Politique

Les municipales dans l'Ouest : "C'est d'abord une défaite du Parti socialiste"

Par Typhaine Morin, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Loire Océan, France Bleu Maine et France Bleu Mayenne lundi 31 mars 2014 à 15:34 Mis à jour le lundi 31 mars 2014 à 20:54

La gauche a perdu des villes qu'elle dirigeait depuis 1977
La gauche a perdu des villes qu'elle dirigeait depuis 1977 © Typhaine Morin/Radio France

La vague bleue qui balaye la France ne s'arrête pas aux frontières des Pays de la Loire et de la Bretagne. Les électeurs des deux capitales régionales ont confortablement élu des maires socialistes, mais quelques villes, et en particulier Quimper, Laval, Angers et La Roche-sur-Yon, basculent à droite. Pour autant, il serait prématuré de parler d'un phénomène durable.

La défaite est nationale pour le Parti socialiste, et la Bretagne et les Pays de la Loire, traditionnellement ancrées à gauche, n'y échappent pas. "C'est un phénomène national, qui affecte partout la gauche et le Parti socialiste ", estime Thierry Guidet, journaliste et auteur de La Rose et le granit, Le socialisme dans les villes de l'Ouest , aux éditions de l'Aube. Pourtant, cet analyste de la vie politique nuance la débâcle des socialistes dans l'Ouest et selon lui, il est trop tôt pour y voir un phénomène durable, comme ce qu'avaient révélé les élections municipales de 1977.

Car si un certain nombre de villes basculent à droite (La Roche-sur-Yon, Angers, Laval ou Quimper), "la résistance est plutôt pas mauvaise ", souligne-t-il. Dans un contexte national difficile, à Nantes et Rennes, où se jouaient des "transitions audacieuses ", les deux candidates trentenaires ont confortablement remporté la mairie, avec 56,21% pour Johanna Rolland à Nantes et 55,83% pour Nathalie Appéré à Rennes. 

"Abstention massive"

"Il y a eu des pertes électorales pour la gauche ", rappelle Thierry Guidet, mais "on ne peut pas déduire de cette seule élection qu'il y a un retournement [de l'électorat] dans l'Ouest ."

Aux élections municipales de 1977, la Bretagne et les Pays de la Loire ont vécu une vague rose, "qui était l'aboutissement d'un changement profond de la société, un phénomène d'histoire politique ". Aujourd'hui, "c'est d'abord une défaite de la gauche, plus qu'une victoire de la droite ", estime le journaliste. Et il ne faut pas oubler qu'aux élections législatives de 2012 la gauche avait fait une avancée "exceptionnelle ". En Loire Atlantique, 8 députés sur les 10 sont socialistes, un est écologiste. 

Alors, que s'est-il passé pour la gauche? "L'abstention massive de l'électorat de gauche ", analyse Thierry Guidet, qui croit en la "grande stabilité du corps électoral ". Selon le journaliste, l'électeur de gauche ne s'est pas mis à voter à droite. Il s'est simplement abstenu.