Politique

Week-end qui tombe à l'eau, journées à rallonge : les femmes des policiers aussi en ont marre

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 25 octobre 2016 à 19:16

Policiers mobilisés pendant l'Euro de football à saint-Étienne en juin dernier.
Policiers mobilisés pendant l'Euro de football à saint-Étienne en juin dernier. © Maxppp - Arnaud Journois

"Marche de la colère policière" ce mercredi midi à Saint-Étienne. Appel aussi à Roanne lancé par un syndicat après plusieurs rassemblements spontanés ces dix derniers jours. Les familles des policiers non plus n'en peuvent plus, et s'inquiètent.

"Maman, ils vont le brûler aussi papa ?" C'est le fils d'un policier qui pose la question à sa mère après avoir vu les images de Viry-Chatillon. Un garçon de 6 ans qu'Emma essaie de rassurer comme elle peut. "Je lui dis non", raconte-t-elle, "mais au fond de moi, je me dis mon dieu, ça peut lui arriver, il fait du maintien de l'ordre".

Si les policiers expriment de plus en plus leur ras-le-bol, obligeant les syndicats à organiser des rassemblements comme ce mardi devant les tribunaux ou des défilés comme ce mercredi midi entre la place du Peuple et la préfecture à Saint-Étienne, les proches des forces de l'ordre ne sont pas en reste, de plus en plus inquiets. "Depuis l'Euro de foot, ils n'ont pas arrêté. Il fait des journées de 14, 15 heures, avec des nuits de 6 heures, ce n'est plus possible, il ne tient plus. Quand il est avec nous, il s'énerve très vite", constate Emma dont le mari est policier dans la Loire.

Ça devient pesant, le couple en prend un coup, parce qu'on se dispute, parce que j'en ai marre !

"C'est beaucoup plus tendu à la maison", ajoute Laurence également compagne d'un membre des forces de l'ordre, parce que quand il rentre et qu'il est stressé du travail, il n'évacue pas comme ça.

Surtout que les occasions de souffler se font de plus en plus rares, comme les week-ends en famille, un sur six. Et encore, quand il n'est pas rappelé à la dernière minute. "Pourquoi ? Ah, ben, il y a une manif', tel ministre qui vient, tel évènement à sécuriser..." Emma a plein d'exemples en tête, de souvenirs de repas de famille annulés au dernier moment, de réorganisation du planning de la nounou plusieurs fois par jour. "Ça devient pesant, le couple en prend un coup, parce qu'on se dispute, parce que j'en ai marre, lâche-t-elle. Alors j'essaie de me retenir, de ne pas m'énerver surtout devant les enfants mais c'est trop souvent ces rappels".

Moi, je demande à mes enfants de ne pas dire ce que fait papa. J'ai peur qu'ils se fassent frapper à l'école !

S'ajoute la menace d'attentat, depuis Magnanville : "je ne m'enfermais jamais seule avec les enfants, maintenant je le fais systématiquement", raconte Laurence, inquiète aussi de voir son homme rentrer blessé "on sait qu'ils ne sont pas toujours bien équipés, qu'il n'y a pas toujours assez de gilets pare-balles pour tous", assure la jeune femme.

"Moi, je demande à mes enfants de ne pas dire ce que fait papa. J'ai peur qu'ils se fassent frapper à l'école !", témoigne Emma." Autant avant c'étaient des waouh admiratifs, autant, maintenant, j'essaie de ne pas répondre quand on me demande ce que fait mon mari", se désole-t-elle.

Le syndicat SGP Police organise une "marche de la colère policière et citoyenne" ce mercredi midi à Saint-Étienne, de la place du Peuple à la préfecture. À Roanne, le rendez-vous est fixé à 12h15, devant le commissariat. Ce mardi, à 13 heures, seule une douzaine de personnes ont répondu à l'appel d'Alliance et de l'Unsa, au pied du palais de justice de Saint-Étienne.

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