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Les "Etats généraux de la laïcité" annoncés par Marlène Schiappa ne font pas l'unanimité

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La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa a annoncé ce dimanche 18 avril la tenue d'"Etats généraux de la laïcité". Un projet qui laisse dubitatif dans l'opposition et parmi les chercheurs. On fait le point.

La ministre déléguée à la Citoyenneté a annoncé le lancement des "Etats généraux de la laïcité" à partir de mardi. La ministre déléguée à la Citoyenneté a annoncé le lancement des "Etats généraux de la laïcité" à partir de mardi.
La ministre déléguée à la Citoyenneté a annoncé le lancement des "Etats généraux de la laïcité" à partir de mardi. © AFP - Bertrand GUAY

A peine annoncés par Marlène Schiappa ce dimanche, les "Etats généraux de la laïcité" sont déjà critiqués. A travers différents événements - tables rondes, consultations, conférences - la ministre déléguée à la Citoyenneté entend inviter au dialogue sur l'épineuse question de la place de la laïcité en France, à l'heure où le devenir de l'Observatoire de la laïcité fait l'objet d'une âpre bataille politique. "C’est un sujet de passion. L’idée est de dire : parlons-en ensemble et écoutons-nous", souligne-t-elle.

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Tables rondes, conférences, grande consultation pour débattre sur la laïcité

Le coup d'envoi de ces Etats généraux sera donné mardi prochain au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris "avec une conférence de haut niveau entre des intellectuels de toutes les sensibilités", précise la ministre dans un entretien au Journal du Dimanche. Elle cite entre autres l'académicienne Barbara Cassin, l'essayiste Caroline Fourest et le philosophe Gaspard Koenig.

Jusqu'à l’été, "des tables rondes et des groupes de travail sur la liberté d’expression la recherche, la jeunesse, l’intégration citoyenne" seront organisées, ajoute-t-elle, assurant qu'elle laissera aussi "carte blanche" à des associations et à des syndicats. Enfin, une "grande consultation avec Make.org" sera enfin lancée "auprès de 50.000 jeunes", pour qui l'ensemble des échanges doit "être l’occasion de nous rassembler autour de la laïcité à la française".

"La laïcité n’est en aucun cas une arme de répression contre les religions", assure Marlène Schiappa. "Nous voulons justement sortir de la tenaille entre d’un côté les identitaires d’extrême droite et de l’autre les indigénistes et Europe Écologie-Les Verts", fait-elle valoir en invitant "chacun à prendre la parole dans le cadre des Etats généraux".

Les critiques fusent

La parole, l'opposition la prend dès ce dimanche pour s'interroger voire critiquer ces Etats généraux. "Le débat c'est une chose mais je souhaiterais qu'on ait des armes pour lutter contre ceux qui s'en prennent à la laïcité", a réagi Xavier Bertrand, ex-LR, candidat à la présidentielle de 2022, sur France Inter, en appelant à "faire la guerre" aux "islamistes". Pour le patron des Verts Julien Bayou, ces Etats généraux, "c'est bidon", alors qu'est discuté au parlement le projet de loi séparatismes. "Que va-t-il en sortir ? Des propositions qu'on aurait dû mettre" dans le projet de loi ?, a-t-il interrogé sur RTL-LCI-Le Figaro. 

"J'ai l'impression qu'à chaque fois que le sujet identitaire commence à se calmer, le gouvernement remet cent balles dans la machine", a pour sa part réagi le député LFI Eric Coquerel sur franceinfo : "Mme Schiappa et le gouvernement recyclent la vision de la laïcité qu'ils ont, c'est-à-dire une arme de guerre contre une seule religion", en l'occurrence la "religion musulmane" qu'ils érigent en "bouc émissaire", a-t-il accusé. Le député ex-LREM Aurélien Taché a dénoncé sur Twitter une "mascarade" et a appelé Emmanuel Macron à la "stopper" pour "laisse(r) un peu de dignité à la France et à son gouvernement".

La loi de 1905 propose des outils qui sont indispensables, mais que le gouvernement ne connaissait pas.

Mais parmi les spécialistes de la question de la laïcité aussi, certains sont dubitatifs. Interrogé sur franceinfo , Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS se dit "un peu surpris parce qu'en général on fait des états généraux avant de passer une loi. Or, là, il y a une loi qui est en train d'être votée par le Parlement, qui n'a pas fini d'ailleurs d'être discutée, qui va peut-être faire l'objet d'un débat au Conseil constitutionnel." Interrogé sur la loi de 1905 et son efficacité, le chercheur répond qu'elle "propose des outils qui sont indispensables, mais que le gouvernement ne connaissait pas". D'après lui, il faut ajouter des dispositions quant aux réseaux sociaux mais "la loi de 1905 est d'une modernité incroyable. Elle est en avance, même aujourd'hui par rapport à beaucoup d'autres lois à l'étranger. Elle respecte les croyants comme les non-croyants. Elle les protège, chaque liberté est protégée par une disposition pénale contre toute pression."

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