Politique

Les élections au conseil communautaire du Grand Périgueux tournent au psychodrame

Par Joanna Yakin, France Bleu Périgord vendredi 18 avril 2014 à 17:09

Le Conseil communautaire du Grand Périgueux a tourné au psychodrame.
Le Conseil communautaire du Grand Périgueux a tourné au psychodrame. © Radio France - Joanna Yakin

Jacques Auzou, maire communiste de Boulazac, a bien été élu président de l'agglo ce vendredi 18 avril. Antoine Audi, le maire UMP de Périgueux, est bien désormais premier vice-président. Jusque là tout allait bien, et c'est au moment d'élire le 9e vice-président que tout a dégénéré, et que les démissions ont commencé à pleuvoir.

Le maire communiste de Boulazac a bien été élu président de l'agglo, dans la foulée, Antoine Audi, le nouveau maire UMP de Périgueux a bien été désigné premier vice-président. C'est plus tard, au moment d'élire le 9e vice-président que les choses se sont corsées. Michel Testut, maire PS de Chancelade aurait dû être élu selon les termes de l'accord entre le PS et le PCF. C'était sans compter Jean-Pierre Passerieux, le maire socialiste de Saint-Laurent-sur-Manoire qui s'est porté candidat… et a été élu à sa place : 42 voix contre 23.

Clash dans l'assemblée

Les socialistes ont poussé un gros coup de gueule, criant à la cabale. Dix-sept d'entre eux ont quitté la salle dans une véritable ambiance insurrectionnelle et Jean-Pierre Roussarie, maire de Coulounieix-Chamiers, a même démissionné de sa vice présidence; dans la foulée, Bernadette Paul, 6e vice-présidente, démissionne elle aussi.

"Il y a rupture du pacte de gestion, nous avons passé un accord avec Jacques Auzou et les différentes composantes du Conseil communautaire." "Ce pacte a été rompu par l'élimination de l'un de nos cinq vice-présidents. Comment voulez-vous travailler en confiance avec des gens qui ne respectent pas leur parole ?" — Jean-Pierre Roussarie

Jean-Pierre Roussarie quitte la salle du conseil après avoir annoncé sa démission

Jean-Pierre Passerieux, cet ancien d'Isle-Manoire, proche de Jacques Auzou, n'a apparemment pas digéré de ne pas être choisi par le PS. Dans la salle, c'est un véritable séisme, Jacques Auzou est obligé de suspendre la séance à trois reprises pour tenter de rabibocher tout le monde, mais rien y fait.

A la quasi unanimité, les 48 élus toujours présents ont décidé de poursuivre l'élection des 15 vice-présidents. Il en restait six à élire, dont 2 socialistes selon l'accord passé il y a une semaine. Mais en l'absence des socialistes se sont à nouveau 2 dissidents qui se sont portés candidats. Le maire d'Atur Alain Cournil pour la 12ème vice-présidence et Bernard-Henri Suberbère (Boulazac) pour la 14ème. Tous deux ont également été élus, respectivement avec 44 et 39 voix.

Vers une exclusion ?

Suite à cette élection mouvementée, la fédération départementale du PS s'est fendue d'un communiqué dans lequel elle "condamne avec la plus grande fermeté la rupture du pacte de gestion conclu la semaine dernière". Selon elle, "en se présentant face à Michel Testut, le maire de Saint Laurent sur Manoire a commis une faute morale impardonnable". 

Une procédure disciplinaire va donc être engagée , ce sera à la commission des conflits de trancher. Mais Jean-Pierre Passerieux, Alain Cournil et Bernard Henri Suberbère risquent l'exclusion.

Ecoutez Benoit Secréstat, 1er secrétaire départemental du PS en Dordogne, au sujet de l'attitude de Jean Pierre Passerieux

Reportage à l'élection du Grand Périgueux