, je déteste l'assistanat, dit Robert Ménard. Je pense que les gens n'ont pas envie qu'on leur fasse l’aumône. C'est une autre façon d'approcher la réalité, la difficulté, la pauvreté, respectueuse des gens. Tu travailles, on aide. Je trouve que ça change radicalement le rapport aux choses. Je crois que c'est une aide intelligente qu'on apporte à  des gens qui ont besoin d'un coup de main à un moment donné. C'est un rapport égalitaire. On t'aide, mais tu aides la collectivité. Il n'y en a pas un qui est en position de faiblesse. Je trouve ça incroyablement bien."

"C'est une aide intelligente qu'on apporte à des gens qui ont besoin d'un coup de main" dit Robert Ménard

L’aide accordée par le CCAS jusqu’à présent limitée à 300 euros

"Une main-d'œuvre bon marché, corvéable à merci qu'on prend quand on en a besoin", dénoncée notamment par la CGT, syndicat majoritaire à la ville de Béziers. "La Ville essaie de pallier un manque. 208 emplois ont été supprimés depuis l’élection de Robert Ménard en 2014. Les conséquences sont visibles dans tous les services", dixit Yvan Vialettes, le secrétaire général du syndicat à la Ville de Béziers.

"C'est une manière de ramener du service public là ou il n'existe plus. La ville n'est plus en mesure d'apporter un service de qualité dans tous les quartiers dont certains sont à l'abandon alors que les Biterrois paient des impôts. Pourtant les services rendus ne sont pas partout pareille. Le "donnant-donnant" c'est très à la mode, mais couvre surtout de la super précarité pour les personnels concernés." (Yvan Vialettes, syndicaliste CGT)

"L'hypercentre est priorisé par le maire actuel. Je ne vous parle pas de la Devèze qui est dans un état d'abandon complet"

Des aides dites facultatives à la discrétion de la Ville et de son CCAS

Sur les allées Riquet, les avis sont très divisés. Bryan se souvient qu’un certain Nicolas Sarkozy y avait déjà pensé en 2012 avec le RSA. L’aide varie en fonction de l’implication. Plus le bénéficiaire s’implique et plus le montant est important. Anne-Marie trouve la mesure déplorable. Au contraire, ça permet de garder un lien social, ajoute Muriel.

Quelque 50.000 euros ont déjà été provisionnés par la Ville pour les bénéficiaires qui en feraient la demande à partir de janvier. Cette initiative ne se substitut pas aux aides versées. Pour plus de renseignements vous pouvez appeler le 04.67.49.84.60.

D'après les informations fournis par la mairie, 190.000 euros ont été débloqué en 2019 (aides facultatives et dans le cadre du Fond d'aides aux jeunes) contre un plus de 151.000 en 2015.

Les Biterrois peuvent prétendre à une aide du CCAS dès que que le reste à vivre est inférieur ou égal à 300 euros (ressources - charges / nombre de parts = reste à vivre). Un bénéficiaire peut prétendre à : 

  • 300 euros max/an au titre du secours ordinaire : 360€ pour 2 pers ; 420 € pour foyer de 3 personnes, etc. 
  • plus  éventuellement des CAP (chèques alimentaires) pour 96€ pour 1 personne seule ; 128€ pour 2 ; 160 € pour 3, etc. 
  • plus éventuellement aide à la santé : 750€ maximum 
  • prise en charge de frais d'obsèques : 500€ maximum 
  • aide à la création d'entreprise : 1 000€
  • aide donnant-donnant à partir du 1er janvier 2020 : 1.000€ maximum

Nombre de bénéficiaires à la ville de Béziers (au 30 novembre 2019):  

  • Suivis dans le cadre du RSA : plus de 2000 personnes
  • Aidés dans le cadre des secours : 787 personnes
  • Aidés dans le cadre du Fonds d'aide aux jeunes (FAJ) : 257 personnes

Concernant l'évolution du nombre de bénéficiaires depuis l'élection du maire :

En 2012, les dispositions du règlement intérieur des aides facultatives du CCAS de Béziers ont été modifiées. Ces nouvelles règles ont été effectives dès 2012 (avant l'élection de Robert Ménard), mais l'impact de ces nouvelles règles s'est fait sentir sur les années suivantes. Le nouveau règlement a produit pleinement ses effets en 2014 et en 2015. Il y a donc eu une légère diminution du nombre de bénéficiaires en 2015 par rapport à 2014. 

Un nouveau règlement intérieur a été élaboré en 2016. S'en est suivi une stabilité puis un nouvel essor du nombre de bénéficiaires (le temps que le règlement produise ses effets) à partir de 2018, encore accentué en 2019. 

Enfin, la mairie de Béziers précise que les sommes dédiées aux secours depuis 2015 ont été maintenues, puis ont augmenté fortement ces deux dernières années (2018 et 2019).

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