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Les "indignés" aux portes de la mairie de Barcelone

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Les Espagnols ont adressé dimanche soir un sévère avertissement à l'establishment politique, entrouvrant les portes de Barcelone et Madrid aux "indignés", lors d'élections municipales et régionales où l'antilibéral Podemos a globalement confirmé sa troisième place.

Ada Colau lors d'une conférence de presse en novembre 2013
Ada Colau lors d'une conférence de presse en novembre 2013

De l'autre coté de la frontière, on a voté dimanche 24 mai. Les Espagnols élisaient leurs conseils municipaux pour les quatre prochaines années. Et avec ce scrutin, c'est le bipartisme qui vole en éclats . Le Parti populaire au pouvoir a reculé, tout comme le Parti socialiste. Car de nouvelles formations poussent derrière, comme "Ciudadanos", à droite, et "Podemos", à gauche de la gauche.

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A Barcelone la coalition d'extrême-gauche (d'anciens "indignés" associés à Podemos) représentée par Ada Colau, est arrivée en tête devant la liste du maire sortant Xavier Trias , un nationaliste conservateur. Elle a obtenu onze sièges contre dix pour celui-ci, cinq pour Ciudadanos (centre droit) et quatre pour le Parti socialiste catalan.

Les Espagnols s'attendaient depuis des semaines à une double sensation dans la capitale catalane : l'extrême-gauche au pouvoir et une femme à l'Hôtel de Ville. Ada Colau deviendrait ainsi le nouveau visage de Barcelone . Cette militante de 41 ans se bat depuis des années contre les expulsions locatives, et elle pourrait bien déloger les sortants.

"Urgence sociale" pour la ville

Elle a promis de s'attaquer à "l'urgence sociale " de la ville, où la pauvreté touche un tiers des 1,6 millions d'habitants. Son programme : transformer les appartements vides en logement sociaux , introduire un revenu minimum de 600 euros pour les familles pauvres, ou encore forcer les entreprises à réduire les prix de l'eau, du gaz, et de l'électricité.

Sa liste entendait également lutter contre le tourisme massif et ses excès : les 27 millions de visiteurs annuels commencent à irriter sérieusement les Barcelonais.

Un programme qualifié de populiste par ses opposants, mais qui a finalement séduit les électeurs. Pas suffisamment cependant pour dégager une majorité. Il faudra donc des alliances. Quoiqu'il en soit, le signal est fort :** il n'y a pas que l'indépendance qui compte dans la vie des Barcelonais** .

Dans les autres villes de Catalogne, le suspense était moins important. A Gérone par exemple, Carles Puigdemont devrait garder son fauteuil de maire. La liste de l'élu CiU qui a conquis la ville en 2011 pourrait même gagner des sièges.

Et à Madrid, la liste de l'ancienne juge "rouge" Manuela Carmena est deuxième après celle du Parti populaire (droite) mais elle pourrait gouverner dans la capitale espagnole avec l'appui du Parti socialiste.

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