Politique

Les dérapages racistes d'un conseiller municipal de Rosny sous Bois sur Twitter

Par Sylvain Tronchet, France Bleu Paris Région et France Bleu jeudi 24 septembre 2015 à 19:39 Mis à jour le vendredi 25 septembre 2015 à 8:30

- Capture d'écran Twitter

Un élu de Rosny-sous-Bois "assume" être l'auteur de tweets à connotation raciste visant notamment la ministre du Travail Myriam El Khomri et l'ancien Garde des Sceaux, Robert Badinter. Pierre Claude-Pailhoux a été exclu du FN un an après son élection, mais il siège toujours au conseil municipal.

Les tweets et les billets de blog de Pierre-Claude Pailhoux étaient passés inaperçus jusque là. Mais l'attention de quelques internautes ont permis de mettre au jour les torrents d'injures racistes et homophobes que cet élu de Rosny-sous-Bois déverse sur les réseaux sociaux depuis des semaines. Ses cibles préférées : les élus "juifs" à qui il semble vouer une haine particulière. Robert Badinter et Simone Veil (bien "Veil" et non pas "Weil" comme il l'écrit par erreur semblant désigner la philosophe). La ministre du Travail Myriam El Khomri a également eu droit à ses injures :

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- Capture d'écran Twitter

Plus tard, ce sont les homosexuels qui sont visés :

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- Capture d'écran Twitter

Contacté par France Bleu 107.1, Pierre-Claude Pailhoux nous a confirmé être l'auteur de ces tweets. Il a expliqué avoir conscience qu'il a "fait une connerie". Mais qu'il "l'assume complètement." "J'ai bien conscience que plein d'officines de la LICRA vont me poursuivre devant la 17e correctionnelle mais j'assume", nous a-t-il déclaré. Pour toute défense, Pierre-Claude Pailhoux explique qu'il a 72 ans et qu'il pensait que ses propos sur Twitter étaient "limités à ses seuls amis" alors qu'ils sont publics. Une thèse néanmoins mise à mal par les propos qu'il tient par ailleurs sur son blog d'élu "Rosny fait front" et qui dénotent eux aussi d'une certaine obsession pour la confession religieuse de certains membres du gouvernement.

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- Capture d'écran du blog de Pierre-Claude Pailhoux

Ce conseiller municipal élu en 2014 dans cette commune de Seine-Saint-Denis se présente lui même comme un "vieux catho du FN", parti dans lequel il a été encarté pendant quatre ans. En avril dernier, il a néanmoins été exclu du mouvement en raison "de propos contraires à la ligne politique et aux valeurs" du FN. Jordan Bardella, qui est devenu secrétaire départemental de la fédération du FN de Seine Saint Denis à l'été 2014 nous a confié avoir "tout de suite réalisé qu'il était un peu dérangé". Régulièrement pris a partie par cet élu municipal, il a demandé -et obtenu- son exclusion.

Il n'empêche que l'élu municipal continue à signer des tribunes sur le site de la ville de Rosny-sous-Bois sous l'appellation "Front National" dont certaines flirtent également avec la ligne jaune :

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- Capture d'écran du site de la ville de Rosny-sous-Bois

Jordan Bardella dit condamner totalement les écrits de son ancien élu qui n'ont selon lui "plus rien à voir avec la ligne politique du Front national". Il n'empêche que cette nouvelle affaire vient encore une fois souligner les errances de recrutement d'un parti en pleine crise de croissance. Pendant les campagnes municipales et départementales, des dizaines de candidats du parti avaient été épinglés en raison de propos racistes sur les réseaux sociaux.  Plus récemment, en Seine et Marne, l'ancien responsable de la communication de la fédération, Adrien Desport, a été condamné pour avoir incendié des voitures en compagnie d'autres militants FN avant de dénoncer la hausse de l'insécurité sur internet. Cette nouvelle affaire vient mettre à mal l'entreprise de "respectabilisation" de Marine Le Pen, parfois débordée par le franc parler ou les "conneries" de ses militants.

La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme a annoncé qu'elle avait saisi la justice à la suite de ces tweets.

Le maire (LR) de Rosny sous Bois, Claude Capillon, s'est également insurgé des écrits du conseiller municipal de sa commune. Lui aussi annonce avoir saisi le procureur de la République.