Politique

Les maires francs-comtois mobilisent les habitants contre la baisse des dotations de l'Etat

Par Naïs Esteves et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon vendredi 18 septembre 2015 à 19:39

Les maires en colère devant l'Assemblée nationale à Paris le 17 juin 2015.
Les maires en colère devant l'Assemblée nationale à Paris le 17 juin 2015. © Max PPP

Les maires vont à la rencontre des francs-comtois, samedi 19 septembre, pour les informer des conséquences de la baisse des dotations de l'Etat sur leur quotidien. Les citoyens sont aussi invités à signer une pétition en ligne contre cette mesure d'économie.

"Plus d’eau pour votre douche. Plus d’équipements pour faire du sport. Plus d’écoles, de crèches et de cantines pour vos enfants."  L'Appel du 19 septembre liste les conséquences de la baisse, d'ici à 2017, de 30% des dotations de l'Etat aux collectivités. Pour expliquer les mesures d'économie prises dans les communes, l'Association des maires de France, (AMF) organise une grande journée de mobilisation nationale. En Franche-Comté, les élus vont aller à la rencontre de leurs administrés pour répondre à leurs questions sur des restrictions annoncées. 

"Quand les gens venaient nous trouver pour nous dire "l'ampoule de l'éclairage public devant ma porte ne fonctionne plus, faut appeler l'entreprise qui répare", on l'appelait. Aujourd'hui, on leur dit non."

"On faisait déjà beaucoup d'économies dans nos villages", estime Gérard Schoenberg, la maire de Vennans, dans le Doubs. Mais avec 5.000 euros de moins par an pendant trois ans, l'édile va encore devoir trouver d'autres leviers, comme de repousser des travaux, des investissements et même, retarder de menus services à la population : "Quand les gens venaient nous trouver pour nous dire "l'ampoule de l'éclairage public devant ma porte ne fonctionne plus, faut appeler l'entreprise qui répare", on l'appelait. Aujourd'hui, on leur dit non parce qu'on va attendre qu'il y a plusieurs ampoules pour faire des économies sur les frais de déplacement."

Actionner le levier des impôts locaux

Comme dans d'autres communes rurales franc-comtoises, les impôts ont augmenté. De 1% cette année pour les quelques 250 habitants de Vennans. "On ne va pas pouvoir faire aussi peu l'année prochaine, prévient le premier magistrat, parce qu'il y aura encore une baisse aussi drastique. Il faudra trouver des solutions."

"Quand on n'a plus de rentrées et que l'on a le fonctionnement des écoles, l'électricité et le chauffage, il faut bien trouver une solution."

"On ne perçoit plus la taxe professionnelle, explique Félix Macard, le maire jurassien de Foucherans. Alors, à part augmenter les taxes ménages, donc la taxe d'habitation et la taxe foncière ... On a plus que ça."  Les maires espèrent donc rencontrer les habitants pour expliquer ces hausses d'impôts. Et dénoncer aussi le calendrier et les volumes de baisse des dotations décidés par l'Etat. "Quand on n'a plus de rentrées et que l'on a le fonctionnement des écoles, l'électricité et le chauffage, il faut bien trouver une solution", résume le maire de Villers-le-Sec en Haute-Saône, Jacques Theulin. Dans la commune, depuis quatre ans, l'éclairage public est coupé entre 23h30 et 6h30 et cette année, le feu d'artifice du 14 juillet a été supprimé comme à l'Hôpital-du-Grosbois. A Morteau, la municipalité réduit le fleurissement de la ville et les travaux de peinture prévus dans la cage d'escalier de l'école du centre sont repoussés à une date ultérieure.

Les maires mobilisent les habitants sur la baisse des dotations de l'Etat.

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